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Les valeurs techs s’enfoncent : où investir ?

par Etienne Henri
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Où s’arrêtera la baisse du NASDAQ 100 ? Le message du marché est clair : il ne s’agit pas d’un accident de parcours ou d’une correction temporaire. C’est une purge, une vraie. Un mouvement qui va nettoyer des valorisations devenues intenables. Et, si toutes les valeurs techs sont emportées, seules certaines auront le potentiel de rebondir…

L’érosion de l’indice NASDAQ 100, qui englobe les plus grandes valeurs technologiques, n’en finit plus. Après une chute de -10 % sur le premier trimestre, la correction dépasse désormais les -26 % depuis le 1er janvier. L’indice phare américain, qui avait porté le rebond post-COVID-19 des Bourses mondiales, les tire désormais vers le bas.

Avec cinq semaines de baisse ininterrompue, l’indice matérialise la pire série baissière depuis novembre 2012. Plus question « d’acheter les creux », il est désormais temps de protéger son patrimoine !

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La baisse du NASDAQ 100. Du jamais vu en 10 ans (Infographie : Investing.com)

Le message du marché est clair : il ne s’agit pas d’un accident de parcours ou d’une correction temporaire, mais d’une véritable purge qui va nettoyer des valorisations devenues intenables. Dans ce mouvement de baisse, toutes les valeurs sont emportées, mais seules certaines d’entre elles auront le potentiel de rebondir…

Les investisseurs aguerris reprennent le contrôle

La vague de liquidités apportée par les Robinhood Investors touche à sa fin. Pour rappel, ces novices ont débarqué sur les marchés sans rien connaître de l’investissement. Et, sans ce flot d’argent naïf prêt à soutenir n’importe quel dossier, les marchés plongent.

Comme tout mouvement boursier, la correction aura une fin. Mais le rebond du NASDAQ ne sera pas porté par les valeurs privilégiées depuis 2020, car il sera alimenté par l’argent intelligent et non par des nouveaux venus… Les investisseurs aguerris reprennent le contrôle, les Robinhood Investors quittent le navire.

Selon les statistiques des courtiers, les investisseurs particuliers avaient un comportement particulièrement moutonnier depuis deux ans. Ils s’échangeaient entre eux les mêmes valeurs jour après jour, mois après mois, alimentant ainsi un jeu spéculatif à somme nulle.

actifs les plus tradés Degiro

Charmés par Elon Musk, les investisseurs d’Europe s’échangent entre eux des actions Tesla. Ici, les actions les plus échangées par pays en 2021 chez Degiro (Infographie : Degiro)

Si les particuliers novices se retirent de la Bourse – par lassitude ou tout simplement parce que l’inflation a rongé leur capacité d’épargne –, ce jeu de chaises musicales va cesser aussi vite qu’il avait commencé. Plus question, donc, d’acheter indistinctement les valeurs stars sous prétexte qu’elles ont perdu 10 % ou 20 % sur un trimestre. Il faut revenir aux fondamentaux des investissements boursiers.

Cette fois-ci, ce n’est (toujours) pas différent

Selon un adage boursier, la manière la plus sûre de prévoir une perte est lorsqu’un investisseur claironne que « cette fois-ci, c’est différent ». La nature humaine et les sociétés ne changeant pas, toute thèse d’investissement basée sur un bouleversement fantasmé des priorités est vouée à l’échec.

Cela s’est vérifié au XVIIe siècle lorsque les investisseurs hollandais ont acheté des bulbes de tulipes plus cher que des maisons, en pensant que leur prix augmenterait encore.

Cela s’est vérifié au XVIIIe siècle, en France, lorsque les citoyens pensaient que la Compagnie du Mississippi, du fait de son monopole du commerce dans les colonies d’Amérique du Nord et des Indes orientales, avait une valeur infinie.

Cela s’est vérifié lors de la bulle Internet lorsque les investisseurs technologiques ont cru qu’une entreprise n’avait pas besoin d’être rentable si tant est qu’elle avait un site web.

Les Robinhood Investors, qui ont cru qu’il suffisait que les particuliers utilisent les services d’une entreprise durant une pandémie pour que celle-ci soit pérenne, sont en train d’apprendre la même leçon.

De fait, la baisse du NASDAQ 100 n’est qu’un signal synthétique de la défiance qui touche les valeurs technologiques. Au niveau mondial, c’est tout le compartiment qui est touché. Si la chute de l’indice phare était initialement la conséquence – et non la cause –, du retrait des capitaux, un dangereux effet boule de neige où « la baisse appelle la baisse » est en train de s’enclencher.

Le Titanic coule : où sont les canots de sauvetage ?

C’est un fait : l’indice technologique, que l’on disait insubmersible, prend l’eau. Pour les investisseurs, la question est désormais de savoir comment protéger son patrimoine.

Ce que les nouveaux venus qui ont rejoint récemment la Bourse ignorent, c’est que toutes les chutes ne se soldent pas nécessairement par un rebond. Lors du krach des dot.com, toutes les valeurs ont baissé mais seule une poignée d’entre elles ont rebondi…

Parmi les stars de la tech du début des années 2000, bien peu ont connu 2010. Il en sera de même pour les stars de 2020.

Le critère qui permet de séparer les futures faillites des entreprises pérennes est toujours le même : la capacité à générer du cash en l’absence d’actionnaires. Warren Buffett conseille de n’acheter que « des actions que vous seriez content de conserver si les marchés fermaient demain pour dix ans ». Ce critère oblige à n’investir que dans des entreprises capables de survivre sans injection d’argent de la part des actionnaires.

Ce n’est évidemment pas le cas des Peloton, Lucid Motors ou encore Palantir, qui ont respectivement perdu 338 M$, 1 045 M$ et 520 M$ en 2021.

Alors que leurs actions étaient très prisées des investisseurs au printemps dernier, elles ont perdu respectivement, depuis leurs plus-hauts de 2021, -88 %, -65 % et -71 %. Autant dire que les investisseurs ont été plumés, et qu’ils ne retrouveront pas leur mise de sitôt. (Si tant est que ces entreprises survivent à un cycle de hausse des taux d’intérêts.)

Peut-on encore investir dans la tech ?

La bonne nouvelle pour les investisseurs particuliers est que ce coup de balai dans les valorisations va, paradoxalement, enrichir certains actionnaires. Du fait de la corrélation entre toutes les entreprises d’un même secteur, les hausses comme les baisses sont simultanées lors des grands mouvements de marché. Aussi, même les entreprises les plus pérennes – y compris les plus rentables d’entre elles – se retrouvent actuellement emportées à la baisse.

Dans le monde du semi-conducteur, le géant TSMC, qui produit les processeurs les plus performants au monde et dont le carnet de commandes ne désemplit pas, a perdu -16 % depuis le 1er janvier. La plus avancée des entreprises de fonderies, dont la domination technologique et commerciale n’est plus à démontrer, est ainsi 12 % moins chère qu’il y a un an… Pourtant son chiffre d’affaires a progressé de +17 % sur la même période.

TSMC n’est bien sûr qu’un exemple, et le monde du semi-conducteur regorge d’entreprises dont le cours est sous pression pour des questions sectorielles. Certaines valeurs ont même connu une si forte hausse de leur activité pendant que leur valeur boursière consolidait qu’elles servent désormais un rendement supérieur à 7 % et qu’elles se payent moins de 15 fois les bénéfices. De tels joyaux se trouvent dans tous les métiers de la tech.

Il est donc possible, pour les investisseurs qui prennent la peine d’étudier les comptes des entreprises, d’investir à bas prix dans des entreprises au potentiel et au rendement alléchants. Mais pour les novices, qui se contentent de spéculer sur les valeurs dont les noms font la Une de la presse économique et des forums sur Internet, la sanction sera dure…

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3 commentaires

DURANTON 10 mai 2022 - 17 h 37 min

JE SUIS ABONNE CHEZ AGORA AVEC RAY BLANCO ET ERIC LEWIN……………

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vanlanduyt 14 mai 2022 - 16 h 54 min

J’attends de voir

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Vanlanduyt 14 mai 2022 - 16 h 55 min

J’attends de voir avec curiosité

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