Accueil Energies et transports La future Apple Car se précise
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[Après avoir joué le rôle de trublion de l’informatique personnelle, démocratisé les baladeurs MP3, puis les smartphones, la firme à la pomme serait-elle sur le point de révolutionner l’automobile ? Les rumeurs d’une Apple Car se font de plus en plus pressantes… Le point.]

Forte de sa capitalisation boursière (plus de 2 300 Mds$), Apple (NASDAQ : APPL) a la force de frappe financière nécessaire pour faire à peu près tout ce qui lui chante. En plus, on le sait maintenant, l’entreprise adore s’éloigner de son cœur de métier pour mieux se positionner sur des marchés où on ne l’attend pas vraiment. (A ceci près que maintenant on a tendance à l’attendre un peu partout.) 

Apple serait-elle sur le point de se lancer dans le secteur automobile ? Les rumeurs de ce type ne sont pas nouvelles. Et ce serait là un sacré défi pour la firme de Cupertino. En effet, en commercialisant un véhicule à son nom, Apple s’attaquerait – de front – à une industrie plus que centenaire. Et, pour le coup, ce serait une première !

Mais, pour y parvenir, bien sûr, elle appliquerait cette formule qui lui a si bien réussi par le passé : proposer un nouvel usage, en l’occurrence ici, aux automobilistes… Une nouvelle manière de rouler donc. Alors, oui, mais comment ?

Apple Car : pas une simple voiture électrique 

Selon les dernières informations relayées par CNBC et Bloomberg, qui citent des sources proches du dossier, le projet Apple Car, que l’on croyait abandonné depuis des années, serait plus vivant que jamais.

Apple ira encore plus loin dans l’innovation

Mieux encore, il aurait même gagné en envergure ces dernières années. En effet, alors que les premières rumeurs faisaient état d’un véhicule électrique dont seule l’interface aurait été customisée à la sauce Apple (commandes intuitives, intégration à l’écosystème iPhone+iTunes), les sources indiquent désormais qu’Apple ira encore plus loin dans l’innovation.

L’Apple Car ne devrait pas être un simple véhicule électrique hyperconnecté, mais une véritable voiture autonome. Atteignant le tant attendu niveau 5 d’autonomie – le dernier niveau donc – elle devrait pouvoir circuler sans intervention humaine ni besoin d’attention particulière. La promesse est d’autant plus ambitieuse qu’une Tesla sous Autopilot atteint péniblement le niveau 2, et que la future Honda Legend qui devrait atteindre le niveau 3 se fait encore attendre…

Bref, si Apple réussit ce tour de force technologique et parvient, fidèle à sa stratégie habituelle, à masquer la complexité du produit sous un bon gros vernis cosmétique, un voyage en Apple Car pourra bien être une expérience d’un tout nouveau genre.

Imaginez un instant disposer d’un véhicule, acheté ou loué, qui vous attende en bas de l’immeuble quand vous le souhaitez, qui vous amène à destination sans aucune action de votre part. L’Apple Car apporterait à ses utilisateurs le confort d’une voiture avec chauffeur… sans chauffeur… et ce, dès 2024 ! 

D’importants partenariats industriels

Ming-Chi Kuo, analyste de TF International Securities, bien connu pour ses prévisions sur l’univers Apple, a rebondi sur les rumeurs de CNBC. Il y a quelques jours, il apportait des précisions complémentaires sur la manière dont pourrait naître le futur véhicule. Comme elle l’avait fait pour la naissance du Macintosh puis de l’iPhone, Apple ne devrait pas réinventer la roue et devrait se baser sur une plateforme de voiture électrique déjà existante : la E-GMP, commercialisée par Hyundai (KRX: 005380).

Apple ne devrait pour autant pas réinventer la roue

Le Coréen, à la pointe de l’innovation dans la mobilité propre, s’est associé avec GM (NYSE : GM) et Stellantis (NL00150001Q9) pour proposer une base aux industriels souhaitant commercialiser des véhicules électriques. Selon le constructeur, la E-GMP disposerait en standard d’une autonomie de 310 miles (500 km) et d’une capacité de recharge de 80 % en seulement 18 minutes – de quoi répondre à la majorité des besoins de mobilité des conducteurs actuels. Comme les Tesla, elle propose des performances sans commune mesure avec celles des véhicules thermiques puisqu’elle passerait de 0 à 100 km/h en moins de 3,5 secondes.

Bloomberg, de son côté, vient tempérer ces rumeurs et indique que le partenariat entre Hyundai et Apple, s’il avait bien été envisagé l’année dernière, aurait été interrompu il y a quelques semaines. [NDLR : et Hyundai/Kia a d’ores et déjà démenti ces mêmes rumeurs de partenariat.] Mais, avec ou sans Hyundai, Bloomberg estime tout de même que le projet est bel et bien dans les tuyaux. Apple préparerait en fait son terrain avec pas moins de six équipementiers automobiles.

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La plateforme E-GMP aurait été considérée par Apple pour propulser son Apple Car.
Photo : Hyundai

Quel que soit le sous-traitant sélectionné, les rumeurs s’accordent au moins sur un point : Apple ne fera certainement pas cavalier seul dans l’aventure.

En s’appuyant sur une plateforme automobile standardisée, Apple pourrait concentrer ses efforts là où elle excelle : sur l’IA, l’électronique embarquée, l’ergonomie et le marketing des services.

Un nouveau supercycle en puissance 

Ces rumeurs concordantes ne peuvent que rappeler la période pré-iPhone de la firme de Cupertino. Dans les années 2000, bien peu de particuliers et d’analystes s’intéressaient à Apple et son actualité. Pour rappel, l’entreprise est passée à deux doigts de la faillite en 1998, avant d’être sauvée in extremis par le succès de l’iMac et de l’iPod.

Dès 2002, les premières rumeurs, souvent contradictoires, enflaient autour de la sortie d’un téléphone estampillé d’une pomme. Cette année-là, la marque était déposée en Australie et les quelques spécialistes du dossier imaginaient Apple attaquer de front Nokia et son best-seller, le 3310.

3310 nokia

Voilà à quoi ressemblait le marché de la téléphonie lorsque les rumeurs d’iPhone ont pris de l’ampleur. Crédit : Nokia

Personne, alors, n’imaginait qu’Apple transformerait totalement cette industrie et deviendrait au passage la plus grosse entreprise de la planète. En comptant les divisions d’actions, le titre Apple avait terminé l’année 2002 à 0,25 $. Le supercycle du smartphone l’a fait passer à 137 $ – soit un gain de +54 700 % sur la période.

Ces rumeurs concordantes ne peuvent que rappeler la période pré-iPhone

Si le pari de transformer notre usage à la voiture individuelle est réussi de la même manière, la firme pourrait entrer dans une nouvelle phase de croissance exponentielle. A peine 120 millions de téléphones portables ont été vendus en 2007, l’année de l’annonce du premier iPhone. Le marché de la téléphonie mobile a été multiplié par 10 suite à l’arrivée des smartphones, et Apple a capté la majeure partie des bénéfices de ce nouveau segment.

A titre de comparaison, les dix leaders actuels du marché automobile ont un chiffre d’affaires cumulé de plus de 1 600 Mds$ par an. S’accaparer une part significative de ces ventes (sans même parler de les faire croître avec la valeur ajoutée apportée par un véhicule totalement autonome) changerait totalement les résultats de l’entreprise.

Entre 2007 et 2010, le smartphone a éclipsé la vente d’ordinateurs dans les comptes d’Apple jusqu’à rendre l’activité historique anecdotique. L’Apple Car pourrait faire de même – et la capitalisation boursière actuelle (2 300 Mds$) pourrait nous sembler aussi dérisoire que celle de l’ère pré-iPhone.

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