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La tech rouvre les frontières internationales

par Etienne Henri
frontière aéroport covid19

Lorsque nous voyageons, que ce soit pour des raisons professionnelles ou pour partir en vacances, nous tenons inconsciemment compte du fait que nous pouvons faire de mauvaises rencontres.

Désormais, le danger, c’est nous

Traversez la France sur l’autoroute, et vous croiserez de nombreux conducteurs dangereux. Prenez l’avion, et la peur du terroriste qui pourrait être assis dans l’appareil vous fera accepter de subir des contrôles de sécurité autrefois réservés aux plus dangereux criminels. Visitez un quartier mal famé dans une ville inconnue, et vous prendrez spontanément des mesures de sécurité élémentaires : moins de bijoux, moins d’argent, plus de discrétion avec les objets électroniques.

Autrefois, le voyageur occidental était exposé à des dangers extérieurs. Avec la crise du coronavirus, c’est désormais le touriste qui inquiète les autochtones. Depuis que l’Europe et les Etats-Unis hébergent les plus gros foyers infectieux de COVID-19, les occidentaux sont devenus personæ non gratæ dans la majorité des pays.

Même au sein de l’Union européenne, les gouvernements rechignent à ouvrir les frontières à leurs voisins. La libre circulation normalement en vigueur dans l’espace Schengen n’est plus qu’un vieux souvenir.

Alors qu’il n’existe toujours aucun vaccin ni traitement pour le virus, les populations réalisent qu’elles ne peuvent pourtant pas vivre sans tourisme. Cette activité représente, selon les pays, entre 8 % et 12 % du PIB, et s’en priver serait un suicide économique après la récession causée par les confinements.

Garder les frontières fermées est impossible, mais chaque voyageur peut potentiellement être le “patient zéro” d’un nouveau foyer infectieux… Pour résoudre ce dilemme, les autorités peuvent fort heureusement s’appuyer sur les nouvelles technologies pour limiter les risques sanitaires liés aux déplacements.

Vers des lieux de passage ultra-stériles

Tester et isoler les malades est une chose, mais il faut également, pour éviter la propagation des épidémies, que les lieux de passage ne se transforment pas en foyers de contamination. Gestes barrières et autres mesures de distanciation ne sont pas suffisants pour s’assurer qu’un malade ne dissémine ses germes aux quatre vents, d’autant que les zones de transit font parfois circuler plusieurs milliers de visiteurs par jour sur quelques centaines de mètres carrés.

Pour éviter que ces points de passage ne puissent devenir des sources de contamination, plus question de se contenter d’un ménage quotidien. Une stérilisation permanente des surfaces – digne d’un bloc opératoire – est envisagée par les plus grands aéroports du monde.

Pour y parvenir à coût acceptable, ce sont bien évidemment des robots qui sont mis à contribution. Profitant des propriétés stérilisantes de la lumière à haute énergie (UV-C), ils irradient et stérilisent sols et parois verticales.

Avec leurs LED émettant des photons à une fréquence pouvant atteindre les 260 nm, ils génèrent un véritable “rayon de la mort” qui détruit le matériel génétique de toutes les cellules rencontrées.

système d’exposition aux UV-C

Quelques secondes d’exposition aux UV-C suffisent à détruire virus et bactéries.
Crédit : HKIA

Ne nécessitant pas de produits chimiques, ne laissant aucun résidu, ces robots peuvent tourner 24h/24 en ayant simplement besoin de recharger régulièrement leurs batteries.

Pour stériliser le sol d’un couloir, un passage à rythme lent est idéal. Pour stériliser des surfaces verticales (toilettes, guichets de douane), il suffit de laisser le robot quelques minutes en fonctionnement dans la pièce déserte, et toutes les zones exposées sont totalement désinfectées.

Pour les voyageurs : chimie et tests automatisés

Du fait du caractère cancérigène avéré de la lumière UV, impossible de l’utiliser pour désinfecter les voyageurs.

Pour s’assurer que les passagers ne véhiculeront pas d’agents pathogènes sur leur peau, leurs vêtements ou leurs cheveux, c’est la méthode traditionnelle qui a été retenue par les gestionnaires d’aéroports.

Des cabines de désinfection stratégiquement placées se multiplient dans les aéroports internationaux. En obligeant voyageurs et personnel à se faire décontaminer lors de chaque passage, la probabilité de déplacer virus et bactéries est grandement limitée.

Prototype de cabine de désinfection pour aéroport

Prototype de cabine de désinfection pour aéroport.
Crédit : HKIA.

Cet arsenal digne de films de science-fiction ne serait pas complet sans une généralisation des contrôles sanitaires. Dès le mois de janvier, les autorités asiatiques mettaient en place des vérifications systématiques de la température des voyageurs répétées à chaque étape de leur parcours d’embarquement.

L’intérêt de cette solution pour détecter les malades, même peu symptomatiques, n’est plus à démontrer et les compagnies aériennes occidentales commencent timidement à les mettre en place comme l’a fait Air France à partir du 11 mai.

Avoir recours à du personnel au sol équipé de thermomètres infrarouges est toutefois dispendieux, notoirement peu fiable en l’absence d’étalonnage du matériel, et susceptible de ralentir les flux de voyageurs – le scénario noir des aéroports saturés en temps normal.

Ici encore, la solution vient des nouvelles technologies qui permettent une surveillance automatisée de l’état de santé des membres d’une foule. Les caméras thermiques de nouvelle génération ont suffisamment de résolution pour être capables de différencier les personnes d’un groupe et d’alerter un agent lorsque la température corporelle de l’une d’entre elles dépasse un seuil prédéfini.

prise de température automatisée

La prise de température automatisée est devenue réalité.
Crédit: JawaPos

Ce triptyque de robots aux rayons lumineux cancérigènes, stérilisation chimique obligatoire et surveillance médicale systématisée vous semble surréaliste ? Ne pensez pas qu’il soit sorti du scénario d’un mauvais film dystopique.

Il ne s’agit pas du scénario d’un mauvais film dystopique

Pour préparer la réouverture des frontières, ces systèmes sont déjà en train d’être déployés en Asie. Nul doute que, comme le passage aux rayons X des bagages et la fouille des passagers, ils deviendront bientôt la norme pour les voyageurs internationaux et se retrouveront sur toute la planète.

Comme pour toutes les mesures sécuritaires, les citoyens devront bientôt choisir entre s’y plier ou rester à domicile.

Pour l’industrie, en revanche, ces mesures sanitaires extrêmes sont une opportunité jamais vue. Avec plus de 1 200 aéroports internationaux dans le monde à équiper, les entreprises qui conçoivent ces systèmes de nettoyage et de diagnostic ne vont pas chômer dans les prochains mois !

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