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Votre mémoire bientôt sur disque dur

par Tristan Guinot

Je me souviens de tout. Ma première rencontre avec elle, notre premier baiser, notre premier « Je t’aime », le jour où nous avons emménagé ensemble. Les moindres discussions, fou-rires, disputes…

Je m’en souviens, et je souris. Que de souvenirs…

Je vais vous faire une confidence : je suis quelqu’un de très nostalgique. A vrai dire, je me suis mis à reconnaître les meilleurs moments de ma vie, pendant qu’ils se déroulent. Parce que je me dis : « Voilà qui me fera sourire lorsque j’y repenserai dans quatre ou cinq ans. »

Mais j’aimerais également pouvoir partager ces souvenirs si précis. Or qu’aurai-je pour le faire ?

Quelques photos perdues sur un disque dur… Au mieux, une vidéo. Quelques bribes de la réalité de ces instants, incapables de restituer l’émotion qui me gagnait alors. Au fond je regrette de ne pas pouvoir voyager dans le passé.

Y voyager, non. Le télécharger, peut-être… Car la nostalgie s’est peut-être trouvé un  allié dans les nouvelles technologies.

Bienvenue dans l’univers de la Deep Brain Stimulation

Selon Laurie Pycroft, chercheur à l’université d’Oxford dans le domaine de la neurochirurgie, vous pourriez, dans un futur proche (disons en 2040), « partager » une sélection de vos souvenirs de vacances avec vos amis plutôt que de les leur raconter en leur montrant des photos.

Comment cela pourrait-il devenir possible ? La technologie s’appelle la stimulation cérébrale profonde (Deep Brain Stimulation – DBS). Il s’agit d’implanter dans le cerveau des électrodes connectées à un boitier qui délivre des impulsions électriques de faible intensité. Les engins qui servent à mettre en œuvre ces traitements s’appellent des Implantable Pulse Generator (IPG).

Cette technologie existe déjà dans le domaine médical… et a donné des résultats dans le traitement de la maladie de Parkinson. La FDA, dont nous vous parlons souvent, a même autorisé des traitements basés sur cette technologie au fabricant de matériel médical Boston Scientific (US1011371077 – BSX) fin 2017.

  L’Implantable Pulse Generator de Boston Scientific qui sert au traitement de la maladie de Parkinson. Source : Boston Scientific.

Sur le mode expérimental, les IPG sont actuellement explorée pour traiter des troubles nerveux comme le syndrome de Tourette, la dépression, voire la maladie d’Alzheimer.

Les médecins ne sont pas les seuls à s’y intéresser. L’agence de recherche des forces armées américaines, la DARPA, y travaille également et est parvenu à améliorer la mémoire courte de patients.

En continuant sur cette lancée, il devient possible d’imaginer une prothèse implantée dans le cerveau, qui vous donnerait une « super-mémoire » et enregistrerait les impulsions électriques qui le traversent.

Mais il y a plus encore… Cette prothèse pourrait, selon votre volonté, supprimer des événements traumatiques de votre mémoire. Vous n’auriez également plus à craindre Alzheimer, si vos souvenirs pouvaient être sauvegardés.

Et si nous pouvons enregistrer ces souvenirs directement depuis le cerveau, nous pouvons également les retransmettre.

Informatique et neuroscience ne sont plus très loin de ces possibilités. En tout cas, plusieurs laboratoires y travaillent. Tout comme nous sommes en train de cartographier l’ensemble du génome humain, il suffirait de craquer le code du fonctionnement neuro-électrique du cerveau !

Qui dit numérisation, dit piratage

Mais toute grande avancée scientifique comporte des risques. On parle ici de « piratage » de mémoire, de vol de données neurologiques, de contrôle de la pensée d’autrui, de manipulation des masses, de réécriture de l’Histoire…

Tout cela fait froid dans le dos, n’est-ce pas ? Et les sociétés de cybersécurité ne s’y trompent pas.

Kaspersky Labs est fortement intéressée par le sujet. C’est elle qui organisait à la fin du mois de janvier une conférence à Barcelone à ce sujet. Elle a diffusé cette vidéo futuriste où elle présente les avancées des interactions digitalisées avec le cerveau et avertit sur les risques qui y sont liés.

Vidéo de Kaspersky (en anglais). Où l’on apprend que l’anti-virus russe travaille déjà sur les menaces liées au piratage de la mémoire. Source : YouTube/Kaspersky Labs.

Tout cela parait délirant, mais la génération née en 1900 vous aurait dit la même chose en ce qui concerne la télévision ou la téléphonie telle que nous la connaissons actuellement, Et pourtant, ces merveilles technologiques existent bel et bien.

Boston Scientific, une entreprise leader dans le domaine des implants

Mais revenons sur terre pour jeter un œil au cours de l’action de Boston Scientific (US1011371077 – BSX), qui ne travaille évidemment pas que dans ce domaine de pointe. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les affaires semblent bien se porter.

L’action a encore bondi fin janvier quand les résultats de l’entreprise ont battu les attentes des analystes. Le PER est actuellement de plus de 33. Un niveau dangereux dans la situation actuelle, mais faites-nous confiance nous reviendrons sur cette pépite des medtechs américaines plus en détails afin de vous donner notre sentiment sur ce placement.

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