Accueil Santé et BiotechBiotechnologie & pharma Nouvelle fusée biotech dans la lutte contre la pandémie

Nouvelle fusée biotech dans la lutte contre la pandémie

par Arthur Toce

La journée d’hier a été marquée par un nouveau décollage à la verticale pour une petite biotech anglaise spécialisée dans les maladies respiratoires. Synairgen (GB00B0381Z20 – LON : SYNG) a bondi de 428 % dans la journée. Le cours de l’action était de moins de 40 GBX (pence) vendredi, il était hier soir à 190 GBX après être passé par 240 GBX. L’entreprise fait une entrée en fanfare dans la liste des valeurs de pure spéculation COVID-19.

Des résultats enthousiasmants sur l’étude de Phase II

Synairgen vient de publier les résultats d’une étude de Phase II pour traiter le COVID-19 par interféron bêta. Cette protéine est utilisée dans le traitement de la sclérose en plaques. Le traitement est transmis par aérosol aux patients.

L’étude randomisée portait sur 101 patients et Synairgen annonce une réduction de 79 % du risque de transfert des patients traités au SNG001 vers la réanimation. Autre bon point, le temps d’hospitalisation moyen aurait diminué de neuf jours (avec le placebo) à six jours, ce qui est loin d’être négligeable quand on combat une épidémie de cette ampleur.

La population traitée par Synairgen était constituée de patients souffrant du COVID-19 déjà hospitalisés, mais pas encore en réanimation. L’objectif est d’empêcher le passage par une ventilation mécanique.

Synairgen etude clinique

Population ayant participé à l’étude clinique
Source : Synairgen
 

Côté démarche expérimentale, l’étude semble assez sérieuse. La cohorte est évidemment trop petite pour avoir une valeur définitive, mais la population étudiée est assez bien équilibrée. Les résultats, eux, sont plutôt flagrants.

Globalement, on voit bien que le traitement a nettement amélioré les chances que la maladie n’empire pas. Les patients en début de détresse respiratoire (déjà sous oxygène) ont récupéré deux fois plus vite, tout comme ceux qui n’avaient pas encore de détresse respiratoire.

Rétablissement sans ventilation mécanique Synairgen

Rétablissement sans passage par la ventilation mécanique
Source : Synairgen

Si ces résultats sont confirmés en Phase III, c’est un avantage clé. Si on arrive à améliorer la vitesse ou le taux de récupération, on permet à l’hôpital une meilleure rotation des lits et moins d’envois en réanimation.

La clé pour endiguer la pandémie est donc de contrôler le nombre de cas sévères et d’optimiser le traitement des malades. Vu comme cela, le médicament de Synairgen semble être très utile.

Comment penser cette spéculation ?

Pour commencer, soyons bien clairs : Synairgen devient une pure valeur spéculative. Cela ne veut pas dire que c’est un mauvais placement, mais que les fondamentaux ne sont pas très solides.

Le destin boursier de plusieurs biotechs et entreprises ces derniers mois prouvent que cette spéculation dure dans le temps.

Sachant que les Etats subventionnent, que la production d’interférons n’est pas si complexe que cela, il paraît envisageable que Synairgen devienne éligible à ces aides.

L’entreprise a d’ailleurs déjà lancé une extension de son étude sur des patients à domicile avec le soutien du National Health Service anglais.

Au vu de la faible capitalisation actuelle (282 M£ après le bond d’hier), il n’est pas idiot de mettre une toute petite part de son portefeuille dans cet actif. Surtout, vues les valorisations de beaucoup de sociétés ne disposant d’aucune preuve réelle de l’efficacité de leur traitement contre le COVID-19, il n’est pas fou d’imaginer que SYNG puisse toucher prochainement une capitalisation de 1 Md£…

AMF : Arthur Toce est actionnaire Synairgen depuis hier.

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