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Inflation : le fléau des rentiers à la loupe

par Arthur Toce
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[En ce moment, nous devons bien le reconnaître, on parle beaucoup trop d’inflation pour ignorer le sujet dans ces colonnes. Arthur Toce prend donc le sujet à bras le corps et, pour vous, chausse sa casquette de professeur d’éducation financière…]

Aujourd’hui, j’inaugure une série au sujet de l’inflation et des intérêts composés. Un peu d’éducation financière ne faisant jamais de mal au portefeuille de l’investisseur particulier, aujourd’hui, nous allons commencer par nous intéresser à l’impact de l’inflation sur notre épargne.

L’inflation est surnommée le « fléau des rentiers »

Si vous me connaissez, vous le savez, je suis quelqu’un qui pense long terme. Et cela tombe bien car, s’il est rare que l’inflation se voie à court terme (sauf quand il y a un vrai problème), on la voit très très bien sur le temps long…

Et, en ce moment, nous devons bien le reconnaître, on parle beaucoup trop d’inflation pour ignorer le sujet dans ces colonnes. Dans La Chronique Agora, par exemple, Connor Mortell pense que l’inflation va s’aggraver… Ray Blanco, de son côté, estime que tout cela est temporaire et que nous parlerons même, très bientôt, plutôt de déflation…

Bref, si le débat est ouvert, tout est question de points de vue, mais aussi d’horizon temps et de datas

L’inflation c’est quoi ?

En ce qui nous concerne, et pour bien comprendre de quoi il retourne, je vais commencer par vous proposer une définition très simple de ce qu’est l’inflation. L’inflation c’est la hausse du prix des biens et des services, la hausse du prix de la vie. C’est une mesure de l’économie réelle.

Elle est surnommée le « fléau des rentiers », car elle entraîne une diminution du pouvoir d’achat du capital accumulé, lequel permet d’acheter de moins en moins de choses. Bref il se dévalorise.

Regardez bien ce graphique :

graphe SPX masse monétaire

 

  • en vert le prix du S&P 500 en valeur réelle – c’est-à-dire défalqué de l’inflation ;
  • en bleu, la masse monétaire globale (M3) – on voit bien l’explosion de l’émission de monnaie depuis une vingtaine d’années et depuis la pandémie ;
  • la courbe rouge donne le ratio du S&P ajusté par rapport à la monnaie disponible.

On voit donc quelque chose d’étonnant : quand la courbe rouge forme des pics, c’est que l’on est dans un moment d’exubérance boursière (comme lors de la bulle Internet des années 2000). La courbe rouge est très éloignée de la courbe verte : la valorisation des entreprises est donc généreuse par rapport à la disponibilité de monnaie. Car c’est elle qui détermine l’argent qui peut s’investir.

Toujours réajuster les datas !

Nous voyons également que, depuis 2007, malgré la hausse importante des actions, elles valent en vérité beaucoup moins cher (rapporté à M3).

Si l’on compare à 2000 pour atteindre le même niveau, il faudrait que le prix du S&P 500 double ! Peu en parlent dans leurs comparaisons avec 2000, mais il faut toujours ajuster les datas dans le temps.

La fameuse baguette de pain ne révèle rien de plus que l’évolution de son prix

Par exemple, la fameuse baguette de pain qui sert souvent d’indicateur à l’inflation, ne révèle rien de plus que l’évolution de son prix, si on ne la rapporte pas à des indicateurs de salaire, d’inflation monétaire, d’inflation des biens et services, etc.

D’ailleurs, notez qu’en cinquante ans la création monétaire n’a quasiment jamais faibli… ce qui montre bien que la monnaie en tant que telle n’a pas, et n’aura jamais, de rôle de refuge. Ce n’est pas son rôle, elle a une utilité – qui est de fluidifier les échanges – et c’est tout. En aucun cas, ce n’est un refuge de valeur.

Dans la suite de cette série, nous regarderons si l’or est une bonne protection contre l’inflation.

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