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Nucléaire : la course à la fusion accélère

par Ray Blanco
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[De l’électricité propre en quantité illimitée… Qui n’en rêve pas de nos jours ? C’est ce que promet la filière nucléaire – et plus particulièrement le segment de la fusion nucléaire. Pour autant, si elle est d’ores et déjà promise à un bel avenir, la technologie peine à s’extraire des labos de recherche. Mais l’afflux actuel de capitaux privés devrait permettre de l’y aider et de voir au passage prochainement émerger le futur SpaceX du secteur !]

L’électricité issue dela fusion nucléaire sera disponible d’ici 2030

Il y a moins de deux semaines, au cours d’une réunion qui se déroulait à la Maison-Blanche, le président d’un groupement d’entreprises du secteur de la fusion nucléaire a communiqué une statistique intéressante… Environ 83 % des entreprises de son association pensent que l’électricité générée par la fusion nucléaire sera disponible d’ici 2030, voire plut tôt.

C’est une prévision assez audacieuse, pour une source d’énergie qui cumule bien 70 ans d’échecs.

Car, oui, si la fusion nucléaire devrait être promise à un bel avenir, encore faut-il que cette technologie puisse enfin s’extraire des labos de recherche…

Une techno séduisante mais difficile à concrétiser

L’idée est évidemment séduisante. Qui n’a pas rêver d’accéder à ce genre de technologie qui reproduirait la puissance du soleil et résoudrait au passage les problèmes d’énergie du monde d’un coup d’un seul ? Ce serait fantastique.

Mais, les difficultés qu’implique la production d’une électricité utilisable en recourant à la fusion des atomes – au lieu de la fission – se sont révélées un peu trop ardues pour les scientifiques du monde entier.

Tout le défi est de parvenir à contenir la fusion nucléaire dans un petit volume

Les Etats, laboratoires nationaux et autres universités l’ont tous admis : contenir une température de 100 millions de degrés à l’aide d’aimants ou de lasers n’est pas des plus simples.

Etienne vous l’expliquait déjà en décembre 2020 :

« Déclencher une fusion nucléaire sur Terre est une technique connue depuis les années 1950. C’est ce processus qui a lieu lors de l’explosion d’une bombe H, et qui permet de dégager, en une fraction de seconde, une énergie considérable. 

Tout le défi est de parvenir à contenir la fusion nucléaire dans un petit volume pour pouvoir, d’une part, contrôler la puissance en temps réel et, d’autre part, récupérer l’énergie produite pour générer de l’électricité. 

Si contrôler la fission nucléaire (qui a lieu dans les centrales classiques) s’est avéré être un jeu d’enfant, les scientifiques ont rapidement réalisé que la fusion était indomptable. »

Pour le dire autrement, c’est compliqué. Aujourd’hui encore d’ailleurs. Mais compliqué ne veut pas pour autant dire insoluble et l’optimisme reste de rigueur.

Fusion nucléaire : les capitaux affluent

D’abord parce que de plus en plus de startups planchent sur le sujet – et s’engouffrent ainsi dans un domaine autrefois largement accaparé par les gouvernements. Cela change tout. Je m’explique. Bien qu’il soit inutile de vous le rappeler, disons-le tout de même, les startups sont des entreprises privées.

Pour se développer, et avancer sur leur projet, elles ont besoin de capitaux. C’est la base. Et, bonne nouvelle, la fusion nucléaire capte des milliards ces derniers temps. L’engouement est là. Lors de sa visite à la Maison-Blanche, Andrew Holland, directeur de la Fusion Industry Association, a d’ailleurs déclaré ce qui suit : « Nous sommes un secteur très soutenu par les capitaux privés, le capital-risque ».

La fusion nucléaire récolte des milliards de dollars de capitaux

En effet, rien qu’en 2021, les entreprises non cotées du secteur ont levé 3 Mds$ via le capital-risque.

Mais, qui dit investissements privés dit aussi, dans une certaine mesure bien sûr, obligation de résultats. Les investisseurs veulent en avoir pour leur argent. Ils investissent en comptant bien obtenir un certain retour sur leur investissement. Et Andrew Holland de poursuivre : « Par conséquent, les investisseurs ont un horizon limité. Ils veulent trouver le moyen rapide d’obtenir un retour sur investissement ».

Malheureusement, la physique nucléaire se soucie peu des cycles de financement. Et la technique de la fusion nucléaire peut sembler pour certains encore hors de portée. Il faut dire que c’est comme cela depuis plus d’un demi-siècle… Donc le fameux retour sur investissement tant attendu par ceux qui investissent massivement dans le secteur n’arrivera peut-être pas aussi vite qu’espéré.

Bientôt un SpaceX de la fusion nucléaire ?

Mais quand même ! Il faut le reconnaître, cet afflux de capitaux booste la recherche comme jamais. Les financements augmentent d’année en année. Voilà pourquoi bon nombre d’observateurs font aujourd’hui ouvertement un parallèle entre la fusion nucléaire et l’industrie spatiale tout en espérant que le même phénomène se produise à nouveau.

Car, oui, et cela ne vous aura pas échappé puisque nous en parlons souvent dans ces colonnes, depuis que bon nombre d’entreprise privées se sont lancées dans la course à l’espace, SpaceX en tête, le secteur n’a jamais été aussi dynamique.

Assisterons-nous bientôt à la naissance d’un SpaceX de la fusion nucléaire ? C’est tout à fait possible. La startup Commonwealth Fusion Systems (CFS), dont je vous ai déjà parlé ici, sera-t-elle l’heureuse élue ? Nul ne le sait encore mais elle reste à ce jour, la candidate qui a reçu le financement le plus élevé jamais accordé dans le secteur ! Les paris sont pris, et nous aurons l’occasion d’en reparler.

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