Accueil Energies et transports La mobilité propre ne connaît pas la crise

La mobilité propre ne connaît pas la crise

par Etienne Henri
boom voiture électrique

En Europe, les ventes de voitures sont en chute libre. Les chiffres des constructeurs automobiles font grise mine. Le marché est tombé sur un plus-bas de 30 ans, et la tendance ne devrait pas s’inverser… Est-ce la fin de la voiture individuelle ? Non. Un simple changement de paradigme. La mobilité urbaine se réinvente. Véhicules électriques, autonomes – et même volants – ont la cote…

Le marasme économique plombe les ventes des constructeurs automobiles. L’année passée, en Europe, les ventes de voitures se sont élevées à 9,7 millions d’unités seulement, en baisse de 2,4 % par rapport à 2020. Le marché a plongé à son plus bas niveau depuis plus de trente ans, et la tendance à la baisse se prolonge sur 2022…

Les solutions de mobilité propre ne connaissent pas la crise

En effet, au premier trimestre, cette année, en Europe toujours, les ventes ont péniblement atteint les 2,24 millions, en chute de 12,3 % par rapport à 2021. Pire encore, la baisse s’accélère au mois d’avril avec un marché qui a encore dévissé de 22,6 % avec seulement 108 723 immatriculations dans l’Hexagone. Par rapport à 2019, la contraction dépasse les 42 %.

Est-ce la fin de la voiture individuelle ? Peut-être, pour ce qui est des motorisations thermiques. En revanche, les solutions de mobilité propre, elles, ne connaissent pas la crise.

Véhicules de plus en plus autonomes, totalement électriques – et même volants – ont connu un trimestre remarquable. Plus qu’un secteur en fin de vie, la mobilité urbaine est simplement en train de se réinventer autour d’innovations technologiques majeures.

Les voitures électriques de record en record

Les chiffres de ventes des véhicules propres sur le premier trimestre viennent de tomber, et ils font mentir les déclinistes qui voient, dans la baisse des immatriculations constatées ces deux dernières années, la fin de l’automobile.

Si la contraction des ventes de véhicules thermiques ne fait aucun doute, les ventes de véhicules électriques vont de record en record. Selon les chiffres compilés par l’analyste Matthias Schmidt, 546 000 voitures 100 % électriques et hybrides rechargeables ont été vendues en Europe de l’Ouest sur les trois premiers mois de 2022. Sur l’ensemble de l’Europe, l’Association des constructeurs automobiles européens (ACEA) a recensé pour sa part 562 000 ventes.

A l’échelle du continent, les véhicules propres représentent désormais plus de 18 % du marché automobile, et cette proportion monte jusqu’à 22 % en Europe de l’Ouest. Plus impressionnant encore, la part des véhicules 100 % électriques a bondi. Alors que le segment des véhicules propres était, jusqu’ici, dominé par les hybrides qui représentaient plus de la moitié des ventes, les motorisations totalement électriques ont représenté 316 900 ventes, en hausse de +59 % par rapport au premier trimestre 2021. Elles comptent désormais pour plus de la moitié des ventes, dans une tendance qui devrait encore aller en s’accélérant.

Le marché français se modernise

Dans la course à l’électrification, la France est dans la moyenne européenne. Les 365 360 voitures électriques vendues durant le premier trimestre 2022 représentent 11,9 % du marché, et les hybrides s’arrogent encore 8,1 % des ventes. Le modèle phare tricolore, la Zoe, commence à accuser son âge et voit ses ventes s’éroder de -7 % sur un an. Le groupe Renault compte beaucoup sur l’arrivée de la Megane électrique, dont les précommandes ont dépassé les 10 000 exemplaires pour retrouver la première place de vendeur de voitures électriques.

La surprise pourrait toutefois venir de l’Ami, petite citadine sans permis de Citroën, qui bat des records. Selon le constructeur, ce sont déjà plus de 20 000 exemplaires qui ont trouvé preneur. Avec son positionnement décalé en termes de design, de performances et de canaux de vente (vous pouvez la trouver à la Fnac ou chez Darty), l’Ami a touché un marché peut être moins solvable, mais bien plus profond que celui des acheteurs potentiels de Tesla.

voiture Ami Citroën

En matière de mobilité, les succès ne sont pas toujours là où on les attend. Après la Zoe, l’Ami devient la coqueluche des conducteurs (photo : Citroën)

Avec un éventail toujours plus large de modèles disponibles, les options ne manquent pas pour les acheteurs. Et l’expérience de nos voisins européens nous permet d’anticiper une poursuite de la tendance à l’électrification.

Bien loin de s’être heurtée au plafond de verre que craignent certains analystes, la voiture propre a poursuivi sa croissance dans les pays du nord – où le climat est pourtant difficile et les distances à parcourir significatives – jusqu’à dominer le marché de l’automobile.

En Suède, le taux de pénétration des voitures dépasse désormais les 53 %. Dans la Norvège voisine, elle s’approche des 90 %. Même en Allemagne, pays où posséder une grosse berline thermique est un marqueur social depuis des décennies, la voiture électrique continue sa croissance. Au mois d’avril, les véhicules rechargeables ont dépassé les 24 % de parts de marché, dépassant les moteurs diesel (20 %). En additionnant modèles 100 % électriques, hybrides rechargeables et hybrides thermiques, la part des véhicules à faibles émissions a atteint 43,7 % outre-Rhin.

L’Allemande autonome arrive sur les routes

Il y a quelques jours, le groupe Mercedes-Benz a officialisé son offre de voitures autonomes de nouvelle génération. Depuis le 17 mai, le Drive Pilot est proposé, comme option, aux acquéreurs de Mercedes compatibles. Pour 5 000 €, les conducteurs de S-Class (7 430 € pour la Mercedes EQS) profiteront de la première voiture européenne autonome de niveau 3.

Leur véhicule sera capable de contrôler sa vitesse, freiner et suivre les voies de circulation en toute autonomie. La seule obligation qui incombera encore au conducteur sera d’être capable de reprendre le volant en cas de besoin.

Drive Pilot Mercedes

Le Drive Pilot promet des trajets reposants, surtout sur les longs parcours autoroutiers ou dans les embouteillages (photo : Mercedes)

Des taxis volants en région parisienne 

Vous laisser conduire par une voiture vous semble trop banal ? Vous vous réjouirez d’apprendre que les premiers vols expérimentaux du taxi volant Volocopter ont été couronnés de succès. Fin mars, l’aérodrome de Cormeilles-en-Vexin, près de Cergy-Pontoise, a été le théâtre d’un vol historique durant lequel un Volocopter 2X a effectué une série de décollages avec pilote.

Le Volocopter

Le Volocopter 2 s’est envolé en région parisienne (photo : Volocopter/Twitter)

L’appareil est monté entre 25 et 50 mètres de haut afin de vérifier à la fois ses performances en vol et, point de vigilance majeur des autorités, le niveau des nuisances sonores lorsqu’il est près du sol. Des ingénieurs de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), Bruitparif et de l’ONERA vont profiter de la campagne de tests pour élaborer les standards de bruits qui seront applicables à tous les constructeurs. Car si Volocopter fait figure de pionnier, pas moins de quelque 30 entreprises ont été sélectionnées dans le cadre du programme de développement de la filière des « véhicules électriques à décollage et atterrissage vertical », porté par le groupe ADP, la RATP et la région Ile-de-France.

Moins de deux après l’annonce du projet, le pari fou de la région de disposer de taxis volants pour les JO semble plus accessible que jamais. En voiture électrique, autonome, ou en taxi volant, les modes de déplacement ne vont pas manquer dans les prochaines années.

Soyez le premier informé des dernières Opportunités Technos directement dans votre boîte mail

Articles similaires

1 commentaire

Gruet 15 juin 2022 - 9 h 00 min

Bonjour.
J’ai un peu de mal à comprendre comment va s’harmoniser la conduite autonome de niveau 3 avec le comportement presque généralisé des conducteurs français, lesquels sur autoroute violent délibérément la limitation à 130, changent de files constament, collent le véhicule qui les précède pour le contraindre à se ranger, même si celui-ci roule à 130. Il me semble qu’il y a beaucoup de chemin culturel à faire dans ce pays pour assoir le succès de la conduite autonome, laquelle me parait diamétralement opposée à ce que recherche la plupart des gens quand ils sont au volant, c’est à dire de conduire et pas d’être conduit.

Reply

Laissez un commentaire

×

Powered by WhatsApp Chat

× Comment puis-je vous aidez ?