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La tech, ultime rempart face à l’épidémie de coronavirus

par Edern Rio
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Les foyers d’infection de Covid-19 se multiplient un peu partout sur la planète, y compris dans des lieux où les habitants n’ont aucun lien connu avec Wuhan. Ce week-end l’Italie, maintenant l’Allemagne, il devient de plus en plus légitime d’employer le terme de pandémie.

Plus inquiétant encore, le taux de mortalité dans ces nouveaux épicentres est digne de celui du Hubei, laissant craindre que la létalité du virus en Europe ne soit pas si différente de celle observée au fin fond de la province chinoise à l’origine du virus. Gardons raisons cependant, le taux de mortalité réel ne doit pas s’élever à plus de 0,6 %, ce qui classique dans le domaine des infections pulmonaires.

La fermeture des frontières n’étant pas, selon les épidémiologistes, une solution crédible pour empêcher l’épidémie de se généraliser en Europe, l’Occident va devoir faire feu de tout bois pour limiter l’impact de la contagion.

Biotechs et grand laboratoires pharmaceutiques sont à pied-d’œuvre pour développer traitements et vaccins. En attendant leur arrivée sur le marché, ralentir la dissémination du virus reste la priorité afin de ne pas surcharger les systèmes de santé et garantir la qualité de prise en charge des patients les plus atteints.

Les startups ont, dans leurs catalogues, des solutions toutes trouvées pour participer à cette course contre la montre. Et c’est ce que je vous propose de voir aujourd’hui.

Après le crédit social, le crédit sanitaire

Les dispositifs de reconnaissance faciale développés par Alibaba pour sécuriser les transactions par smartphones sont désormais utilisés pour pister les mauvais citoyens qui se déplacent dans les lieux publics sans masque.

A défaut de pouvoir totalement empêcher les déplacements de population (même les quarantaines les plus strictes mises en place en Chine laissent aux habitants quelques espaces de liberté), limiter les contacts reste la solution la plus simple pour lisser dans le temps la propagation de Covid-19.

La Chine, fidèle à sa réputation, a mis en place un véritable fichage numérique des citoyens à Hangzhou. Chaque personne se voit attribué, grâce à une application smartphone, un code-barres qui l’identifie et conditionne ses possibilités de déplacement.

S’il est vert, le citoyen peut se déplacer librement. S’il est orange, une quarantaine de 7 jours est demandée. Dans le cas d’un code-barres rouge, c’est une quarantaine de 14 jours à domicile qui doit être impérativement respectée.

Derrière la simplicité apparente de la solution se cache un tour de force technologique. Classifier en quelques jours plusieurs dizaines de millions de personnes ne peut se faire avec de simples moyens humains…

Ce sont, bien entendu, des algorithmes (tenus secrets) qui sont chargés d’attribuer une couleur aux citoyens. Urgence sanitaire oblige, les habitants découvrent leur « couleur » lors du téléchargement de l’application… et aucun recours n’est possible.

De même, les dispositifs de reconnaissance faciale développés par Alibaba pour sécuriser les transactions par smartphones sont désormais utilisés pour pister les mauvais citoyens qui se déplacent dans les lieux publics sans masque. Les autorités peuvent ainsi sévir au motif de comportements délictueux détectés… par une IA.

Quand l’IA joue à Dr Jekyll et Mr Hyde

Les logiciels de classification automatisée ne sont pas seulement employés pour surveiller et juger les citoyens de façon quasi orwellienne.

Des usages plus bienveillants de l’IA ont vu le jour pour combattre l’épidémie de coronavirus.

La startup YITU Technology et Huawei ont développé en quelques semaines une IA capable d’interpréter les examens pratiqués dans les hôpitaux pour déterminer l’état de santé des patients.

Plutôt que de confier l’interprétation des clichés à du personnel humain débordé, épuisé et exposé, l’IA est capable de déterminer en quelques secondes si le malade est atteint par le Covid-19. Sachant que l’interprétation des clichés prend aux spécialistes entre cinq et quinze minutes, le gain pour le système de santé est colossal.

Des robots pour soulager les infirmiers

Il n’y a pas que pour les tâches intellectuelles que la tech vient au secours des hôpitaux en état d’alerte maximale.

Même le travail des aide-soignants peut être simplifié par des solutions technologiques. La startup Pudu, qui travaillait depuis plusieurs années sur un robot chargé de remplacer les serveurs dans l’hôtellerie et la restauration, a adapté ses produits pour qu’ils puissent se rendre au chevet des patients en quarantaine pour leur apporter nourriture et médicaments.

Tels les robots que nous avons l’habitude de voir valser dans les centres logistiques pour transporter des colis, les « livreurs » Pudu circulent dans les couloirs des hôpitaux de façon autonome.

robot pudu

Le robot de Pudu permet d’éviter les contacts avec les patients en quarantaine.
Cliquez ici pour le voir en action.

Éviter aux aide-soignants les contacts répétés avec les patients en quarantaine est tout sauf anecdotique : chaque visite économisée fait gagner au personnel de précieuses minutes et réduit les risques de dissémination du virus au sein de l’établissement de soin.

Une fois de plus, les nouvelles technologies nous prouvent qu’elles peuvent être utilisées pour le pire, mais aussi pour le meilleur. Ces usages détournés mis en place en un temps record viennent prouver aux Cassandre de l’innovation que la R&D des startups modernes est loin d’être futile.

Lorsque la situation l’exige, la tech sait mettre son savoir-faire au service des défis majeurs auxquels fait face l’Humanité !

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