Accueil A la une Le robot de tous les jours made in Google

Le robot de tous les jours made in Google

par Arthur Toce

En juin 2017, Alphabet avait abandonné la robotique en revendant son pôle au groupe japonais de Masayoshi Son, SoftBank. Il était pourtant constitué de nombreuses pépites dont l’entreprise la plus célèbre du secteur, Boston Dynamics, ou encore les robots bipèdes de Schaft. Il faut dire que la destination principalement militaire des robots de Boston Dynamics faisait des remous en interne auprès des gentils développeurs du groupe qui se souviennent encore de la maxime de la firme : « Don’t be evil ».

Grâce à ce rachat parmi d’autres, dont la formidable entreprise française Aldebaran, Softbank a constitué un pôle robotique qui est de loin le plus important au monde. Pourtant, les dernières nouvelles montrent qu’Alphabet repart à l’assaut de l’univers de la robotique !

Comme toujours, Alphabet voit plus grand et plus loin que toute autre entreprise, puisque son idée est de mettre au point le robot de tous les jours (Everyday Robot), celui qui nous accompagnera au quotidien pour remplir les tâches les plus variées.

L’apprentissage automatique au cœur de la prochaine révolution robotique

Alphabet veut aller bien plus loin que ce qui avait été accompli avec Boston Dynamics. En effet, à l’époque, les robots étaient très bons pour suivre les gens, porter des choses, mais guère plus. Boston Dynamics a fait d’immenses progrès depuis, comme le montrent les vidéos que l’entreprise révèle régulièrement sur sa chaîne Youtube.

Depuis l’émergence de l’IA, du Machine Learning et des principes d’apprentissage automatique, il devient possible de faire de nombreuses choses qui auraient semblé impossibles auparavant. Là où il fallait coder le robot à la main pour chaque situation ou chaque tâche spécifique, il est désormais possible de l’entraîner, presque naturellement. Avec les bons capteurs et les bons algorithmes, c’est particulièrement précieux pour interagir avec le monde physique.

Depuis l’émergence de l’IA, du Machine Learning et des principes d’apprentissage automatique, il devient possible de faire de nombreuses choses qui auraient semblé impossibles auparavant.


Les percées sont nombreuses. Alphabet a présenté en mars un robot dont la fonction est de lancer des choses. Il est capable de lancer des objets divers et variés dans un bac ou plusieurs. Il sait même lancer des objets déséquilibrés comme des bananes ! Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres !

Le robot lanceur de Google. Source : Google / Youtube.

Nono, le petit robot écolo

Revenons donc au projet que X, la branche R&D d’Alphabet, a récemment révélé. Il s’agit d’un petit robot qui se déplace dans les bureaux et qui s’est vu allouer la tâche de trier les déchets ménagers de l’entreprise. Dans un communiqué, Alphabet indique :

Ces derniers mois, nos robots ont manipulé des milliers de déchets et amélioré le taux de déchets triés de 80 % – le taux habituel quand tout un chacun effectue le tri – à plus de 95 %.

L’idée ici est simple, même si elle demande une démonstration : il vaut mieux optimiser le tri des déchets à la source avec un petit robot efficace que dans une grosse usine complexe et coûtant extrêmement cher. Et puis, de toute manière, il s’agit surtout d’un bon prétexte. L’objectif est clairement de multiplier les tâches que le robot sera capable d’accomplir, puisqu’il apprend seul.

Dans l’image ci-dessus, Alphabet explique :

De droite à gauche, cette image montre les robots progressant dans leur capacité de tri par la pratique.
Tout à gauche, le robot en est au début de son entraînement, il peut attraper et placer les objets, mais il ne repère pas le gobelet.
Dans l’image du milieu, après encore un peu d’entraînement dans le monde réel, il attrape la bouteille et la place dans le bon bac.
A droite, encore plus tard dans l’entraînement, il parvient à attraper une bouteille après avoir déplacé d’autres objets et à la mettre dans le bon bac.

Le robot s’améliore donc seul grâce à l’apprentissage automatique.


D’ailleurs, l’équipe d’Alphabet note des apprentissages très étonnants, les robots ont par exemple développé l’habilité de mettre certains détritus en pile sur un coté pour mieux en attraper d’autres avec une forme plus complexe. Evidemment, de nombreuses améliorations sont encore nécessaires. Les robots ont encore du mal à cibler correctement certains objets.

Précisons que les capacités du robot sont liées au logiciel. Ainsi, les progrès de chaque robot alimentent les capacités des autres robots. Plus les robots sont nombreux, plus l’apprentissage est rapide. C’est exactement la stratégie actuellement en place pour la compréhension du langage naturel avec les enceintes connectées.

Actuellement, Alphabet essaye d’ajouter de nouvelles tâches au robot pour qu’il puisse servir dans la vie de tous les jours : transférer des bagages dans le coffre d’une voiture, livrer du courrier dans les bureaux, etc.

La technologie ultra-stratégique de Waymo

Pour le moment, les nouveaux robots d’Alphabet savent trier les poubelles. Cela vous semble basique, mais c’est une grande nouveauté pour un robot de cette taille.

Ce qui est intéressant, c’est que le robot peut également se déplacer dans les locaux grâce à la technologie du LIDAR et les algorithmes développés par Waymo, la filiale de véhicules autonomes d’Alphabet. Les chercheurs ont d’ailleurs opté pour un robot posé sur roues plutôt que pour un robot humanoïde. Inutile de se compliquer la vie avec une autre tâche complexe comme la marche. D’autant qu’un des objectifs est que le robot puisse se déplacer silencieusement dans les bureaux sans déranger les personnes qui y travaillent.

C’est plus que prometteur et cela montre que les innovations d’une branche d’Alphabet – ici Waymo – sont utiles à d’autres branches. Comme l’explique Alphabet, il est encore plus compliqué de laisser un robot se déplacer de manière autonome pour vaquer à ses tâches quotidiennes que de faire rouler une voiture de manière autonome, car l’environnement est beaucoup plus déstructuré.

Axe des ordonnées : Structure de l’environnement. Axe des abscisses : spécialisation du robot. Le robot de tous les jours (Everyday Robot) est à l’extrémité la plus complexe : de nombreuses tâches dans un environnement imprévisible.

Ce n’est pas de la science-fiction, les cinquante prochaines années seront celles de la révolution robotique ! Nous les verrons – nous le voyons déjà – quitter les chaînes de production des usines pour évoluer de plus en plus dans notre quotidien.

Pour aller plus loin (Anglais) : https://x.company/projects/everyday-robots

Soyez le premier informé des dernières Opportunités Technos directement dans votre boîte mail

Articles similaires

Laissez un commentaire