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L’impression 3D atteint l’âge de raison

par Edern Rio

Qu’il est loin le temps des enthousiasmes démesurés pour les techniques d’impression 3D. Un observateur distrait pourrait presque penser que cette technique était une passade, alors que nous sommes probablement à la veille de sa généralisation. De plus en plus d’annonces permettent de penser que la technologie est en voie d’adoption à un niveau global. Elle sera un ingrédient essentiel de l’industrie 4.0.

La technologie qui devait (encore) changer le monde

Souvenez-vous. En 2014, l’impression 3D promettait de changer la face du monde en autorisant une organisation décentralisée de la production. Elle allait libérer les machines et les faires sortir des usines. On prophétisait une « usine dans chaque maison » ! Les fab labs et autres makerspaces essaimaient dans chaque ville, les citoyens allaient enfin s’emparer de la production. Hélas. Encore une fois, les possibilités techniques n’ont pas été saisies par la population. En vérité c’est surtout le pouvoir déformant des emballements médiatiques qui doit être mis en cause, car aussi bien au niveau citoyen qu’au niveau industriel, l’impression 3D continue de se banaliser.

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Les miracles de l’impression 3D chez les particuliers, un support pour des blagues de collégien.
I love you / Send nudes.
 

Des améliorations technologiques significatives

Après les désillusions liées à des espoirs trop grands, la fabrication additive séduit de plus en plus dans l’industrie. Plusieurs innovations récentes du secteur vont enfin la faire passer dans la sphère productive traditionnelle – qui pour sa part continue sa mue numérique.

Aujourd’hui l’impression 3D sert surtout au prototypage et à la fabrication de petites séries. Selon l’étude Dimension Research commandée par Essentium paru voici quelques jours, le coût technologique actuel est l’obstacle le plus fréquemment cité (42 %), suivi du coût des matériaux (35%), du manque d’évolutivité de la technologie actuelle (34 %) et de la faible fiabilité des pièces imprimées (31 %).

Pourquoi les choses pourraient-elles changer ? Comme l’indique ses utilisateurs industriels, l’impression 3D est lente et souvent coûteuse. Pourtant, la souplesse qu’elle permet est évidente. Avec elle vous pourriez lancer une ligne de production à partir d’un simple fichier de CAO, faire varier votre production en fonction des besoins. Bref, elle permettrait à l’industrie de devenir plus agile.

Si vous résolvez ces problèmes, vous pouvez espérer une adoption massive. Et c’est de plus en plus ce à quoi nous assistons.

D’une part, il est désormais possible de faire de l’impression additive avec du métal plus vite et pour moins cher qu’auparavant. D’autre part, la taille des pièces imprimées augmente ainsi que la rapidité. De plus, les machines permettant une impression mixte (métal + plastique) se généralisent et se perfectionnent.

Ainsi, de plus en plus d’utilisateurs pensent s’en servir pour de la production à grande échelle dans les années à venir. Dans la même étude, ils sont désormais 36 % à penser s’en servir pour une production ordinaire.

evolution usages impression 3D

Etude Dimension Research. Evolution des usages de l’impression 3D.
Les usages actuels demeurent stables (prototypage, petites séries, aide à la production).
Les usages liés à une production en grande série augmentent.

Le fait que l’entreprise Markforged ait levé 82 M$ récemment prêche pour cette idée. L’entreprise souhaite « permettre aux ingénieurs, aux inventeurs et aux fabricants d’imprimer des pièces de qualité industrielle à une fraction du temps et du coût des méthodes traditionnelles » annonçait le PDG dans le communiqué de presse suivant la levée de fonds.

L’impression 3D atteint le plateau de la production

Désormais, de nombreuses entreprises l’utilisent régulièrement dans leur process. Elle est de plus en plus utilisée dans le domaine de l’aérospatiale par exemple. Airbus imprime des milliers de pièces en 3D. Notre géant européen indique que ces technologies lui permettent de réduire les coûts de 50 % Boeing déclare que l’impression additive lui permet d’économiser 3 M$ par 787 Dreamliner.

Dans le secteur automobile également, l’impression 3D gagne du terrain. Et même les fabricants de chaussures y recourent de plus en plus. Adidas avait révélé en 2017 sa Futurecraft 4. Elle prévoyait d’en produire 100 000 l’année dernière.

FutureCraft Adidas impression 3d

La dernière née de la série FutureCraft de Adidas.
Source : Adidas.

Deloitte prévoit une augmentation du chiffre d’affaires de l’impression additive de 12,5 % par an sur les années à venir. Elle prévoit également que le métal pourrait devenir plus important que le plastique dès 2020. Ce premier est passé d’un part de marché de 88 % à 65 %.

chiffre d'affaires impression 3d

Projection d’évolution du chiffre d’affaires de la fabrication additive par Deloitte.
Source : Deloitte.

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