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Quelles sont les nouvelles sources de crise ?

par admin

Les déséquilibres dans l’économie mondiale ont pris une telle ampleur que les craintes quant à la stabilité de notre système financier sont entièrement justifiées. Un tel danger a cependant été mis en doute, mi-avril, quand le cours des métaux précieux a chuté et que toute une série d’analystes financiers ont expliqué que le rôle de l’or et de l’argent comme “refuge sûr” en cas de crise était terminé. Goldman Sachs avait même recommandé de couper ses positions sur l’or, comme si nous vivions désormais au pays des merveilles. Mais la réalité est toute autre…

Le développement économique est à trois vitesses. Alors que les pays industrialisés subissent la stagnation voire la récession, les pays émergents enregistrent une forte croissance et les pays en voie de développement encore plus forte avec, toutefois, une forte croissance de leur population. Une population mondiale de 7 milliards de personnes nécessite une croissance du PIB de l’ordre de 5%, contre actuellement tout juste 3%.

Presque tous les pays souffrent d’un chômage historiquement élevé (troubles sociaux).

Les flux de biens et de services dans le commerce international se sont fortement déséquilibrés. Alors que les Etats-Unis enregistrent un déficit chronique et extrêmement élevé de leur compte-courant, la Chine et les pays de l’OPEP enregistrent de forts excédents.

En conséquence, le système monétaire international affiche des déséquilibres jamais vus. La Chine a des réserves en devises de l’ordre de 3 400 milliards de dollars alors que les Etats-Unis sont le pays le plus endetté au monde. Le Japon s’est lancé dans une dévaluation compétitive (turbulences de devises). L’indice du dollar (TWEX) montre une probable dévalorisation du dollar, ce qui pourrait bénéficier au cours de l’or.

Pour lutter contre le ralentissement économique, les gouvernements des pays industrialisés ont poussé le creusement du déficit tellement loin que leurs dettes publiques ont atteint d’absurdes niveaux qui ont des effets contre-productifs sur la conjoncture. Le service de la dette pousse les pays vers la faillite.

Les seules issues semblent être l’inflation et/ou l’abandon de créance pure et simple, ce qui est une menace pour les marchés obligataires et pourrait entraîner de fortes moins-values (la capitalisation boursière du marché obligataire est de 98 000 milliards de dollars à comparer aux 60 000 milliards de PIB mondial). Tous secteurs confondus, les Etats-Unis financent une dette de 56 280 milliards via le marché du crédit alors que leur PIB est de 15 864 milliards de dollars. Leur plus grand créancier est leur propre banque centrale devant la Chine et le Japon.

La dette publique du Japon à hauteur de 240% du PIB est encore plus absurde (le marché obligataire en yen risque l’effondrement).

Par rapport à ces chiffres, la production mondiale de toutes les mines d’or, d’environ 2 600 t ou 109 milliards de dollars, apparaît ridiculement faible. Le montant du marché des dérivés OTC pour “over the counter” (le plus souvent des dérivés d’intérêt) exprimé en valeur notionnelle atteint l’incroyable montant de 700 000 milliards de dollars (source : BRI).

Les principales banques centrales du monde appliquent une politique de taux d’intérêt zéro et inondent les marchés financiers de liquidités comme jamais vu auparavant. La Fed et la Banque du Japon ensemble achètent mensuellement pour 159 milliards de dollars de titres. Les bilans des banques centrales augmentent considérablement. Le montant des titres détenus par la Fed va passer de moins de 1 000 milliards de dollars en 2007 à 6 000 milliards en 2016. Au cours de la même période, le montant des titres détenus par la Banque du Japon sera passé de 20% du PIB à 60% et pour la BCE de 15% à 45%. Dans ces conditions, comment peut-on imaginer que les banques centrales pourront revenir à une structure “normale” des taux, sans provoquer une crise extrêmement grave ?

Conclusion : de nouvelles crises financières sont inévitables. Les sources potentielles sont nombreuses et elles peuvent se déclencher à n’importe quel moment. Aucun investisseur ne devrait se croire à l’abri. Les plus grands perdants seront les épargnants.
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Dr. Eberhardt Unger est un économiste indépendant, fort de plus de 30 ans d’expérience des marchés et de l’économie. Vous pouvez retrouver ses analyses sur le site www.fairesearch.de.

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2 commentaires

BRUTUS 2 mai 2013 - 9 h 11 min

Depuis que Hollande est au pouvoir, nous constatons des déficits, de l’austérité, l’augmentation du chômage, des ménages de plus en plus dans la pauvreté. Mais nos ministres socialistes sont très riches. Donc, tout va bien Madame la Marquise.

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escape 7 mai 2013 - 4 h 31 min

Presque tous les pays souffrent d’un chômage historiquement élevé (troubles sociaux).
Il est inconcevable dans une démocratie républicaine, comme l’est la France, que le cas particulier du chômeur n’est pas traité au même titre que celui du n’importe lequel des citoyens employés. Si la France ne peut pas employer ses personnes contre bonnes ressources sonnante et trébuchante, elle doit pour autant leur assurer leurs ressources. Est-il admissible qu’un citoyen n’aie pas les moyens pécuniaire équivalent à ses compatriotes sous prétexte de non-emploi ? Que l’on soit employé ou pas on a les mêmes droits. Le droit d’avoir des ressources décentes comme tous les autres droits.
De fait ce ne sont pas les pays, mais bien les citoyens qui souffrent du chômage.

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