Accueil InvestirTendances Macro Les matières premières grimpent ; notre portefeuille en profite

Les matières premières grimpent ; notre portefeuille en profite

par sylvainmathon

Premier trimestre 2009 : les BRIC sont benchmark
Comparé à la moyenne des indices actions des pays développés, le semestre qui s’achève consacre la bonne tenue des marchés de matières premières : +14% pour l’indice AIG et près de 20% pour le CRB plus sensible à l’évolution du pétrole… contre +2,3% pour l’Euro Stoxx 50 et +0,26% pour le Dow Jones.

Pourtant, cette remontée des commos ne peut pas prétendre s’aligner sur celle des indices chinois (+31% depuis le 1er janvier pour le Hang Seng) ni, en général, sur les indices des pays émergents : près de 50% de hausse pour le S&P Bric 40 !

Au vu de ces pourcentages, on comprend bien que, plus que jamais, la demande vertigineuse en provenance des BRIC est la clé du marché des matières premières — et le vrai poumon de l’économie mondiale.

La clé du marché des matières premières est à l’Est
Les pays développés peuvent suffoquer… les économies en forte croissance continuent de souffler un vent d’optimisme. Malgré la chute de leurs exportations, principal pilier de leur économie, la Chine et l’Inde envoient d’insolents signaux de reprise économique. Le FMI a dû relever ses estimations de la croissance mondiale pour 2010 : 2,4% au lieu de 1,9%. Et s’il faut en croire un journal économique de Hong Kong, la croissance de la production industrielle chinoise pour le mois de mai s’établirait, en glissement annuel, à 8,9%… Soit une nouvelle accélération par rapport au chiffre déjà très élevé de 7,3%, enregistré en avril dernier, et un score très au-delà des estimations des analystes, qui tournaient autour de 7,7%.

A titre de comparaison, la production industrielle européenne a chuté de 21,6% au mois d’avril d’une année sur l’autre…

Les émergents donnent à nouveau le ton
Eh oui, la notion de récession ne désigne pas les mêmes réalités économiques suivant les pays. Assurément, la théorie du découplage, longtemps occultée par la panique généralisée sur les marchés d’indices, fera bientôt un retour en force.

Cette inflexion manifeste de l’économie mondiale s’accompagne d’un affaiblissement du dollar.

Résumons-nous : une forte demande persistante en ressources à un bout de la planète, un billet vert qui pâlit… Toutes les conditions pour attirer de nouveaux investisseurs sur les marchés de matières premières sont réunies.

[NDLR : Pour accumuler des gains substantiels sur les matières premières, il suffit de demander conseil à un spécialiste du secteur ! Sylvain Mathon peut vous y aider : n’attendez pas pour découvrir ses conseils…]

Les hedge funds l’ont bien compris…
Comme l’affirme un rapport de BP, paru il y a deux semaines : "le centre de gravité des marchés mondiaux de l’énergie [s’est] nettement, et de manière irréversible, déplacé vers les pays émergents". Ca, les hedge funds l’ont bien compris : quoi de plus facile que de jouer la croissance des pays en développement à travers les matières premières (elles cotent généralement à Londres ou à New York) ?

Le retour en force de ces précurseurs entraîne de façon moutonnière le reste des investisseurs… La hausse pourrait même s’accélérer de façon irraisonnée si des signaux réels de reprise économique apparaissaient dans les pays développés.

En attendant, les emerging donnent à nouveau le ton aux marchés mondiaux de commos.

Le pétrole profite de la Chine
Pour la première fois depuis août dernier, l’Agence internationale de l’énergie a revu à la hausse la demande mondiale en pétrole. Cette dernière devrait s’apprécier de 120 000 barils par jour pour 2009 en raison d’une plus forte consommation provenant des Etats-Unis… Et surtout, de la Chine. Imaginez que malgré la crise actuelle, les achats en pétrole de l’empire du Milieu ont inscrit un plus haut de quatorze mois ! Devant ces statistiques porteuses, certains analystes vont jusqu’à envisager le prix du brut texan à 100 $ d’ici à l’année prochaine…

La voie vers les 77/78 euros est ouverte
Dès l’année prochaine ? N’oublions pas que même avec cette révision à la hausse, la demande devrait rester inférieure de 2,9% à celle de 2008 — qui elle-même, selon le rapport annuel de BP sur l’état du marché pétrolier, enregistrait son premier recul (-0,6%) depuis 1993 et le plus fort depuis 1983.

A plus long terme, en revanche, le directionnel laisse moins de doutes : le rapport de BP souligne une diminution — malgré le contexte actuel — de trois milliards de barils des réserves mondiales prouvées. Désormais, elles s’établissent à 1 258 milliards de barils, soit 42 années de consommation, hors sables bitumineux. La correction actuelle apparaît donc comme un épiphénomène dans une tendance haussière inéluctable.

Au regard de l’analyse technique, malgré le risque d’un renforcement du dollar à court terme, le franchissement de la zone des 70/72 $ a ouvert la voie des 77/78 $, correspondant au retracement des 38,2% de toute la chute enregistrée l’année dernière.

Sortie par le haut pour le gaz ?
On note toujours de fortes fluctuations, accompagnées d’importants volumes, sur le marché du gaz américain. De toute évidence, certains investisseurs entrent en masse sur ce marché, pariant sur un rattrapage de cet hydrocarbure délaissé depuis le début de l’année. En même temps, les "longs" profitent de toute remontée du cours pour sortir, craignant la surproduction. Cette hésitation se reflète au plan technique : le cours s’inscrit dans un large triangle compris entre 4 $ et 3,50 $.

Pour ma part, comme indiqué le mois dernier, j’envisage une sortie haussière, ces mouvements se formant tout près d’un support de tendance de très long terme… Mais face à l’incertitude qui entoure ce marché — l’offre est largement excédentaire –, je préfère jouer la hausse à travers l’achat d’une société du secteur. C’est ce que nous avons tenté le mois dernier. 

Métaux précieux : une barre en or
Décidément, la barre des 1 000 $ inquiète les investisseurs qui s’intéressent à l’or. Pour la troisième fois, le prix de l’once s’est approché de cette résistance psychologique — devenue de fait résistance graphique — avant de subir des dégagements. Je note que ces consolidations se font sans hâte, à l’heure où les marchés d’actions semblent
vivre un véritable état de lévitation…

De toute évidence, le marché de l’or a changé de moteur : l’évolution du dollar a pris le pas sur l’aversion au risque. Même s’il ne s’agit que d’une hypothèse à ce stade, une éventuelle pérennisation de la hausse du pétrole apporterait un deuxième facteur positif : peur de l’inflation, quand tu nous tiens ! Au plan graphique, enfin, un retour à court terme sur la zone comprise entre 900 $ et 870 $ à court terme est à envisager.

Potentiel de hausse important sur l’argent
L’argent connaît un beau parcours depuis le mois de novembre. Plus sensible à la conjoncture économique que l’or, il profite à la fois de l’amélioration de l’environnement économique et de son statut de matière précieuse. Pourtant, son cours reste bien inférieur au sommet inscrit début 2008 : il y a donc un potentiel de hausse conséquent. Ceux qui sont positionnés sur ce marché surveilleront la droite de support passant autour de 13 $ : son enfoncement remettrait en cause mon anticipation haussière.

Les platinoïdes ont également bénéficié de la dépréciation du billet vert, bien que leur exposition au secteur automobile rende leur remontée plus lente. Le platine et le palladium restent tous deux dans une tendance haussière, au-dessus d’une ligne de support passant autour de 1 100 $ pour le premier, et de 230 $ pour le second.

Métaux de base : la consolidation se fait attendre…
Les métaux de base continuent d’être soutenus par l’amélioration, plus rapide que prévu, des perspectives économiques chinoises. La brutale consolidation — occasionnée par un reflux des marchés actions — que j’attendais pour entrer sur le certificat DJ-AIG Industrial Metal (code 2854T) ne s’est malheureusement pas produite. Après une simple pause, l’indice des métaux de base à Londres (le LMEX) a poursuivi sa progression, gagnant près de 13% en un mois, grâce notamment au cuivre, son principal composant.

Cuivre et plomb ont le vent en poupe
De toute évidence, la Chine a profité des prix bas pour reconstituer ses réserves : ses achats de cuivre ont atteint un record de plus de 422 000 tonnes au mois de mai et les stocks à Shanghai ont bondi de 33% la semaine dernière… Du jamais vu depuis fin mars 2008. Ce restockage à marche forcée laisse présager la mise en oeuvre du plan de relance chinois, pour 586 millions de dollars, axé sur les grands travaux.

Belle envolée du cours du plomb, qui gagne environ 23% sur un mois. A près de 1 800 $ la tonne, mon objectif de cours a été pulvérisé… Ce n’est sans doute pas fini, même si une consolidation intermédiaire pourrait prendre forme à court terme. La prochaine résistance se trouve autour de 2 000 $, mais c’est bien un sommet à plus de 2 200 $ que je vise dorénavant.

Vous noterez que le certificat 100% Quanto Plomb n’a pas suivi la même envolée. Ne vous fiez pas au dernier cours coté, à 14,29 euros, qui date en fait de la fin mai… Regardez plutôt le carnet d’ordre. Le teneur de marché l’estime autour de 17,50 euros, ce qui nous procure une plus-value latente de 45% en tenant compte des prises de bénéfice.

Tête-épaules inversée sur l’aluminium
L’aluminium — qui accumulait beaucoup de retard sur les autres métaux de base depuis le début de l’année (une performance de seulement 13%, à comparer aux +86% du cuivre !) — devrait connaître un rattrapage, si l’on en croit l’analyse technique. Le cours vient de franchir une résistance horizontale autour de 1 550 $ la tonne sur le marché de Londres, déclenchant ainsi une tête-épaules inversée. Les amateurs viseront donc l’objectif de cette figure de retournement haussière, c’est-à-dire la zone des 2 000 $.

Même scénario pour le nickel, qui a validé une autre figure haussière appelée double bottom, ou "double creux", dont le potentiel se trouve aux environs de 18 000 $ la tonne.

Climat plus serein sur les softs
Conséquence des pluies incessantes qui se sont abattues ces dernières semaines, environ 87% des plantations de maïs sont sortis de terre, alors que la moyenne à cette période de l’année est de 94%.

Toutefois, deux éléments ont contribué, la semaine dernière, à des prises de bénéfices sur le maïs. D’une part, un climat plus chaud s’installe sur les plaines du Texas et du Midwest, favorisant les cultures de soja et de maïs. D’autre part, le ministre des Finances japonais a déclaré que son pays conservait une confiance inébranlable dans les capacités de remboursement de la dette américaine. Cette annonce fort à propos, a redonné un peu de tonus au billet vert.

Ce léger regain du dollar érode le pouvoir d’achat des pays consommateurs et contribue à affaiblir la demande internationale. Rien de grave pour l’instant : j’interprète ce repli comme un pullback sur l’ancienne résistance des 4 $. Vous conserverez le certificat Maïs Open-End Quanto.

Le soja est vraiment la star des grands produits agricoles
Imaginez ! Son cours a connu une hausse de sept semaines consécutives, gagnant près de 30%. Cet oléagineux très exporté bénéficie de la faiblesse de la devise américaine, mais surtout de la forte demande chinoise. Ainsi, les exportations de farine de soja — utilisée dans l’alimentation des élevages — ont grimpé de 34% en un mois… Et celles de l’huile de soja, de 54%. En conséquence, le ministère américain de l’Agriculture a fait savoir que les stocks nationaux rejoindraient bientôt leur plus bas depuis 32 ans…

Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que la résistance des 12 $, évoquée dans le dernier Matières à Profits, ait été pulvérisée. Cependant, tout comme pour le maïs, un climat plus clément et un regain de forme du dollar pourraient donner l’occasion à certains investisseurs de prendre leurs bénéfices. Un retour vers les 11,70 $ sur le soja est alors possible ; mais n’en doutons pas, le déséquilibre de ce produit agricole sur le marché international créera les conditions d’une nouvelle impulsion haussière, vers la forte résistance des 13,20 $/13,70 $.

Pressions baissières sur le blé
Si les cultures des deux précédents produits agricoles profitent d’une vague de douceur, des pluies opportunes sur le Kansas favorisent celles du blé. Les agriculteurs pourraient avancer la période des récoltes, qui s’annoncent abondantes.

Par ailleurs, les pays importateurs nets, soucieux d’éviter de nouvelles révoltes de la faim, semblent avoir pris des dispositions concernant leur production locale. Le Maroc vient d’annoncer que sa récolte augmenterait de 77% en 2009/2010. Le blé américain
risque donc de ne pas trouver preneur à l’international, et le cours commence à lâcher prise…

Le boisseau de blé américain cotant au CBOT s’enfonce sous les 6 $ et devrait rejoindre une zone de support aux alentours de 5 $.

Les Indiens font grimper le cours du sucre
Enfin, concernant le marché du sucre, les opérateurs anticipent une aggravation du déséquilibre entre l’offre et la demande d’ici à la fin 2009. Afin de contrebalancer leur baisse de production, les Indiens (premiers consommateurs mondiaux) se voient contraints d’acheter cette denrée sur le marché international dès que le prix recule un peu.

Le cours du sucre cotant à New York sur l’ICE plafonne sous les 16 cents et un retour (pullback) sur la zone des 13,90/14 cents se profile. Les Indiens pourraient alors en profiter — et nous aussi, par le biais du Certificat Sucre Quanto.

[NDLR : Il est encore temps de profiter de cette recommandation exclusive ! Pour découvrir tous ses détails : ISIN, point d’entrée, cible, etc. – continuez votre lecture…]

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