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La gauche américaine veut démanteler ses géants technologiques

par Edern Rio
Elizabeth Warren GAFA

Vous ne connaissez sans doute pas Elisabeth Warren. Pourtant, elle pourrait bien être le 46e président des Etats-Unis. Je vais un peu vite en besogne. Pour l’instant, elle est une des candidates en course pour les primaires démocrates. En tout cas, elle vient de poser une véritable bombe dans le monde des techs en proposant rien de moins que de démanteler les fleurons nationaux que sont les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon).

“Il est temps de démanteler Amazon, Google et Facebook”

Vous le savez on ne badine avec la politique antitrust aux Etats-Unis. L’argument principal est strictement économique. Les monopoles incontestables, mis en place par les géants américains d’Internet, nuisent à la concurrence et à l’innovation.

Amazon est désormais plus ou moins seul dans le domaine du commerce en ligne. Google domine le marché des moteurs de recherche, celui du système d’exploitation pour smartphone. Quant à Facebook, si sa situation est la plus fragile, puisque rien n’empêche les internautes de décider du jour au lendemain de changer de réseau social, il règne en maître sur les données personnelles. Surtout, il possède également WhatsApp et Instagram.

Elisabeth Warren va très loin puisqu’elle propose même d’annuler des rachats passés. Ainsi, elle a explicitement désigné le rachat de Whole Foods (leader du bio aux Etats-Unis) par Amazon, celui de WhatsApp par Facebook ou encore celui de Waze ou Nest par Alphabet.

Il devient de plus en plus évident que ces grandes entreprises ont atteint une taille telle que quand elles estiment qu’une entreprise plus petite a développé une technologie qui les intéresse ou les menace, elles la rachètent. Ce qui renforce la concentration de technologies qui ont une influence majeure sur le monde moderne.

warren contre gafa

Bandeau de l’article paru sur Medium le 8 mars.
Warren a confirmé qu’elle avait oublié de nommer Apple.
Source : Medium / Elizabeth Warren.

 

Cette proposition fait écho et s’inspire des jugements passés contre Microsoft dans les années 1990. Jugements qui avaient justement permis l’émergence des sociétés du web, alors que Microsoft cherchait à profiter de sa position dominante dans le secteur des ordinateurs personnels.

Soit vous gérez la plateforme, soit vous y êtes présents

La sénatrice du Massachusetts propose rien de moins que de passer une loi concernant les entreprises qui gèrent des plateformes numériques générant un chiffre d’affaires de plus 25 Mds$. Elle souhaite tracer une ligne rouge entre la gestion d’une plateforme numérique, type AppStore pour iOS ou Play pour Android, et la présence d’applications dans celle-ci. En ce qui concerne Amazon, elle a précisé que la Marketplace du géant où tout un chacun peut proposer ses produits devait être séparée du site principal d’Amazon.

Elisabeth Warren insiste sur la dimension économique : “Une compétition saine peut résoudre de nombreux problèmes.”  Elle ajoute que le poids des lobbies à Washington est trop grand et que les autorités anti-concurrence échouent désormais à remplir leurs missions.

En même temps avec des valorisations qui frisent, dans leur ensemble, le PIB de la France, qui pourrait s’en étonner ?

Mais elle précise tout de même : “Nous ne devons pas uniquement nous soucier de la puissance économique des divers Amazon du monde – nous devons nous inquiéter de leur pouvoir politique.”

Cette nouvelle pierre lancée dans le jardin désormais immense des GAFA rejoint celle sur la neutralité du Net et des regrets face à ce qu’est devenu un réseau qui se pensait aux origines décentralisé. Les multiples affaires de censure de contenu exercées de manière discrétionnaire, voire algorithmique, posent effectivement question.

C’est une nouvelle confirmation que les géants des techs ont désormais atteint une taille critique où elles concentrent trop de pouvoir. Nombre d’observateurs considèrent qu’ils ont désormais la même influence que les gouvgouvernements dans les affaires des hommes. En même temps avec des valorisations qui frisent, dans leur ensemble, le PIB de la France, qui pourrait s’en étonner ?

 

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