Accueil InvestirTendances Macro Les matières et l'optimisme à toute épreuve des marchés

Les matières et l'optimisme à toute épreuve des marchés

par admin

La semaine dernière, le S&P 500 a approché à 4% près son record d’octobre 2007. De même, le DAX était à 3% de son record de juillet 2007. Le rebond des marchés dure depuis novembre dernier et a effectivement amené les indices à tutoyer leurs plus hauts historiques. Pourtant la hausse semble démesurée comparé à l’état de l’économie, et une certaine impression d’obstination se dégage actuellement de ce mouvement haussier. C’est particulièrement le cas depuis la publication de chiffres mitigés des Etats-Unis et de la Chine la semaine dernière.

D’abord, la croissance américaine est ressortie à -0,1% au quatrième trimestre 2012. Pourtant les marchés ne se sont pas affolés. Le S&P 500 ne perdait que 0,3% sur la journée de mercredi. Bloomberg s’est voulu rassurant, en expliquant que cette baisse était le résultat d’une réduction des dépenses publiques de l’Etat américain, notamment de la défense, dépenses par nature volatiles.

En Chine, l’indice PMI du Bureau national des statistiques est également ressorti en baisse comparé à l’indice de décembre dernier, à 50,2 contre 50,6. Là encore, pas d’affolement, la nouvelle n’a pas empêché l’indice de la Bourse chinoise, le Shanghai Composite, de tutoyer cette semaine ses plus hauts de 2012.

Comme l’analyse Patrick Artus, patron de la recherche économique chez Natixis, « les investisseurs ont décidé d’oublier tous les facteurs de risques […]. Il s’agit précisément des caractéristiques d’une bulle ». Que ce soit une bulle, ou simplement un excès d’enthousiasme amenant à une consolidation même légère, il faut donc s’attendre à ce que les marchés reviennent prochainement à des rythmes de progression plus en phase avec la réalité économique.

A plus long terme, on peut quand même affirmer que la reprise est sur les rails. Car si les investissements publics se sont réduits aux Etats-Unis, la consommation redémarre, affichant une hausse de 2,2% au dernier trimestre. De même en Chine, si les chiffres du Bureau national des statistiques ont été décevants, HSBC a à l’inverse publié un chiffre sur l’activité manufacturière des grandes entreprises chinoises du secteur privé très positif, à son plus haut depuis deux ans.

Ainsi les matières ont été au diapason cette semaine des marchés, continuant leur progression modérée entamée en novembre dernier.

Le nickel, le retardataire qui se fait remarquer
Les métaux ont effectivement bien vécu cette semaine, avec une croissance lente mais toujours haussière du LMEX, l’indice des métaux du LME. Même la publication des chiffres du PIB américain au dernier trimestre n’ont pas brisé la dynamique. Les bons signes de l’activité industrielle américaine ont en effet rassuré les investisseurs sur la solidité de la demande.

Le cuivre a bien illustré cette situation, le métal rouge ayant atteint les 8 300$ dans la semaine, avant de se replier quelque peu. Comme l’analyse la banque Commerzbank, « jusqu’à présent, les investisseurs ont ignoré l’augmentation des stocks, cette hausse étant éclipsée par les bonnes perspectives économiques et les risques grandissant sur l’approvisionnement ».

Une fois n’est pas coutume, c’est le nickel qui surprend cette semaine, avec une hausse de plus de 6%. Le « traînard », comme le surnomme Morgan Stanley, a enfin profité du rally des métaux. Cité par Les Echos, la Société Générale explique que la demande « robuste de l’aéronautique et de l’automobile va favoriser la croissance de la demande ».

[NDLR : Matières à Profits a repéré le mois dernier une valeur prête à décoller avec la hausse du nickel et le retour de la croissance chinoise. Pour plus de détails, découvrez notre lettre mensuelle Matières à Profits]

L’Argentine agite l’agriculture
Le maïs et le soja ont été à l’honneur cette semaine, avec une hausse de plus de 2%. C’est essentiellement le manque de pluie en Argentine qui a soutenu les cours. L’absence de pluie prévue pour cette semaine devrait continuer de faire progresser les prix. Comme le résume Joyce Liu, de Phillip Futures, « la météo en Amérique du Sud est un des facteurs cruciaux qui déterminent les cours du maïs et du soja, et elle sera suivie de près ».

La remonté du maïs s’est faite en parallèle de la baisse du blé, si bien que la réduction du spread entre les deux cours pourrait conduire à un rebond du blé prochainement. En effet, comme le souligne le site Agrimoney, « là où le maïs va, son comparse le blé a une chance d’aller ». Les cours du blé pourraient retrouver de la vigueur, les consommateurs traditionnels de maïs pouvant décider de se tourner vers le blé pour profiter des prix en baisse. Déjà, l’Egypte a passé une commande aux Etats-Unis de blé la semaine dernière qui laisse penser que les achats vont s’accélérer.

Fin du resserrement entre le WTI et le Brent
La semaine a témoigné d’un ralentissement de la tendance observée ces dernières semaines, c’est-à-dire un resserrement de l’écart entre le WTI et le Brent. Côté WTI, le pétrole à New York, les investisseurs s’attendent à une stabilisation, voire une baisse des cours, les stocks à Cushing — le lieu de stockage américain — devant s’accroître ce trimestre. En effet, le pipeline Seaway qui avait permis de transporter les stocks vers les zones de raffinage ne fonctionne pas à plein, et ne permet pas d’évacuer le pétrole en excédant.

Côté Brent, c’est la confirmation que la croissance chinoise est en train de repartir — quoique modestement — qui a permis au cours de toucher un plus haut en quatre mois à 116$ le baril. De plus, l’Irak a vu une remontée de la violence, avec trois attentats-suicides en l’espace d’une seule semaine, maintenant une pression géopolitique sur le marché du pétrole. Résultat, l’écart entre les deux marchés devrait se stabiliser dans les semaines à venir. Seul le Brent pourrait éventuellement redescendre légèrement vers les 110$.

Léger rebond des métaux précieux
La roue a une nouvelle fois tournée pour l’or cette semaine. La publication des mauvais chiffres de la croissance américaine au quatrième trimestre ont fait bondir l’once, les investisseurs anticipant une intervention de la Fed. S’ils en ont été pour leur frais, la Fed a toutefois annoncé le soir même qu’elle continuera son programme de rachats de la dette. L’or a alors progressé sur le reste de la semaine. En parallèle, la baisse du dollar a rendu l’or plus attractif pour les investisseurs. Cette semaine se conclut ainsi sur une remontée de l’or, qui reste pourtant cantonné dans son canal 1 640/1 700 dollars classique.

Les platinoïdes ont en revanche davantage progressé, le platine touchant un plus haut depuis cinq mois grâce aux poursuites des problèmes en Afrique du Sud. Le palladium pour sa part continue sa progression, alors que la demande dans l’automobile accroît la demande.

Synthèse de l’évolution du cours des matières premières

Tableau de variation des cours

Cours à
3 mois

Vendredi

25 janvier

2013

Vendredi

1er février

2013

Variation

hebdomadaire

 

En $

En $

En %

 Aluminium 2 075 2 091,5

0,80%

 Cuivre* 8 090 8 189,5 1,23%
 Plomb* 2 401 2 436 1,46%
 Nickel* 17 300 18 445 6,62%
 Etain 24 800 24 800 0,00%
 Zinc* 2 095 2 149 2,58%
 Acier (Méditerranéen) * 280

260

-7,14%
Pétrole light

(New York 1 mois)

95,97 97,11 1,19%
 Or (spot Comex) 1 656,6 1 665,5 0,54%
 Argent spot Comex) 31,07 31,64

1,83%

 Platine (spot Comex) 1 689 1 696 0,41%
 Palladium (spot Comex) 741 756 2,02%
Blé

(le boisseau sur le Cbot)

7,81 7,72 -1,15%
Maïs

(le boisseau sur le Cbot)

7,254

7,4

2,01%
Soja

(le boisseau sur le Cbot)

14,49 14,89

2,76%

* cours en $ la tonne sur le LME à trois mois

 

 

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