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Investisseurs : apprenez à sélectionner vos cafards

par Etienne Henri
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Nous l’avons vu la semaine dernière, de plus en plus d’investisseurs se méfient des promesses de croissance miraculeuse agitées par les licornes et leurs fondateurs. Les licornes sont de moins en moins rares et, d’un point de vue boursier, leurs performances sont de moins en moins mythiques… Juste un peu de poudre aux yeux. C’est tout.

N’est pas cafard qui veut.

Voilà pourquoi certains investisseurs ne cèdent plus aussi facilement aux sirènes de la spéculation et ses hypothétiques plus-values. Voilà pourquoi certains investisseurs préfèrent opter pour la certitude d’un capital préservé et de gains réguliers. Voilà pourquoi certains investisseurs se tournent plus volontiers vers les cafards.

Vous souhaitez en faire autant ? Vous voulez investir à contre-courant, évitant ainsi la foule des actionnaires crédules qui sautent de licornes en licornes au gré des tendances, et courent ainsi le risque de tomber de Charybde et Scylla ? Vous préférez gagner de l’argent en finançant les révolutions technologiques durables ?

Tant mieux, avec moi cette semaine, vous êtes au bon endroit. Cette semaine, j’ai décidé de vous proposer une petite chasse aux cafards. Ils fortifieront votre portefeuille, car survie et rentabilité leur sont assurées !

Sachez identifier les cafards de compétition 

N’est pas cafard qui veut.

Toute entreprise qui souhaite se prévaloir de ce qualificatif, aussi peu ragoûtant soit-il, doit faire preuve de trois qualités que l’on retrouve chez le plus robuste des insectes.

1) L’accès à la nourriture. Le cafard est l’un des animaux les plus omnivores qui soient. Il peut se nourrir de nos déchets alimentaires, d’excréments, de cheveux, de peaux mortes et même de colle. Dire que son alimentation est diversifiée serait un doux euphémisme.

De la même manière, une entreprise-cafard se doit d’avoir des sources de revenus diversifiées. Cela exclut de facto les jeunes startups qui n’ont qu’un produit, ou une poignée de clients : le moindre retournement de marché les emporte. Oubliez également les biotechs dont l’avenir dépend du succès d’une unique molécule ou d’un seul dispositif médical. Il suffit d’une étude aux résultats négatifs, ou la survenue d’effets secondaires indésirables, pour que tout le business model de l’entreprise soit condamné.

Certaines entreprises, a contrario, ont des carnets de commandes diversifiés, y compris parmi les valeurs technologiques. Pensez par exemples aux sociétés qui vendent à la fois du matériel et du logiciel, des produits et du service, aux professionnels comme aux particuliers… Si les dirigeants expérimentés s’attachent à équilibrer la contribution des différents départements dans le chiffre d’affaires, c’est qu’ils savent que dépendre d’un seul flux de revenus est suicidaire sur le long terme.

2) La reproduction. Les cafards sont omniprésents sur la planète grâce à leur système reproductif des plus efficaces. Après un accouplement qui dure moins d’une heure, madame cafard peut pondre durant toute sa vie. Elle engendrera à elle seule plusieurs centaines de descendants directs.

Dans le monde de l’entreprise, la capacité à produire beaucoup avec un investissement faible est souvent désigné par le terme anglais de scalability. Les valeurs technologiques sont souvent de bons exemples, et plus particulièrement celles dont l’offre est centrée sur des logiciels, les biens immatériels ayant en effet pour particularité de pouvoir être multipliés à l’infini avec un coût marginal négligeable.

Avant d’investir dans une entreprise que vous espérez en croissance, posez-vous donc cette question : une multiplication par 2 ou 10 de la clientèle se fera-t-elle à coûts d’exploitation constants ?

Avec cette simple question, vous écartez déjà les canards boîteux comme WeWork et Tesla, dont l’augmentation de volume d’activité se traduit par une croissance équivalente des dépenses.

3) L’adaptabilité. La dernière particularité des cafards est leur résistance aux conditions extrêmes. Il n’est pas question ici de pluie et de beau temps mais d’événements majeurs : inondations, sécheresses, retombées nucléaires. Ces événements qui condamnent la plupart des mammifères, si intelligents qu’ils soient, ne sont que des anecdotes pour les cafards. Non seulement ils ne meurent pas, mais l’environnement se retrouve nettoyé de la concurrence qui n’a pas survécu. Pour eux, une catastrophe est la meilleure nouvelle qui puisse arriver.

Croissance et innovation ne riment pas nécessairement avec risque inconsidéré…

Chez les entreprises, l’adaptabilité se traduit par la capacité à modifier son positionnement en fonction de conditions changeantes. Xerox et Kodak, championnes de l’innovation au XXe siècle, sont le parfait exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Leaders durant des décennies et imbues de leur suprématie, elles n’ont pas su prendre acte des changements d’environnement. Elles végètent désormais dans les oubliettes de la tech.

D’autres sociétés font preuve de pragmatisme et savent s’adapter aux changements de contexte économique et législatif. Microsoft a su négocier finement avec les gouvernements occidentaux pour ne pas finir démantelée ; Apple est passée de société en quasi-faillite au succès planétaire que l’on connaît ; eBay a su survivre à l’hégémonie d’Amazon… Comme vous le voyez, il existe de nombreux exemples d’entreprises parées des vertus du cafard – y compris parmi les valeurs technologiques.

Croissance et innovation ne riment pas nécessairement avec risque inconsidéré, et il est tout à fait possible d’intégrer des valeurs tech à son portefeuille sans craindre leur explosion en plein vol en cas de retournement économique.

Rendez-vous demain pour découvrir trois d’entre elles, sélectionnées pour leur capacité à vous garantir des profits quelles que soient les conditions de marché.

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