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La démographie, l’allié de l’investisseur

par Etienne Henri

Les grandes tendances démographiques ont ceci de précieux qu’elles sont des guides d’investissement particulièrement fiables.

Généralement, les êtres humains vieillissent d’une année tous les 365 jours. Si certains finissent par mourir, peu naissent adultes. Aussi l’évolution de l’âge moyen des populations est-elle tout à fait prévisible.

Une autre constante est la nature humaine. Lorsque leurs moyens augmentent, les individus aiment à s’offrir (pas nécessairement dans cet ordre) nourriture carnée, moyens de communication, un toit au-dessus de leur tête et des traitements médicaux.

 Ce dernier secteur est particulier car la santé éclipse tous les autres postes de dépense lorsque le besoin s’en fait sentir. Aussi, si l’enrichissement des pays émergents laisse présager une belle hausse des valeurs spécialisées dans le bâtiment, l’alimentation, et les télécommunications, le secteur du soin est le seul à pouvoir bénéficier à coup sûr de la hausse simultanée du niveau de vie et du vieillissement de la population.

Pyramide des âges en 1950 (bleu clair), 2017 (bleu foncé) et la projection à 2100 par les Nations Unies (rouge). Source : Our World in Data / Max Roser.

La santé n’a pas de prix… mais elle a un coût !

En France, nous bénéficions d’une rare couverture de nos dépenses de santé. La combinaison d’une Sécurité Sociale universelle et de mutuelles omniprésentes rend le citoyen lambda peu conscient du coût réel de ses soins.

A l’échelle du pays, nous avons consacré l’année dernière plus de 230 Mds€ en assurance maladie. Ce chiffre représente une dépense de près de 3 500 € par an et par Français tous âges confondus, sachant que ce montant ne prend pas en compte le coût des arrêts de travail et des retraites !

Bon an mal an, nous consacrons donc près de 10 % de la richesse produite sur le territoire à nos dépenses directes de santé.

Nous faisons certes partie des pays qui consacrent le plus de ressources au secteur de la santé, mais la tendance est générale parmi les pays développés. Aux Etats-Unis, pays pourtant volontiers présenté comme le Far West question santé publique, les dépenses de santé dépassent les 10 000 $ par an et par habitant, soit 2,5 fois plus qu’en France. Ce n’est pas qu’une question de niveau de vie supérieur : les Américains consacrent 17,9 % de leur PIB au healthcare !

Pourquoi les pays occidentaux dépensent-ils autant ? D’une part, parce qu’ils le doivent, du fait du vieillissement constant de la population. D’autre part, parce qu’ils le peuvent.

Les dépenses de santé étant concentrées sur les dernières années de vie, les pays où les citoyens épargnent durant leurs années actives ont les moyens de dépenser beaucoup pour leur santé lors du troisième âge. De la même manière, dans les pays à forte solidarité inter-générationnelle comme la France, les actifs sont mis à contribution pour financer les dépenses de santé de l’ensemble de la population. Qui dit population productive dit grandes capacité de financement… donc grandes dépenses.

La hausse des dépenses de santé : une tendance inéluctable

 Les pays asiatiques, dont la population est encore jeune et va inéluctablement vieillir, vont par conséquent dépenser de plus en plus pour leur santé.

L’âge médian actuel est de 28,5 ans en Malaisie, de 30,2 ans en Indonésie et de 30,5 ans au Vietnam. Singapour et la Thaïlande, considérés comme les « vieux » pays d’Asie, ont des âges médians respectifs de 34,6 ans et 37,7 ans.

A titre de comparaison, l’âge médian français est de 40,4 ans, et notre population est encore en phase de vieillissement !

C’est dire si le nombre de personnes âgées va augmenter en Asie.

Croissance économique oblige, le montant disponible pour les dépenses de santé va également progresser au moins aussi vite que le reste de l’économie.

Cette augmentation des besoins couplée à une amélioration de la solvabilité des patients va provoquer un véritable boom du secteur de la santé. Il a déjà augmenté, entre 2004 et 2014, de 286 % aux Philippines, 267 % en Indonésie, et 492 % en Chine.

Dès demain, nous verrons qu’il existe un autre facteur supplémentaire qui pourrait bien le pousser à la surchauffe… et générer des profits tout à fait substantiels !

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