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Est-ce le moment de revenir sur le Brent ?

par admin

Pour la première fois depuis plusieurs mois, les cours du Brent sont passés en contango. Ce nom barbare désigne une situation où les prix spot sont passés sous les prix des futures, les contrats à terme. Ce croisement des prix signifie tout simplement que la demande immédiate pour le Brent est en train de décroître.

Le Financial Times a souligné que cette baisse allait probablement heurter de nombreux traders, qui suivent (« track ») les prix du pétrole avec des indices financiers. Toutefois, le quotidien de la City londonienne rappelle que cette configuration peut également être profitable aux traders capables de stocker du pétrole. Et de rappeler qu’en 2009, le trader Vitol avait profité d’une sous-valorisation de 2 $ à 3 $ des prix spot par rapport aux futures pour stocker du pétrole et le revendre plus tard avec une large plus-value.

Mon avis est que cette analyse vaut également pour les acteurs du pétrole exposés aux prix du Brent. Le marché du pétrole n’est pas homogène, divisé essentiellement entre les prix du Brent et du WTI. Alors que le WTI est remonté ces derniers mois, les majors implantées aux Etats-Unis sont remontées avec elle.

Je suis persuadé que les prix du Brent sont condamnés à repartir vers les 110 $. Je vous propose aujourd’hui de regarder quelles sont les sociétés qui en profiteront.

Cap sur la Grande-Bretagne !

La bonne santé du secteur fait chuter le Brent
Les traders sont allés un peu vite en concluant que la baisse des cours du pétrole est le résultat d’une « destruction de la demande ». C’est oublier comment se forment les prix du Brent. Comme tous marchés, les prix sont fixés pour représenter un point d’équilibre entre la demande… et l’offre.

Or le maintien des prix du Brent au-dessus des 110 $ le baril ces derniers mois s’explique aussi par les difficultés qu’ont rencontrées les producteurs de pétrole dans la mer du Nord. Les infrastructures de la zone, créées dans les années 1970 à l’époque de la découverte des gisements pétroliers en mer du Nord, commencent à se faire vieilles.

Par exemple, l’exploitation sur le champ de Buzzard, en mer du Nord, a été constamment perturbée par des problèmes techniques. Or le champ pétrolier de Buzzard est le principal champ de pétrole qui constitue le gisement de Forties, un des principaux, avec Ekofisk et Oseberg, à partir desquels les prix du Brent se forment.

Or cette année, la production sur Buzzard ne s’est pas arrêtée une seconde, approvisionnant correctement le marché. C’est une des explications à la baisse des prix.

Un ralentissement de la demande momentanée
L’autre explication qui semble convaincre les analystes concerne plus classiquement un ralentissement de la demande. L’OPEP a revu en mars dernier à la baisse la demande la demande pour son pétrole, à 29,7 millions de barils par jour. Il s’agit du niveau le plus bas depuis 2009.

Pour l’agence Agence internationale de l’énergie, cette baisse s’explique par la reprise qui ne s’est pas confirmée en Chine, le ralentissement économique en Europe, et la perspective de coupes budgétaires aux Etats-Unis. Pourtant cet épisode de ralentissement n’entame en rien les perspectives à long terme pour le pétrole.

  • Côté offre, les problèmes de sécurité en Afrique du Nord et au Moyen-Orient ont plutôt tendance à s’aggraver. De même, les pays de l’OPEP, au premier rang desquels l’Arabie Saoudite, ont clairement fixé que les 100 $ le baril était le seuil plancher des prix du pétrole. Enfin, une chute prolongée des prix du Brent limiterait l’exploitation des gisements les plus chers, type gisements offshore, ce qui limiterait à moyen terme la production.
  • Côté demande, les pays asiatiques, malgré le ralentissement mondial, n’affichent pas de baisse de leur demande. J’en veux pour preuve les prévisions de l’OPEP selon qui la Chine devrait dépasser les Etats-Unis en 2014 au rang de premier importateur de pétrole au monde. L’influence du pétrole de schiste joue cependant un rôle dans ce croisement. Pour les investisseurs qui voudraient profiter de la révolution du pétrole de schiste aux Etats-Unis, Matières à Profits est entré cette semaine sur une des valeurs les plus prometteuses du secteur. Installée au coeur du Texas, cette petite productrice est déjà en train de décoller dans grâce à la révolution des « shale oil ».

La chute du Brent est donc une bonne opportunité de rentrer sur le marché à peu de frais. J’ai repéré pour vous une idée d’investissement originale, la Grande-Bretagne.

God save the oil !
Il n’y a pas que les infrastructures dans la mer du Nord qui soient fatiguées, les gisements sont également en train de s’épuiser. Les principaux gisements dans ce secteur ont été découverts dans les années 1970. Par leur dimension, ils ont tout de suite attiré les majors du pétrole. Ainsi BP fut un des premiers à profiter de ces ressources. C’est la major britannique qui découvrit par exemple le champ de Forties en octobre 1970.

En 2003, signe de la fin d’un cycle, la major vendait son gisement à la société Apache pour 667 millions de dollars. Celui-ci était censé contenir encore 144 millions de bep (baril équivalent pétrole) en réserves prouvées. Depuis, Forties a produit 190 millions de bep, et posséderait encore 130 millions de bep.

L’explication est moins humiliante pour BP qu’on ne l’imagine. La taille des gisements de mer du Nord correspond désormais davantage à des pétroliers de taille moyenne. Spécialisés dans les petits gisements ou les ceux en fin de vie, ils possèdent les techniques pour récupérer encore plus de pétrole qu’une grande major comme BP.

Mon conseil
La société Apache (APA:NYSE) a été une des gagnante des années 2000. Son cours a grimpé de 230% entre 2003 et 2010. Aujourd’hui, de nombreuses sociétés pétrolières de taille moyenne se pressent à l’entrée de la mer du Nord pour récupérer les derniers barils de pétrole.

Plusieurs noms ont émergé ces derniers temps, comme Dana Petroleum (DH5 :XETRA), Talisman Energy (TLM:Toronto) ou encore Xcite Energy (LON:XEL). Des compagnies sont même venues d’Asie et du Moyen-Orient pour prospecter en mer du Nord, comme la compagnie nationale Kuwait National Petroleum.

Un dernier conseil cependant. Le Brent vient à peine de s’engager sur une tendance baissière, et l’arrêt de cette tendance fait encore débat chez les analystes. Pour Amrita Sen, analyste dans la firme londonienne Energy Aspects, « la porte des 100 $ voire en dessous est désormais ouverte ». Pour Goldman Sachs, à l’inverse, les cours du Brent devraient se reprendre, notamment du fait du niveau bas des stocks.

Ainsi je vous conseille de vous intéresser à ces sociétés qu’une fois que les cours du Brent seront stabilisés. Vous l’avez compris, je suis haussier à moyen terme sur le Brent.
[NDLR : Matières à Profits a sélectionné en février une valeur qui est en pôle position pour profiter de ce nouveau boum pétrolier. Pour plus de détails, vous pouvez vous abonner à Matières à Profits].

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