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Investir dans le bouillonnement du New Space

par Ray Blanco
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Les Etats-Unis ont célébré cet été le 50e anniversaire de l’alunissage d’Apollo 11… C’était le 20 juillet 1969, les astronautes américains Neil Armstrong et Buzz Aldrin furent les premiers êtres humains à poser le pied sur un corps céleste.

Il s’agissait de la concrétisation de la vision du président John F. Kennedy pour l’Amérique : envoyer des êtres humains sur la Lune et leur permettre de revenir sur Terre en toute sécurité avant la fin de la décennie. Trois ans et demi plus tard, les Américains ont posé le pied sur la Lune pour la dernière fois.

Nous n’y sommes jamais revenus et aucun autre pays n’y a encore envoyé personne… 50 ans que cela dure. En fait, depuis la dernière mission de la navette spatiale américaine, les Etats-Unis n’ont plus de véhicule capable d’emmener des êtres humains en orbite. Ces huit dernières années, pour les missions sur la Station spatiale internationale (ISS), les astronautes des Etats-Unis ont dû compter sur les fusées Soyouz russes.

Première explication : le budget de la NASA (en dollar réel) a pas mal diminué au cours de la dernière décennie, ce qui a beaucoup nui aux ambitions spatiales américaines.

budget nasa

Evolution du budget de la Nasa des années 1950 à nos jours. Au sommet de l’effort américain, il représente 4,4 % du budget global de l’Etat… Source : Statista.

Mais cette situation ne devrait plus durer très longtemps car l’accès à l’espace n’est plus réservé aux seules entités gouvernementales. Il se privatise. Et les entreprises innovantes du “New Space” créent la rupture sur ce marché.

A la tête de cette révolution, on trouve d’ailleurs tout le bottin mondain des milliardaires visionnaires…

Le bottin mondain de l’espace…

A la tête de cette révolution, on trouve d’ailleurs tout le bottin mondain des milliardaires visionnaires…

SpaceX : Mars avant la Lune

A commencer par Elon Musk, devenu co-fondateur de PayPal après avoir quitté l’université sans diplôme. Ce visionnaire technologique ne se contente pas de se reposer sur l’immense fortune qu’il a amassée. Bien au contraire, il l’utilise pour réaliser son rêve : amener les humains sur Mars.

SpaceX a mis six ans à mettre en orbite la première fusée à carburant liquide financée par le secteur privé. En 2010, elle avait lancé et récupéré le premier vaisseau spatial privé en orbite et, depuis 2012, l’entreprise achemine des cargaisons vers l’ISS sous contrat avec la NASA.

Mais SpaceX ne veut pas se contenter de marcher sur les traces de programmes spatiaux plus anciens. L’entreprise de Musk a cherché à rendre ses fusées réutilisables, et a plusieurs fois réussi à faire réatterrir sans encombre les premiers étages et les propulseurs.

Cette approche force d’autres prestataires, plus traditionnels, à revoir leur copie pour rester compétitifs en termes de coûts.

Le Dragon et le Falcon Heavy Launch de SpaceX ont déjà fait preuve de leur fiabilité. Mais après des dizaines de lancements réussis, l’entreprise a décidé de passer à la suite : Mars.

Cela étant, SpaceX cherche également à donner commercialement la possibilité à des humains de faire le tour de la Lune dès 2023.

Blue Origin : 500 M$ pour coloniser l’espace

Ensuite, il y a Jeff Bezos, qui, lorsqu’il a fini premier de sa classe au lycée, a annoncé aux journaux locaux que son rêve était de bâtir des colonies spatiales capables d’abriter des millions de personnes. Grâce aux milliards qu’il a réussi à accumuler avec Amazon.com, il a créé en 2000 l’entreprise spatiale Blue Origin.

Blue Origin n’a encore rien mis en orbite, bien que Bezos ait personnellement investi 500 millions de ses propres dollars. Mais en 2015 l’entreprise a lancé son nouveau véhicule, le New Shepard, sur une trajectoire suborbitale de 100 km d’altitude – il est ainsi parvenu à dépasser la ligne de Kármán, souvent considérée comme étant la limite de l’espace.

L’entreprise a aussi réussi une autre grande première avec un atterrissage vertical précis, toujours avec le New Shepard.

Blue Origin tente aujourd’hui de développer un moteur de fusée BE-4, qui alimentera non seulement la fusée orbitale New Glenn, mais aussi la fusée Vulcan de United Launch Alliance (ULA).

Stratolaunch Systems : le plus gros aéronef du monde cherche repreneur

Paul Allen, co-fondateur de Microsoft aujourd’hui décédé, était un autre milliardaire qui rêvait d’étoiles. Il a fondé Stratolaunch Systems afin de créer un vaisseau de transport capable de servir d’auxiliaire aux plus grandes fusées orbitales.

Cet aéronef, le modèle Stratolaunch Scaled Composites 351, a volé pour la première fois en avril de cette année : c’est le plus gros aéronef au monde, et son envergure est de près de 120 mètres ! Malheureusement, avec le décès de son fondateur et sans cargaisons à transporter, cette entreprise de transport spatial a été mise en vente.

Une industrie naissante

De plus petits concurrents sont aussi en lice… Sierra Nevada Corp. développe un avion doté de petites ailes qui ressemble à la navette spatiale en modèle réduit.

La production à grande échelle d’un véhicule qui sera utilisé pour livrer des chargements à l’ISS à partir d’une fusée Atlas V de United Launch Alliance a été autorisée.

Il existe des dizaines de nouvelles entreprises spatiales, et les projets de spatioports poussent comme des champignons aux Etats-Unis, soutenus par l’augmentation de la demande de plateformes de lancement. Certaines de ces entreprises se concentrent sur les lancements, d’autres sur les activités minières robotisées ou sur la création de nouveaux habitats spatiaux adaptés aux humains.

Vous avez déjà entendu parler de l’une d’entre elles dans nos pages : OneWeb, fondée par Greg Wyler, un ancien employé de Google, qui cherche à offrir un accès à Internet rapide et à bas prix partout dans le monde grâce à une immense constellation de satellites en orbite terrestre basse.

Les activités minières sur les astéroïdes, pour leur part, sont l’objectif principal de Planetary Resources Inc., une autre entreprise de ce secteur qui, comme beaucoup de ces nouvelles startups, a obtenu le soutien de magnats de la Silicon Valley. Larry Page, fondateur de Google, et son ancien président Eric Schmidt ne voulaient pas manquer ce grand rendez-vous des milliardaires de l’espace : ils ont tous deux investi dans cette startup, tout comme James Cameron, réalisateur star d’Hollywood.

Vous le voyez, c’est un bouillonnement digne des années 1960 qui anime le secteur de l’espace. Il est certain que la décennie 2020 verra de grandes choses se faire dans ce domaine.

Morgan Stanley a récemment publié une étude à ce sujet et le moins que l’on puisse dire est que les perspectives du secteur sont astronomiques.

marché exploration spatiale

Prévisions de Morgan Stanley pour 2040. Le secteur de l’exploration spatiale est destiné à tripler en 20 ans. Source : Morgan Stanley.

Morgan Stanley le projette à 1 000 Mds$ en 2040.

En 2016, le secteur est estimé à 350 Mds$ dont seulement un quart est gouvernemental. Morgan Stanley le projette à 1 000 Mds$ en 2040. 40 % proviendraient de l’Internet par satellite.

Pour investir dans ce domaine, il existe peu d’entreprises cotées en Bourse. Vous pourriez jeter votre dévolu sur Lockheed Martin Corp., Boeing Co. ou encore Airbus, mais l’exploration spatiale ne constitue qu’une petite partie de leurs activités.

Il n’y avait pas vraiment de bonne manière d’investir dans un pure player de l’espace… jusqu’à aujourd’hui… Pour connaître le nom de la première entreprise “New Space” à entrer en Bourse c’est par ici…

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