Accueil A la une LPWAN et Internet des objets : plusieurs normes pour une même fonction

LPWAN et Internet des objets : plusieurs normes pour une même fonction

par Etienne Henri
LPWAN

Nous avons vu hier que l’émergence de réseaux à longue portée et basse consommation (LPWAN) va permettre l’arrivée de nouveaux objets connectés, notamment dans le domaine industriel, agricole et scientifique.

Ce marché naissant, à la clientèle peu nombreuse mais très solvable, attire la convoitise de nombreux opérateurs qui tentent d’imposer leur technologie maison.

Nous sommes encore aux prémices de l’adoption de ces technologies, et cette phase est caractérisée par une grande fragmentation technologique.

Structure d’un LPWAN 

Quelle que soit la technologie sur laquelle ils se basent, les LPWAN (pour Low Power Wide Area Network, réseau de grande distance basse consommation) ont tous globalement la même structure.

Les objets connectés envoient, par onde radio longue portée et faible fréquence, un paquet de données vers une antenne dont l’éloignement peut aller jusqu’à 40 km. Cette antenne, reliée à Internet tel que nous le connaissons, assure la conversion des données reçues vers des données TCP/IP exploitables par n’importe quel ordinateur. Elles sont alors transmises aux serveurs de l’entreprise qui gère le service, et peuvent enfin être consultées, après traitement, par l’utilisateur final au moyen de n’importe quel ordinateur ou smartphone.

reseaux LPWAN

Schéma des réseaux LPWAN. Source: Wikipedia.

Généralement, un objet connecté qui choisit tel ou tel réseau embarquera une électronique (hardware) et du code informatique (software) dédiés.

Cela signifie que tout choix de réseau lors de la conception de l’objet connecté est définitif. Les enjeux de la guerre d’adoption qui a lieu actuellement sont donc colossaux, et chaque opérateur tente d’imposer sa technologie et ses services en espérant devenir la référence du LPWAN.

NB-IoT : le changement dans la continuité

Les enjeux de la guerre d’adoption qui a lieu actuellement sont donc colossaux.

NB-IoTLa technologie NB-IoT (pour Narrowband Internet of Things), normalisée par le consortium des opérateurs téléphoniques 3GPP, consiste en l’utilisation des réseaux téléphoniques actuels à des fins de communication longue portée et basse consommation.

Comme un SMS emprunte le réseau mobile pour transiter sans pour autant utiliser les mêmes ressources que les appels vocaux, les données NB-IoT peuvent être envoyées vers les antennes 4G voire 5G et être redistribuées sur Internet.

L’intérêt du NB-IoT n’est bien sûr pas d’utiliser les débits et la réactivité de la 4G, très consommateurs d’énergie, mais simplement de réutiliser une infrastructure existante pour limiter les coûts de déploiement.

L’utilisation de cette technologie est bien évidemment recommandée par les équipementiers historiques de la téléphonie mobile ; Qualcomm et Texas Instruments fournissent déjà des modems NB-IoT et de nombreux soutiens techniques aux entreprises qui souhaiteraient les intégrer à leurs objets connectés.

LoRa : les indépendants se lancent dans la course

LoRaSi les réseaux LPWAN basés sur des antennes 4G ont une longueur d’avance vu l’effort de maillage du territoire déjà entrepris, il reste toutefois de la place pour les solutions indépendantes.

Chaque antenne LPWAN pouvant couvrir une zone de plusieurs centaines de kilomètres-carrés, le déploiement d’un nouveau réseau propriétaire peut s’avérer économiquement rentable s’il permet de s’affranchir des coûteuses licences demandées par les opérateurs historiques.

C’est ce pari qu’a fait l’américain Semtech (US8168501018 – SMTC) avec le rachat du grenoblois Cycleo en 2012 pour faire main basse sur sa technologie LoRa.

Le LPWAN LoRa est basé sur un matériel peu cher, chaque puce pour objet connecté ne coûtant que quelques dollars.

Le protocole réseau est ouvert, ce qui a de nombreuses conséquences techniques et économiques.

La première est que chacun peut, s’il le souhaite, installer sa propre antenne LoRa pour couvrir une zone donnée. Les industriels ne dépendent par conséquent plus de l’opérateur réseau pour couvrir leur zone d’activité : ils peuvent tout à fait installer une antenne stratégiquement placée sur leur site et profiter d’un LPWAN privé qui couvre leurs installations sur un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres.

Cette liberté permet à tout un chacun de créer son propre réseau LoRa, y compris pour des raisons commerciales, avec éventuellement son propre protocole de communication.

C’est ce que font Haystack Technologies et LinkLabs qui, s’appuyant sur le matériel Semtech, ont développé leur propre réseau et leur propre protocole. Ils permettent à leurs clients de conserver le matériel LoRa installé dans leurs objets connectés et de profiter d’une super-connectivité.

Semtech n’est bien sûr pas le seul acteur à avoir développé une offre verticale indépendante du réseau 4G existant. Il existe un autre acteur de renommée mondiale d’origine française que nous découvrirons dès demain : Sigfox.

Soyez le premier informé des dernières Opportunités Technos directement dans votre boîte mail

Articles similaires

Laissez un commentaire