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Les taxis autonomes arrivent à Shanghai

par Etienne Henri
shangai taxi autonome

Les Américains ne sont pas les seuls à travailler au véhicule autonome. Depuis quelques jours, les habitants de Shanghai voient de curieux véhicules sillonner leurs rues. Samedi 26 juin, l’opérateur de taxis Didi Chuxing (l’équivalent asiatique de Uber et de Lyft) a déployé plusieurs dizaines de taxis autonomes.

Les Shanghaïens peuvent désormais, en quelques clics dans l’application Didi, commander une course dans la proche banlieue de Shanghai et se faire transporter par un véhicule sans pilote.

Oserez-vous monter dans un taxi autonome ? 

Le débat entre la fiabilité des conducteurs humains et des véhicules autonomes ne date pas d’hier. Si les arguments des optimistes et des pessimistes sont désormais bien établis, la question est restée très théorique en Europe et aux Etats-Unis en l’absence d’offre commerciale.

Alors que l’on ne compte plus le nombre de startups californiennes, japonaises ou européennes qui ont déjà des véhicules de test en circulation sur les routes, le déploiement des taxis Didi est à marquer d’une pierre blanche dans la mesure où il fait passer cette technologie du champ de la R&D vers celui de l’exploitation quasi-commerciale. Si les courses en taxi autonome vont être, dans un premier temps, offertes aux voyageurs, il ne reste pas moins que les utilisateurs du service ne seront pas des bêta-testeurs triés sur le volet mais bel et bien des clients potentiels.

Dans ces véhicules dits de niveau 4, la totalité de la conduite est assurée par l’IA embarquée. L’opérateur qui est installé à la place du conducteur a pour seule mission d’agir en cas d’urgence.

le nouveau taxi Didi

La machine remplace l’humain pour presque tout dans les nouveaux taxis Didi
Crédit : Didi Chuxing

Vers un déploiement à grande échelle 

La présence d’un agent humain dans le taxi est une mesure de précaution qui a vocation à être temporaire. Dès que les taxis autonomes auront prouvé leur capacité à circuler en toute sécurité, rien ne sera plus simple que de supprimer ce poste de pseudo-conduite pour obtenir un véhicule totalement automatisé.

La gestion de la flotte sera alors pilotée à distance dans un centre de contrôle où chaque employé pourra surveiller des dizaines de véhicules. Selon Cheng Wei, fondateur et P-DG de Didi, l’entreprise a ouvert fin juin le premier site du pays. Dans ce quartier général, les employés sont chargés de surveiller l’état des routes, du trafic et d’apporter une assistance en cas d’accident ou de panne. Organisées comme si les taxis étaient déjà dépourvus d’opérateurs, les équipes monteront en charge au fur et à mesure de l’arrivée de nouveaux véhicules.

C’est avec cette stratégie de surveillance groupée que le véhicule autonome permettra à l’industrie du transport de sortir de l’ancien paradigme “1 client = 1 chauffeur” – une condition sine qua non pour que les opérateurs de flottes parviennent enfin à la rentabilité.

Quelles conséquences pour les investisseurs français ?

Avec la multiplication des déploiements et la fin des cycles de R&D, nous en savons un peu plus sur la manière dont la chaîne de valeur du transport de personnes autonome va s’organiser.

Les projets les plus avancés à ce jour sont ceux qui ont laissé à chaque acteur industriel l’occasion de travailler dans son domaine de compétence. Les initiatives “maison” comme celles portées par Google ou Apple ne sont pas encore parvenues à surmonter la montagne de problèmes qui sépare l’idée d’un véhicule autonome de sa mise sur le marché.

Les alliances industrielles progressent à grands pas

A contrario, les alliances industrielles progressent à grands pas. Derrière les véhicules autonomes de Didi se cachent des grands noms de l’industrie automobile comme Renault-Nissan, Toyota, Volvo, Bosch et Continental. Tous ces acteurs se sont regroupés dans une alliance pour mettre en commun leurs savoir-faire respectifs et concevoir une plateforme unique de mobilité autonome.

Le succès de Didi concerne donc directement nos champions occidentaux. Le retard des constructeurs européens qui peuvent sembler totalement à la traîne par rapport aux startups américaines et aux industriels asiatiques n’est qu’apparent. Ils travaillent en fait dans l’ombre de ces déploiements médiatisés par d’autres entreprises plus demandeuses de lumières médiatiques. Tandis que Didi profite de l’arrivée de ses taxis autonomes pour lever 500 M$ nécessaires à sa survie à moyen terme, les industriels européens fourbissent leurs armes et acquièrent en silence de l’expérience dans la réalisation de voitures autonomes.

Nous pouvons nous attendre, si les premiers taxis autonomes de Didi fonctionnent convenablement, à voir du jour au lendemain l’industrie automobile européenne (et y compris le Français Renault) sortir des véhicules autonomes que personne, en France, n’attend. Avec un marché estimé à 65 Mds$ par an dès 2027, ces nouvelles gammes offriront à nos constructeurs et leurs équipementiers un relai de croissance bienvenu.

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