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La prochaine révolution médicale est là

par Etienne Henri
psilocybine thérapie santé

L’investissement dans le cannabis a fait la fortune de ceux qui ont su s’y intéresser suffisamment tôt. Avant même sa dépénalisation en Amérique du Nord, les investisseurs avisés ont réalisé le potentiel des molécules de THC et de CBD sur le plan médical – sans même parler de ses propriétés récréatives…

Aujourd’hui, avec l’arrivée du grand public, le secteur boursier du cannabis est devenu un véritable Far West et les opportunités de gagner de l’argent sont aussi nombreuses que les occasions de se ruiner.

Les grands gagnants sont ceux qui ont compris avant les autres que le THC et le CBD n’étaient pas des produits mortels parés de tous les vices, mais de simples substances actives qui, correctement administrées, peuvent avoir un rapport bénéfice/risque positif.

Imaginez un instant que vous puissiez connaître, dès maintenant, la prochaine molécule qui sortira de l’opprobre et passera du jour au lendemain du statut de paria à celui d’espoir thérapeutique majeur. Vous pourriez vous positionner sur les pionniers du secteur et, à l’abri des mouvements spéculatifs liés aux afflux d’investisseurs de court terme, voir votre capital démultiplié dans les prochaines années.

Le cannabis étant désormais banalisé en Occident (à défaut d’être légal en France), je vous propose aujourd’hui de découvrir une molécule qui pourrait connaître la même évolution explosive : la psilocybine.

Une substance millénaire aux propriétés médicales redécouvertes

Comme le cannabis, la psilocybine n’a pas attendu le XXe siècle et l’avènement des mouvements hippies pour avoir des adeptes. Cette substance, isolée pour la première fois en 1958 par Albert Hofmann (aussi connu pour son rôle dans l’invention du LSD), est naturellement présente dans les champignons hallucinogènes.

Sa consommation à des fins récréatives et spirituelles semble remonter aux débuts de l’humanité : l’ethnomycologue Giorgio Samorini a identifié des peintures rupestres datant du Néolithique décrivant des scènes d’intoxication collective. Plus récemment, des représentations mayas de champignons hallucinogènes datant de plusieurs siècles avant notre ère ont été découvertes, attestant l’importance sociale de ces substances dans l’Histoire.

champignons hallucinogènes figurines

Entre -1000 et -500 avant J.-C., les champignons hallucinogènes étaient des quasi-divinités.
Crédit : László Makra, University of Szeged

Une fois ingérée, la psilocybine est métabolisée par notre organisme et devient de la psilocine. Cette dernière a d’importants effets psychoactifs et peut, à forte dose, entraîner un état euphorique et des hallucinations auditives ou visuelles.

Du fait de son activité psychotrope et des possibles effets secondaires (élévation de la température corporelle, nausées, troubles de la fréquence cardiaque), la psilocybine a été classée comme ayant “un potentiel d’abus présentant un risque grave pour la santé publique et une faible valeur thérapeutique” par la Convention sur les substances psychotropes de 1971 de l’ONU.

Comme pour beaucoup d’autres substances (dont le cannabis), ce coup de massue législatif a eu pour effet pervers de faire tomber sa consommation dans la clandestinité et de rendre les recherches sur ses effets thérapeutiques plus difficiles et rares.

Un demi-siècle plus tard, la science parvient peu à peu à s’extraire du carcan qui entoure les substances psychoactives et les recherches dépassionnées sur la psilocybine peuvent enfin avoir lieu.

Peut-on vraiment envisager de prescrire de la psilocybine ?

La question – bien naturelle au demeurant – qui se pose dès que l’on évoque l’utilisation thérapeutique d’une molécule est celle de sa dangerosité.

La crise du COVID-19 et les débats qui ont entouré l’élaboration de traitements nous a rappelé qu’une substance peut être prometteuse, voire efficace, et pourtant totalement inadaptée à un usage thérapeutique. Seul le rapport bénéfice/risque compte. L’exemple de l’ingestion d’eau de Javel évoqué par Donald Trump pour se protéger du virus en est une parfaite illustration : ce liquide est certes très efficace pour se débarrasser du SARS-CoV-2 (bénéfice indéniable) mais l’utiliser comme traitement est parfaitement impensable (risque tout aussi certain).

La dangerosité d’une substance n’est donc en aucun cas un frein à son utilisation thérapeutique

Le calcul coût/bénéfice est une étape indispensable dans l’évaluation d’une thérapie potentielle. La difficulté au sujet de la psilocybine est que son usage est surtout envisagé dans le traitement des affections psychiatriques sur lesquelles les notions de risque et de gain sont bien plus difficiles à quantifier que pour une infection virale.

Les traitements doivent améliorer le quotidien des patients. A ce titre, leur fournir un produit considéré comme une drogue est-il acceptable ? Les soulager justifie-t-il de les plonger dans une possible dépendance et leur faire risquer l’overdose ?

Ces considérations, si elles sont prises de façon objective, ne s’opposeront pas à l’utilisation de la psilocybine. Tout d’abord, nous acceptons tout à fait en tant que société de prescrire des opiacés à tour de bras. A l’échelle de la planète, ce sont 275 millions de personnes qui consomment au moins une fois par an ces substances. Et cela crée de réels problèmes de santé publique : près de 10 % d’entre elles sont considérées comme dépendantes, et 450 000 décèdent tous les ans d’avoir utilisé ces traitements légaux selon l’OMS.

La dangerosité d’une substance n’est donc en aucun cas un frein à son utilisation thérapeutique.

Contrairement aux opiacés, la psilocybine est par ailleurs considérée comme peu dangereuse par les spécialistes. Sa consommation n’entraîne pas de dépendance physique, et sa dose létale est estimée selon les sources entre 12 et 285 mg/kg corporel. Suivant le modèle du rat, un être humain de 80 kilos devrait ingérer 22 grammes de psilocybine pour atteindre la DL50 (dose à laquelle la moitié des individus décèdent).

Sachant que la dose psychoactive est évaluée à 2 grammes, et que les doses thérapeutiquement actives sont encore plus faibles, la marge thérapeutique d’un facteur 10 de la molécule est considérée comme grande (de l’ordre de celle du paracétamol).

Tous les éléments sont désormais réunis pour que la psilocybine sorte du carcan social dans lequel elle était enfermée depuis les années 1970. Rendez-vous demain pour découvrir son formidable potentiel thérapeutique et économique.

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