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L’avènement des machines vivantes

par Arthur Toce
xenobots

Si vous ne suivez pas l’actualité des sciences, vous n’en avez sans doute jamais entendu parler… Et pourtant, c’est une nouvelle absolument extraordinaire, aussi exaltante que terrifiante : mi-janvier, des chercheurs de l’université de Tufts et du Vermont ont révélé dans un article scientifique qu’ils avaient créé les premiers robots vivants.

Ils expliquent qu’ils ne sont ni des robots traditionnels, ni une espèce biologique connue. Il s’agit d’une « nouvelle classe d’artéfacts, des organismes vivants et programmables ».

Conçus in silico, créés in vivo

Leurs créateurs les appellent des xenobots car les tissus utilisés pour leur création proviennent de cellules de grenouille Xenopus laevis.

Ces xenobots font moins d’un millimètre et sont constitués de 500 à 1000 cellules. Ils peuvent avancer en ligne droite ou de façon circulaire et vivre durant une dizaine de jours. Surtout, ils peuvent « coopérer » et même déplacer de petits objets. Comme tout organisme vivant, ils peuvent s’auto-réparer grâce à leur propre énergie.

Ces machines vivantes sont un savant mélange d’IA et de biologie cellulaire. Ils ont d’abord été codés grâce à un supercalculateur. Les chercheurs ont testé des centaines de design pour trouver la forme optimale pour accomplir certaines tâches. L’algorithme de programmation était évolutif et apprenait au fur et à mesure. Il existe ainsi aujourd’hui plusieurs types de xenobots dédiés à différentes tâches.

Il faut bien comprendre que même si ces xenobots ont été pensés pour remplir certaines tâches à la manière de robots traditionnels, ils n’en sont pas moins de vrais systèmes vivants organiques comme vous et moi ! A ceci près qu’ils n’ont pas de système nerveux central.

in silico vs in vivo

A gauche les multiples modèles conçus in silico.
A droite, les modèles retenus et leur concrétisation in vivo.
Source :
PNAS.

 

Des robots vivants, pour quoi faire ?

Les applications possibles pour des machines organiques de ce type sont nombreuses. De la protection des océans en s’attaquant au plastique, au recyclage et au traitement de matériel dangereux (radioactif) en passant par la délivrance de médicament dans le corps humain au bon endroit au bon moment !

Les possibilités semblent infinies. On peut par exemple continuer de développer d’autres types de xenobots, à partir d’autres types de cellules. Et si cela fonctionne, nous pouvons nous attendre à de nouvelles – et nombreuses – avancées dans la biologie mais aussi dans l’IA, ou plus largement l’informatique !

De même, comme toujours dans ce genre de découvertes. Le côté magique a son pendant maléfique. Ainsi, ces xenobots pourraient aussi être utiliser pour tuer… De nouvelles armes de guerre en somme. Et le fait que la DARPA, la recherche de l’armée américaine, compte parmi les financeurs des chercheurs renforce cette crainte.

Si on voit de plus en plus d’activités émerger autour des nano-robots comme ce nano-robot qui monitore le taux de sucre, l’avenir semble aussi être radieux pour ces xenobots qui disposent de certains avantages (réparation / énergie interne etc.).

Même si l’éthique nous impose de bien réfléchir et d’avancer doucement sur le fait de « jouer » avec du vivant il en demeure pas moins que cette découverte est clairement exceptionnelle, c’est un grand pas en avant d’autant plus qu’elle contribue à l’amélioration de deux domaines fondamentaux à l’évolution de l’homme (la biologie et l’informatique) mais aussi cette découverte pourrait révolutionner le recyclage et la collecte de micro particule !

C’est donc un nouveau terrain de jeu qui s’ouvre pour la recherche. Et nous aurons l’occasion d’en reparler…

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