Accueil Energies et transports Mobilité propre : le pari gagnant d’Alstom

Mobilité propre : le pari gagnant d’Alstom

par Etienne Henri
Diesel, électrique ou hydrogène ? Rien ne ressemble plus à un Coradia qu'un Coradia zéro carbone. Photo : Alstom

[La transition écologique redonne aujourd’hui ses lettres de noblesse au transport ferroviaire. Il faut dire que longtemps handicapé par de nombreux problèmes (retards et infrastructures vieillissantes) et des concurrents plus rapides, mais plus polluants, le train n’était pas très à la mode. Et nous devons cette avancée au zéro carbone ! Le futur du transport s’annonce propre et avec le logo d’Alstom.]

 

Bien peu d’investisseurs ont conscience, aujourd’hui, du succès des acteurs du ferroviaire.

Moins flexibles que de sauter dans sa voiture, moins rapides que l’avion, les voyages en train ont, il faut le dire, mauvaise presse. Même le TGV, réputé internationalement pour son confort, sa rapidité et sa sécurité, est plus souvent cité par ses utilisateurs pour son tarif élevé et ses retards que pour ses qualités intrinsèques.

Pourtant, le transport ferroviaire est d’une résilience à toute épreuve. Entre l’an 2000 et 2017, la SNCF a augmenté de 35 % le nombre de voyageurs-kilomètres assurés. En nombre de voyageurs transportés, la hausse atteint même les 50 %. Sur la même période, les voitures particulières ont subi une maigre hausse du nombre de passagers-kilomètres (+8 %), et le transport aérien métropolitain un famélique +1,9 %.

Rapporté à l’évolution de la population (+9,6 % sur la période), les faits sont formels : depuis vingt ans, les citoyens ont stabilisé leurs déplacements en voiture, réduit l’utilisation d’avion pour les courtes distances, et largement plébiscité le train.

Parmi les entreprises qui profitent de ce phénomène peu médiatisé se trouve un de nos fleurons français : Alstom.

Une tendance durable

Le recours croissant au train pour les déplacements que nous constatons depuis les années 2000 devrait encore s’accélérer.

Il y a quelques jours était actée une des dispositions phares préconisées par la Convention citoyenne pour le climat : l’interdiction des vols intérieurs lorsqu’il existe une alternative ferroviaire de moins de 2h30.

Cette nouvelle loi conduira à la fermeture de nombreuses lignes intérieures françaises, et leur nombre pourrait encore augmenter si le seuil devait être monté, comme le réclame l’association de consommateurs UFC Que Choisir, à 4h. Une telle décision, couplée à l’interdiction d’embarquer sur un vol intérieur pour les passagers sans transit à l’international, signerait l’arrêt de l’aviation métropolitaine.

Pour ces déplacements se comptant en centaines de kilomètres, l’usage de la voiture n’est pas des plus adaptés et les voyageurs se reporteront massivement vers les alternatives ferrées.

En parallèle, la multiplication de incitations à la mobilité en commun se constate dans le renouveau des lignes régionales. Plus courtes et moins chères que le TGV, elles sont parfaitement adaptées aux déplacements du quotidien qui représentent la majorité des kilomètres parcourus.

Quand le train régional devient propre

Les lignes à grande vitesse sont déjà électrifiées et donc potentiellement décarbonées lorsqu’alimentées par des centrales nucléaires ou des énergies renouvelables. Seuls les transports régionaux font encore figure de mauvais élèves.

Pour limiter les coûts d’entretien, les opérateurs ferroviaires ont fait, ces dernières années, la part belle aux rames diesel dont le bilan carbone, à moins d’être remplies de voyageurs, n’est pas forcément plus favorable que des déplacements en véhicule particulier.

Pourtant, malgré la multiplication des commandes de trains roulant au diesel, Alstom a parfaitement anticipé le virage de la transition énergétique. Sa plate-forme Coradia, très prisée en Europe, se décline désormais en motorisation thermique, électrique, bimode et à hydrogène.

Diesel, électrique ou hydrogène ? Rien ne ressemble plus à un Coradia qu'un Coradia zéro carbone. Photo : Alstom

Diesel, électrique ou hydrogène ? Rien ne ressemble plus à un Coradia qu’un Coradia zéro carbone. Photo : Alstom

Cette simplification de la gamme a permis au constructeur de mutualiser de nombreux coûts de développement, et permet aux opérateurs d’envisager sans crainte la bascule des flottes de rames du thermique vers les motorisations propres.

C’est exactement ce qui est en train de se passer. Les contrats portant sur le développement et la fourniture de rames zéro carbone se multiplient depuis quelques mois. Les phases de test, de plus en plus nombreuses, se transforment désormais en commandes fermes.

Pluie de commande sur le Coradia vert

Lorsque les premiers tests de Coradia iLint à l’hydrogène ont débuté en Allemagne et en Autriche, le programme faisait figure d’ovni, voire de greenwashing pour les analystes les plus sceptiques.

Pourtant, après avoir parcouru plus de 200 000 km sur ces lignes, les trains à hydrogène Alstom ont convaincu les pouvoirs publics et le carnet de commande du constructeur contient, à ce jour, plus de 40 exemplaires en attente.

Même la France, dont la modernisation des réseaux régionaux fait souvent figure de parent pauvre par rapport aux investissements dans le TGV, vient d’emboîter le pas à ses voisins.

La SNCF vient de commander, pour les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est et Occitanie, douze trains bi-mode électrique/hydrogène. Sur les lignes disposant de caténaires, ils pourront rouler reliés au réseau. Sur les lignes non électrifiées (qui représentent la moitié des lignes opérées par la SNCF), ils utiliseront leur pile à combustible et leur réservoir d’hydrogène pour circuler en toute autonomie sur plus de 600 km – de quoi assurer de nombreux aller/retours régionaux avant de devoir se ravitailler.

Ces contrats autour du train à hydrogène, qui se chiffrent déjà en centaines de millions d’euros, ne sont pourtant qu’une petite partie de l’activité verte du constructeur.

Récemment, le Danemark a signé avec Alstom un contrat portant sur la fourniture de plus de 100 rames électriques pour un montant record de 2,7 Mds€. Signe que la transition énergétique s’accélère, leur livraison devrait débuter d’ici trois ans et s’étaler sur cinq ans seulement.

Le royaume, bon élève de la transition énergétique puisqu’il couvre depuis 2019 75 % de sa consommation d’électricité par des énergies renouvelables, exprime ainsi toute sa confiance dans les solutions propres d’Alstom. Pas question de simplement ajouter les rames propres à sa flotte : Danske Statsbaner (DSB, l’équivalent de notre SNCF) va jusqu’à remplacer des rames diesel fonctionnelles par leurs successeurs zéro carbone.

Avec encore près de 5 000 trains diesel en fonctionnement en Europe, le marché d’Alstom sur ce segment est colossal. Pas étonnant que les investisseurs s’arrache la valeur qui semble, depuis cinq ans, ignorer toutes les crises et les cycles boursiers.

Alstom action cours

Pour ses actionnaires, Alstom a apporté cinq ans de bonheur dans un environnement boursier pourtant chahuté.

Soyez le premier informé des dernières Opportunités Technos directement dans votre boîte mail

Articles similaires

Laissez un commentaire