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La mégatendance du véhicule autonome créera des fortunes

par Ray Blanco
futur voiture autonome

La semaine dernière, à Detroit, j’ai eu le plaisir de m’entretenir et de participer à des ateliers avec les esprits les plus brillants qui s’emploient à faire progresser l’univers des véhicules autonomes (VA).

Pour faire court, voici ce dont je suis désormais absolument convaincu : les véhicules autonomes sont une mégatendance qui va mettre des années à se déployer, mais va complètement changer le monde dans lequel nous vivons.

Les véhicules autonomes sont une mégatendance qui va mettre des années à se déployer, mais va complètement changer le monde dans lequel nous vivons.

Dans 50 ans, quand les voitures sans chauffeur seront devenues la norme, nous considèrerons, avec le recul, que l’année 2019 aura marqué le début de ce qui pourrait être le changement technologique le plus considérable depuis que le PC s’est vu décerner le prix “Man of the Year” ou comme on l’a appelé cette année-là, en 1982, “Machine of the Year”.

Mais Rome ne s’est pas faite pas en un jour. Commençons donc par détailler les cinq niveaux d’autonomie.

Niveau 1 – conduite assistée

Le niveau 1 est déjà présent dans de très nombreux véhicules. Il s’agit des freins intelligents ou des caméras à l’arrière du véhicule qui facilitent les créneaux. Des capteurs qui aident le conducteur à mieux conduire.

Niveau 2 – automatisation partielle

La plupart des constructeurs développe actuellement ce genre de technologies. Ici, le véhicule peut vraiment prendre la main pour certaines manœuvres bien précises. Par exemple, il peut assurer lui-même la manœuvre pour se garer. L’an dernier, j’avais testé une Ford Expedition. Elle avait été capable de se garer toute seule alors même que nous avions une remorque avec un bateau de 10 mètres accroché à l’arrière.

En revanche, le conducteur doit en permanence être prêt à reprendre la main si quelque chose se passait mal. Aucune mission critique n’est confiée à l’ordinateur de bord.

Niveau 3 – Automatisation conditionnelle

A partir de ce niveau, le véhicule perçoit son environnement et est capable d’agir en conséquence grâce à la batterie de capteurs (Lidar, radar, caméras, etc). Il est possible de laisser le véhicule conduire sur l’autoroute.

Mais les choses se corsent en dehors des situations de conduite simples. Que se passe-t-il s’il pleut, neige ou que le vent est fort ?

Niveau 4 – Automatisation avancée

A partir de ce niveau, le véhicule est capable de freiner, de tourner, d’accélérer, de gérer sa trajectoire et de réagir à toutes sortes de situations. Il est également capable de lire les panneaux signalétiques.

Au niveau 4, le VA avertit le conducteur quand les conditions de sécurité sont réunies pour qu’il conduise en autonomie et il peut alors enclencher ce mode. Si le conducteur doit toujours garder un œil sur la route, le véhicule peut se débrouiller dans la majorité des cas.

Niveau 5 – Automatisation totale

Le Graal de la conduite autonome, celui que poursuivent tous les acteurs qui se concentrent sur le secteur. L’intervention humaine devient inutile. Techniquement parlant, il n’y a plus besoin de pédales, de volant ou de freins.

Au niveau 5, l’ordinateur gère tout. Il doit être en mesure de traiter des millions de données en un clin d’œil. Franchement, cela va poser des gros problèmes. Il faudra de toutes manières pouvoir prendre le contrôle sur le véhicule et surtout faire évoluer la législation.

Aujourd’hui, le véhicule autonome en est au niveau 3. Le niveau 4 sera atteint dans les cinq à dix ans qui viennent. Il est possible que le niveau 5 soit inatteignable puisqu’il élimine l’humain de l’équation pour prévenir les ratés de la machine. Mais il faut bien que vous réalisiez que le niveau 4 est déjà un bond incroyable par rapport à ce que nous connaissons aujourd’hui.

Un secteur surveillé de près par le gouvernement

Lors de ces trois jours passés à Detroit, j’ai également assisté à une présentation effectuée par Patrick Wilson, directeur de l’Office of Business Liaison [NDR : bureau de liaison avec les entreprises] du département du Commerce américain.

Dans l’univers de la conduite autonome, la Chine est une puissance qui agit “dans son coin”.

Après avoir écouté M. Wilson, tout est devenu très clair pour moi…

Dans l’univers de la conduite autonome, la Chine est une puissance qui agit “dans son coin”. En fait, la Chine réalise énormément de progrès dans ce domaine. Franchement, elle fait du bon travail, accomplit des avancées et innove.

Mais pour que la voiture sans chauffeur passe du stade de prototype fonctionnel (“proof of concept”) à la production concrète de modèles, la standardisation de la plateforme est une nécessité majeure.

Or, le type de plateforme que les ingénieurs informatiques chinois développent pourrait considérablement affecter la voie de développement des VA.

On s’inquiète que cela puisse générer des vulnérabilités au sein des logiciels des VA qui seraient susceptibles de provoquer des accidents et des décès.

Selon M. Wilson, il est impératif que le gouvernement Trump continue de travailler avec la Chine pour développer des protocoles de sécurité appropriés et garantir que les vulnérabilités potentielles soient prises en compte et éliminées bien avant qu’une production de masse ne débute.

La bonne nouvelle émanant directement du département du Commerce, c’est que le gouvernement Trump considère les véhicules autonomes comme l’une de ses plus hautes priorités en termes de nouvelles initiatives commerciales.

Sécurité, infrastructure, communication : le fer de lance d’une tendance 

La tendance vers la voiture autonome ne concerne pas que les voitures et les camions (ou le commerce international). Elle concerne également les villes intelligentes (smart cities), les infrastructures, la 5G, la cybersécurité, et bien d’autres choses.

Pour nous, qui souhaitons investir dans cet univers, cela signifie qu’énormément d’opportunités vont se présenter.

Certaines d’entre elles sont liées aux idées que nous avons abordées ici. Il s’agit, par exemple, de la nécessité que les VA communiquent entre eux, ou de feux de circulation intelligents, ou d’autres équipements de détection.

Il faut que cette communication se produise en temps réel, et à la vitesse de l’éclair. Cela signifie qu’il faudra des réseaux 5G supplémentaires pour que tout cela fonctionne.

En outre, il faudra de nouveaux systèmes intégrant l’intelligence artificielle (IA) et des protocoles d’apprentissage automatique, de nouvelles mesures de sécurité et de nouveaux systèmes de cybersécurité pour garantir que ces VA ne puissent pas être piratés et, s’ils le sont malgré tout, que leurs systèmes les plus vitaux ne puissent pas être attaqués.

Il faut bien le reconnaître, il y a encore plus à dire à ce propos. J’y reviendrai. La mégatendance du véhicule autonome créera des fortunes.

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