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L'intelligence artificielle va-t-elle vous voler votre emploi ?

par James Altucher
intelligence artificielle

Le 14 février 2011, l’intelligence artificielle (IA) est devenue grand public. Ce soir-là, plus de 11 millions de foyers américains ont regardé “Jeopardy” (l’équivalent américain de “Questions pour un Champion”), émission diffusée depuis très longtemps par la chaîne ABC. Ils ont regardé deux humains concourir face à un superordinateur nommé Watson.
Pour éveiller l’intérêt du public, ABC avait invité Ken Jennings et Brad Rutter, deux des vainqueurs les plus brillants de ce jeu télévisé. La chaîne a passé des semaines à faire la promotion de ce jeu historique faisant intervenir des hommes contre une machine. Les présentateurs des journaux télévisés ont dit que cet évènement pourrait bien affecter le futur de l’humanité. C’était ridicule.

Quand l’intelligence artificielle bat les humains à plate couture

Peut-être vous souvenez-vous de cette histoire : les hommes ont pris une raclée. A la fin de la première journée, Watson avait plus de 35 000 $ à son actif. Brad Rutter était deuxième, avec à peine 10 000 $. Watson a continué de dominer les deux joueurs. A un moment donné, l’ordinateur a engrangé six fois plus d’argent que les autres participants.
Voici à quoi ressemblait le score final : Watson a écrasé ses adversaires humains. Il “buzzait” plus vite que ses adversaires.
Mais ce n’est pas le plus impressionnant, car tout le monde sait que les ordinateurs sont plus rapides que l’Homme. Le plus fascinant, c’était l’aptitude de Watson à comprendre ce qu’il fallait répondre par rapport aux indices fournis. Il est facile d’intégrer Wikipédia sur un disque dur. Ce qui est compliqué, c’est de faire comprendre à un ordinateur ce que l’animateur raconte. Et là, il reste énormément de choses à améliorer.
Les rares fois où Watson a mal compris la question, il n’a vraiment rien compris. Au cours de la séquence “Final Jeopardy”, le premier jour, la thématique portait sur les “villes américaines”.
Voici l’indice fourni : “Son principal aéroport porte le nom d’un héros de la seconde guerre mondiale. Le deuxième porte le nom d’une bataille de la seconde guerre mondiale”. Jennings et Rutter ont trouvé : “Chicago”. Watson, apparemment, avait oublié qu’il devait s’agir de villes américaines. Il a répondu “Toronto”. Eh oui, personne n’est parfait.
Mais n’oublions pas Deep Blue, l’ordinateur-joueur d’échecs, développé par IBM, qui a battu le champion du monde Garry Kasparov lors de cette célèbre partie, en 1997. Les échecs sont un jeu très structuré, ce qui rend les choses plus faciles, pour un ordinateur, par rapport à “Questions pour un Champion”.
Ce qu’il faut retenir, c’est que la technologie avance et s’améliore chaque année. Je ne sais pas trop à quoi ressemblera le futur, mais je suis sûr que l’IA y jouera un rôle majeur. Et je préfère saisir cette tendance tant que les ordinateurs cherchent encore à résoudre certaines difficultés mineures, telles que le fait de croire que Toronto est une ville américaine.

La machine va-t-elle vous mettre au chômage ?

Avant de nous lancer trop loin, je veux resituer certaines choses dans le contexte. Comme vous le savez désormais, je suis plutôt optimiste. Je suis optimiste tant que l’innovation existe.
L’histoire nous indique que l’innovation s’accompagne d’un effet secondaire assez fâcheux : la destruction de certains emplois.
J’ignore quel secteur sera le prochain sur la liste. Mais je sais que l’un ne va pas sans l’autre.
L’imprimerie a détruit le métier de copiste. Le métier à tisser a réduit le recours aux artisans- tricoteurs. Et avec Internet, des milliers d’agences de voyage ont mis la clé sous la porte.
Je le signale car je vois qu’énormément de gens sont inquiets face à l’IA, à l’automatisation, etc. Ils pensent que les robots finiront par accaparer tous les emplois, et auront la peau de la plupart d’entre nous.
C’est vrai. De nombreux secteurs évoluent, avec l’automatisation et l’IA :
– dans les supermarchés, les agents de caisse sont remplacés par des caisses automatiques ;
– les gens qui travaillent dans des entrepôts, comme ceux d’Amazon, sont remplacés par des robots ;
– les chauffeurs de camion, de taxi, les ouvriers de la construction automobile, se font remplacer par des machines intelligentes ;
– et, oui, de nombreux emplois très rémunérateurs sont également remplacés par l’automatisation et l’IA : les chirurgiens, certains avocats, les comptables, etc.
Tous ces gens vont-ils se retrouver au chômage et SDF ? Partons du principe que ce soit le cas. Je soulève alors une question des plus basiques : si cela arrivait, qui achèterait ce que les robots produisent ? Personne. Même les riches cesseraient de s’enrichir.
L’automatisation ne touche pas que les agents de caisse de Walmart. La prochaine vague d’IA va affecter BEAUCOUP d’emplois très rémunérateurs. Alors préparez-vous à cela. Actuellement, il existe une ENORME demande en faveur de nombreux produits et services, que la société n’a jamais réussi à satisfaire.
Prenons un exemple typique assez récent : le distributeur de billets. Il existait une très forte demande en faveur de distributeurs faciles à utiliser, qui permettraient aux utilisateurs de retirer de l’argent en évitant de faire la queue à la banque. Les employés de banque ont pris peur. Ces distributeurs sonneraient-ils le glas, pour eux ? Les guichetiers allaient-ils devenir inutiles ?
Voici ce qui s’est vraiment passé :
– Il s’est avéré que la demande en faveur de services bancaires allait BIEN AU-DELA du retrait de quelques billets de 20 €.
– Le coût des services bancaires est descendu en flèche, ce qui a permis aux banques d’ouvrir plus de succursales et de proposer davantage de services à leurs clients.
– Pour les clients, le fait qu’on leur fournisse davantage de services était plus pratique.
– La baisse du coût des services proposés a permis aux banques d’ouvrir dix fois plus de succursales qu’auparavant.
– Aujourd’hui, le nombre de guichetiers et autres employés de banque a probablement progressé de 1 000%, voire plus, par rapport à la période à laquelle les distributeurs automatiques ont été créés.
Et ce n’est qu’un exemple.
A présent, intéressons-nous à la théorie. La progression de l’automatisation et de l’IA permettra d’augmenter l’offre des biens et services les plus demandés. Elle créera davantage d’équipements plus économiques pour les consommateurs.
Or les consommateurs apprécient de payer moins cher. Cela leur permet de faire des économies. Et le fait de commercialiser une offre plus étendue et meilleur marché permet aux sociétés de réaliser davantage de bénéfices.
Cette augmentation des bénéfices permet d’accroître le développement, de proposer davantage de biens et services, et donc d’embaucher plus de monde.
Certes, il se pourrait qu’il y ait moins d’agents de caisse dans le monde. Peut-être les agents de caisse exerceront-ils à l’avenir des métiers différents. Qui sait ? La destruction créatrice fait partie de l’économie depuis les balbutiements du concept “d’économie”.

Ned Ludd contre la destruction créatrice

Savez-vous d’où vient le terme “luddite” ? Un luddite est quelqu’un qui déteste la technologie. Ce terme vient de Ned Ludd, un artisan du textile qui avait peur que les nouvelles technologies du secteur du textile, comme le métier à tisser, fassent perdre leur emploi aux artisans-tricoteurs à l’époque. Alors il brûlait les métiers à tisser, lesquels étaient alors à la pointe de la technologie.
Les artisans ont-ils perdu leur travail ? Sûrement certains d’entre eux. Mais toute une industrie de la mode a été créée. La demande pour de belles robes, désormais moins chères et donc accessibles à un plus grand nombre, est montée en flèche.
Des millions de personnes ont commencé à acheter plus de robes que jamais auparavant. D’immenses magasins ont vu le jour, ce qui a créé plus d’emplois. Des secteurs tout entiers sont apparus, simplement grâce à l’invention du métier à tisser.
La destruction créatrice fait partie de la vie. Tout comme ce qui s’est passé pour les fabricants de fouets d’attelage et les allumeurs de réverbères. Lorsque la technologie – respectivement la construction automobile et les ampoules électriques – s’en est pris à leurs emplois : cela s’est produit rapidement et de façon irréversible.
Mais nous allons également voir apparaître de nombreux nouveaux métiers, au cours des prochaines années, et les technologies vont continuer de bouleverser nos vies et le travail que nous faisons tous. Et c’est ce que je vous propose de voir dès demain.

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