Accueil InvestirTendances Macro L'inflation s'installe. Quelles mesures prendre pour se protéger ?

L'inflation s'installe. Quelles mesures prendre pour se protéger ?

par Isabelle Mouilleseaux

Changement de décor. Après le risque déflationniste, l’inflation s’invite
L’inflation qui ravage déjà les pays fraîchement émergés, s’installe chez nous.

Elle affiche 8% en Inde, 7% en Indonésie, 4% en Corée, 6% en Russie, +/-5% en Chine… selon la méthode de calcul utilisée ! Et atteint aujourd’hui 4% en Grande-Bretagne. "Le double de l’objectif que s’est fixé la Banque centrale anglaise", nous dit le Financial Times.

Comme le dit Michel Didier sur Boursorama.com : "Sur les trois derniers mois connus, en rythme annualisé, la hausse des prix à la consommation atteint 4% dans la zone euro et aux Etats-Unis, 10% au Royaume-Uni, 7% en Chine, 9% au Brésil, 17% en Inde".

L’inflation est toujours prompte à sortir du tube dentifrice. Mais pour l’y faire rentrer à nouveau…

Comment en est-on arrivé là ?
A force de jouer aux apprentis sorciers, on ouvre la boîte de Pandore.

Notre ami Ben Bernanke arrose la planète finance d’argent qui, de fait, a de moins en moins de valeur. 1 000 milliards de QE1 (quantitative easing), puis à nouveau 600 milliards de QE2…

La Chine lui a largement emboîté le pas ces derniers mois. Sa masse monétaire croît fortement. C’est à celui qui fera tourner le plus vite sa planche à billets !

Or vous le savez : plus on imprime de billets, plus la valeur de la monnaie se déprécie ; et plus il faut de monnaie papier pour acheter des choses VRAIES. Concrètes. Réelles. Dont on a besoin pour vivre tous les jours.

Les coûts de production : indicateur avancé
Aux Etats-Unis, les coûts de production ont sensiblement augmenté, du fait de la hausse des matières premières. Et que s’est-il passé ?

La majorité des entreprises n’ont pas répercuté cette hausse sur le prix de vente final. Dit autrement, elles se sont assises sur leurs marges…

Ceci ne sera pas possible deux années de suite. Car si dans un premier temps elles "absorbent" le choc pour préserver leur compétitivité, elles ne peuvent le faire indéfiniment.

Tôt ou tard, la hausse des coûts se poursuivant, elles devront la répercuter sur le prix de vente. Et le compteur inflation s’affolera.

En Europe aussi…
La hausse des coûts de production industrielle est de 5,3%.

En Allemagne, la hausse des coûts de production atteint 5,7% en un an !

Les entreprises vont-elles réduire leurs marges ou répercuter la hausse sur les prix de vente ? Nous le saurons bientôt. Mais étant donné le coût du travail, les inévitables hausses des taxes à venir… — il faut bien payer notre dette ! — et la nécessité absolue d’exporter, je ne me fais guère d’illusion… Les prix trinqueront.

De la marge pour un surcroît d’inflation dans les pays émergents
La Chine affiche 6,6% de hausse des coûts de production sur un an en janvier !

Nos amis Chinois n’ont pas fini de voir l’inflation ronger leur épargne, et de se ruer sur les pièces d’or et d’argent physique…

Avec déjà des hausses de salaires explosives ces derniers mois en Chine, les entreprises sont prises en tenailles face à des coûts-matières qui s’envolent. Elles ne pourront pas indéfiniment compresser leurs marges.

Alors comment se protéger contre cette inflation émergente ?

Les investisseurs, comme les Chinois, ne sont pas dupes
Ils cherchent des solutions pour se protéger et en trouvent.

Ils se ruent sur les obligations indexées sur l’inflation. Objectif ? Protéger son capital de l’érosion monétaire induite pas la hausse des prix.

En France, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, l’encours de ce type d’obligations a doublé sur les cinq dernières années, avec une nette accélération ces derniers mois.

Ces obligations indexées sont-elles une bonne solution ?
Hummm…

C’était peut-être un bon plan il y a quelques mois, quand tout le monde criait à la déflation. L’inflation réelle ayant depuis largement dépassé les anticipations inflationnistes de l’époque, les acheteurs ont fait une bonne affaire. Mais aujourd’hui, c’est bien moins évident. L’effet rattrapage a eu lieu.

Méfiez-vous des obligations souveraines. Par les temps qui courent, mieux vaut opter pour les obligations d’entreprises sur des échéances courtes et oublier les souveraines, surtout sur les maturités lointaines.

Alors… Comment se protéger ?

Privilégiez le physique avant tout
A commencer par l’or bien sûr.

C’est l’une des meilleures couvertures contre le risque de destruction de patrimoine lié à la dépréciation de la monnaie papier et de l’inflation.

Ceux qui "ont chargé la mule" (comme dirait Simone Wapler) autour de 1 310 $ sont ravis. Revoilà l’or à 1 399 $. [NDLR : Découvrez le service de notre spécialiste des minières pour profiter de la hausse des matières premières à la source ! Grâce à elle, une poignée de lecteurs réalisent régulièrement des gains spectaculaires comme ces plus-values de 136% sur une minière or/uranium et 263% sur une minière or ! Pour viser vous aussi ce genre de gains : suivez le guide sans plus attendre…]

Mais il n’y a pas que l’or.

Le pétrole et le cuivre sont d’excellents outils de protection eux aussi.

D’une façon générale, tout ce qui est PHYSIQUE est efficace. Tout ce qui est TANGIBLE, REEL, concret. Qu’on ne peut "démultiplier à l’infini", par opposition aux monnaies papiers par exemple ou aux obligations d’Etat via le petit jeu du QE.

Méfiez-vous des actifs papier en période d’inflation
Le papier est encombrant ! Surtout quand on doit en porter de brouettées pleines pour aller acheter une baguette.

J’exagère… bien sûr. Sans compter que nous sommes à l’ère du tout numérique. Toujours les souvenirs de ma grand-mère qui remontent…

Venons-en à l’immobilier
Parfait pour vous protéger de l’inflation. Mieux, si vous vous êtes endetté, l’inflation vous permettra de rembourser en monnaie de singe votre banquier.

Mais attention. L’immobilier reste cher en France, surtout à Paris.

Attendez. La remontée des taux longs devrait faire baisser les cours. Mathématiquement.

Et n’oubliez pas : critère de choix numéro un : l’emplacement. Toujours.

Gros inconvénient de l’immobilier : impossible de le déplacer. Donc super taxable.

Or il ne fait pour moi aucun doute que nous serons lourdement taxés dans les années à venir. L’immobilier n’y échappera pas. C’est malheureusement un mouton tellement facile à tondre ! Quel gouvernement peut y résister ?

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