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Ledger va sécuriser la smart grid d’Engie

par Edern Rio
smart grids Engie

Qui dit “smart”, dit logiciel communiquant avec le réseau et c’est exactement ce qu’affectionnent les hackers pour attaquer un système.

Si le développement d’une smart grid doit permettre d’optimiser la gestion de l’électricité et de réduire les émissions de carbone dans le cadre d’un mix incluant de plus en plus de sources d’énergies renouvelables, mais intermittentes, il pose cependant un sérieux problème, celui de la sécurité de ce réseau.

Une smart grid ouverte à tous les “cybervents”

En effet, qui dit “smart”, dit logiciel communiquant avec le réseau et c’est exactement ce qu’affectionnent les hackers pour attaquer un système. Tous les spécialistes en cybersécurité tirent actuellement la sonnette d’alarme alors que l’Internet des objets est sur le point de vraiment décoller avec l’arrivée de la 5G en créant une multitude de failles si les entreprises n’y prennent pas garde.

Or, quand il s’agit d’énergie, mieux vaut ne pas prendre ce problème à la légère. Vous vous souvenez peut-être de l’affaire Stuxnet, un virus probablement développé par la NSA, qui avait défrayé la chronique en 2010 en s’attaquant au site nucléaire iranien de Natanz.

Engie, troisième groupe mondial dans le secteur de l’énergie, travaille depuis plusieurs années à la traçabilité des flux et à l’optimisation de la production. L’entreprise s’est donc presque naturellement tournée sur la blockchain qui permet une sécurisation de ces données décentralisée et partagée.

Elle a même lancé en septembre une filiale spécialisée du nom de Blockchain Studio. Mais si la blockchain sécurise effectivement les données, le maillon faible se situe sur ses points d’entrée. Ce qui est inscrit dans le registre doit être digne de confiance.

C’est pourquoi, alors qu’elle s’apprête à passer en production sa solution de smart grid avec 1 000 dispositifs prévus en 2019 et 100 000 à horizon 2023, Engie vient de signer avec la licorne française Ledger pour sécuriser ses boîtiers de traçabilité d’énergies renouvelables installés sur les éoliennes ou les panneaux solaires.

Ledger, futur leader des oracles de l’Internet des objets

Ledger est surtout connue pour son portefeuille physique de cryptomonnaies (hardware wallet). Elle se place parmi les leaders de ce secteur et a déjà vendu plus d’un million d’exemplaires dans 165 pays.

En effet, il faut bien comprendre que la notion de possession dans le domaine des cryptomonnaies ne repose que sur une simple et unique chose : la possession de la clé cryptographique identifiant le possesseur sur la blockchain. Un peu comme pour votre compte bancaire, quiconque détient la clé, détient l’argent numérique, sauf que dans le cadre des cryptomonnaies, vous n’aurez aucun recours ! D’où l’importance vitale de bien sécuriser ces clés. [C’est d’ailleurs si important que chaque nouvel abonné de notre service Cryptos Trading en reçoit une.]

Pour sécuriser au maximum ces actifs, la startup a donc développé son propre système d’exploitation nommé BOLOS. Il tourne sur une puce aussi sécurisée que celles que l’on trouve sur les passeports ou les cartes de crédit. De l’avis de tous, ses hardware wallets sont les plus sécurisés du marché avec ceux de Trezor.

Ledger va donc fournir à Engie ce que l’on nomme dans le jargon blockchain un oracle. Un oracle est le point de contact entre la blockchain (le registre) et le monde réel. Il consiste souvent en un service informatique qui va inscrire et récupérer les informations.

Pourtant dans le cas de l’Internet des objets, l’information doit provenir directement de l’objet car nul autre que lui ne peut fournir la donnée. Et il faut donc que ce système soit sécurisé au maximum et c’est dans ce domaine que Ledger excelle.

Contrairement à ce que beaucoup pensent, force est de constater que son activité sera loin de s’arrêter à la seule prestation de services pour les investisseurs en cryptomonnaies. Cette scaleup très ambitieuse est désormais valorisée à 250 M$ et a levé 61 M€ début 2018. Les affaires marchent tellement bien qu’elle va rapatrier sa production en France.

Le “LedgerPlex” s’installera à Vierzon dans une usine de 4 000 m2 en 2019.

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