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Avis de tempête sur les marchés émergents en 2014

par admin

L’année 2013 a vu un marché boursier dominé presque exclusivement par les politiques monétaires ultra-expansives des banques centrales. La politique des taux d’intérêt zéro (ZIRP) et les achats d’obligations (QE) ont provoqué un afflux d’argent dont une grosse partie est venue inonder les marchés financiers.

Cependant, sur les marchés obligataires, et pour la première fois depuis plusieurs années, on a pu constater les moins-values qui étaient tant redoutées. Les marchés boursiers en ont profité, à l’exception des marchés émergents (en EUR, Brésil -30% ; Inde -10%, etc.). Sur les marchés des métaux précieux, la tendance haussière ininterrompue depuis 12 ans a connu un fort retournement.

C’est sur les marchés financiers des plus grands pays émergents qu’ont eu lieu les plus fortes baisses de cours. La simple annonce d’un possible tapering du QE aux Etats-Unis a déclenché une importante sortie de fonds des marchés émergents. La limitation du QE commencera seulement en janvier et devrait être, en 2014, le principal facteur d’influence sur les marchés émergents.

Arctique 1

L’expérience aidant, les prévisions de l’OCDE concernant les pays émergents sont devenues beaucoup plus prudentes depuis mai 2013.

Dans ces pays, les rendements à long terme (voir graphique) ont considérablement augmenté, notamment dans ceux qui présentent un déficit élevé de la balance des comptes courants (Turquie, Afrique du Sud, Inde, Indonésie, Brésil).

Des « épisodes virulents »
En 2014, ces pays auront encore besoin de fonds étrangers pour financer leurs déficits. Mais comme la quantité de dollars diminuera de plus en plus sur le marché mondial courant de l’année, les rendements devraient encore augmenter et devenir un handicap pour leurs économies. Les taux de change de ces pays contre le dollar sont déjà considérablement sous pression, ce qui pourrait aussi entraîner des sorties de capitaux.

Voilà la principale raison pour laquelle l’OCDE prévoit dans ces pays des « épisodes virulents » qui pourraient affecter l’économie mondiale. La reprise reste donc « extrêmement fragile ».

Une étude de la Banque mondiale signée Barry Eichengreen et Poonam Gupta donne des résultats comparables. Les pays dont la monnaie a profité de l’afflux de capitaux générés par les QE et dont les déficits courants se sont creusés vont maintenant particulièrement ressentir les effets néfastes du tapering. Les taux directeurs resteront à pratiquement 0% dans les quatre principales monnaies, les banques centrales continueront une politique monétaire ultra-expansive, les achats d’obligations seront aussi maintenus en 2014, même si c’est à un moindre rythme.

Mais même cette légère inflexion pourrait suffire pour crever la bulle sur les marchés financiers dans les grands pays émergents. Cela souligne, encore une fois, le fort degré de dépendance des marchés financiers par rapport à la politique monétaire. Le ZIRP et le QE — qui sont depuis longtemps perçus comme les remèdes miracles contre la crise de l’économie mondiale — révèlent aujourd’hui leurs effets secondaires. Les réformes et la réduction de la dette publique excessive n’ont pas été poussées assez loin.

Conclusion
En 2014, les marchés financiers de certaines grandes économies émergentes risquent de se retrouver sous une pression encore accrue d’un point de vue fondamental et monétaire. Il faut réduire les engagements existants sur ces marchés pour éviter des pertes.

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