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L'ordinateur mieux qu'un ordinateur, l'ordinateur quantique

par Cécile Chevré
nouvelles technologies

Imaginez que vous avez l’habitude de vous déplacer en patins à roulettes et uniquement en patins à roulettes. Cela va plus vite qu’à pieds, c’est vrai. Vous gagnez plein de temps grâce à ces petites roulettes, et vous êtes ravi.
Imaginez maintenant que l’on vous fournisse une voiture de course, voire même une fusée… Vos pauvres patins seraient complètement dépassés, incapables de rivaliser avec la vitesse de votre nouveau mode de transport.
Maintenant, imaginez que la télétransportation soit possible. Que vous puissiez en une micro-fraction de seconde être transporté d’un endroit à l’autre… Oubliés les fusées et autres moyens de propulsion, l’ère du transport immédiat change complètement la donne.

C’est un peu ce que se propose de faire l’ordinateur quantique avec nos ordinateurs actuels : les reléguer en tant que pièces de musée

C’est un peu ce que se propose de faire l’ordinateur quantique avec nos ordinateurs actuels : les reléguer en tant que pièces de musée.
L’ordinateur quantique fait énormément parler de lui, et tout particulièrement parce que des grands noms de l’Internet s’intéressent à lui. Et, bien évidemment, l’incontournable Google.
En mai 2013, le géant de l’Internet a en effet fait l’acquisition de ce qui était présenté comme le premier ordinateur quantique. Fabriqué par la société canadienne D-Wave, financée à la fois par le patron d’Amazon Jeff Bezos et la Nasa, ce petit joujou à un coût : 15 millions de dollars. Premier pas dans une nouvelle ère informatique ?
Définition, car nous en avons bien besoin
Mais au fait, qu’est-ce qu’un ordinateur quantique ? Loin de moi l’idée de vous proposer un compliqué exposé des bases de la physique quantique (exposé que je suis loin de pouvoir vous faire d’ailleurs). Retenons seulement que le fondement de la physique quantique veut qu’il soit possible, qu’un objet quantique ait en même temps 2 états différents. Un principe illustré par la très connue expérience dite du chat de Schrödinger, qui est à la fois mort et vivant tant que la boîte dans laquelle il est enfermé n’a pas été ouverte…
Revenons à notre ordinateur. Toutes les machines que nous utilisons actuellement fonctionnent sur le principe du 0 et du 1. A savoir que toutes les informations et les calculs sont faits à partir de cette alternative, soit 0, soit 1. Cette base de l’information est appelée “bit”.

L’ordinateur quantique ajoute une 3e possibilité : une information qui est à la fois 0 et1

L’ordinateur quantique ajoute une 3e possibilité : une information qui est à la fois 0 et 1. Cette information quantique a hérité d’un petit nom : le qubit.
Un exemple, parce que nous le valons bien !
Un des exemples les plus couramment utilisé pour faire toucher du doigt le potentiel des ordinateurs quantiques est celui de la lecture. Vous, moi, lisons un livre de la même façon, mot après mot, information après information, et ce plus ou moins vite. Un ordinateur fonctionne de la même façon même si de manière bien plus rapide.
L’ordinateur quantique peut quant à lui lire toute la page au même instant. Oui, toutes les informations contenues sur une page en un instant. Non pas en lisant extrêmement vite lettre après lettre, mot après mot, mais en lisant globalement toute la page.

L’avantage d’ajouter un 3e type d’information possible est facilement déductible : les ordinateurs quantiques sont capables de fonctionner vraiment beaucoup plus vite que les plus puissants de nos calculateurs actuels

Tout ceci peut vous paraître très abstrait – je vous avoue que cela l’est pour moi aussi. Mais l’avantage d’ajouter un 3e type d’information possible est facilement déductible : les ordinateurs quantiques sont capables de fonctionner vraiment beaucoup plus vite que les plus puissants de nos calculateurs actuels.
Un super ordinateur pour un super monde… d’informations
Pas besoin d’avoir une thèse en physique quantique pour comprendre l’intérêt qu’un supercalculateur peut avoir dans un monde moderne dans lequel chacun d’entre nous produit à chaque instant des centaines voire des milliers d’informations. Vous utilisez internet, des moyens de paiement, vous communiquez via téléphone ou ordinateur, vos données personnelles, vos goûts, vos achats sont recueillis, centralisés, traités.
Face au déferlement de ces informations, certains secteurs se montrent donc particulièrement intéressés par le potentiel de l’ordinateur quantique. Et premier d’entre eux, les services de renseignements.
La NSA a ainsi été une des premières à se mettre sur les rangs pour acquérir un ordinateur quantique qui, à terme, devrait lui permettre de traiter les milliards d’informations qu’elle recueille… sur nous tous (comme nous l’avons appris grâce à Edward Snowden).
Les Américains ne sont évidemment pas les seuls à être intéressés par ces supercalculateurs… Dans un monde dans lequel la maîtrise de l’information numérique est devenue cruciale, les nouveaux champs de bataille sont des serveurs, des réseaux et le traitement des données.
Les utilisations de l’ordinateur numérique ne sont évidemment pas que militaires (ou affiliées). Les scientifiques se montrent aussi très intéressés par les capacités de calculs de ces machines qui devraient leur permettre de mener plus loin leurs recherches dans des domaines aussi variés que la physique, la génétique, l’astrophysique, etc.
Et puis bien sûr, il y a tous ceux dont le coeur du métier est la collecte, le traitement et l’utilisation de vos données personnelles, de Google à Amazon en passant par Facebook.

La liste des acquéreurs des premiers ordinateurs quantiques, ou vendus comme tels, est révélatrice : Google, la NSA et Lockheed Martin, un des principaux fournisseurs de l’armée américaine

D’ailleurs, la liste des acquéreurs des premiers ordinateurs quantiques, ou vendus comme tels, est révélatrice : Google, la NSA et Lockheed Martin, un des principaux fournisseurs de l’armée américaine (en avions et autres véhicules militaires).
L’intelligence artificielle au bout du chemin ?
Autre piste d’utilisation de ces ordinateurs quantiques, l’intelligence artificielle. Là encore le potentiel de calcul de ces ordinateurs nouvelle génération devrait être un atout de poids dans le développement d’ordinateurs de plus en plus intelligents et autonomes. Début septembre, Google annonçait ainsi qu’il allait construire son propre ordinateur quantique au sein de l’équipe Quantum Artificial Intelligence.
En janvier dernier, la firme de Mountain View avait racheté pour 400 millions de dollars, la start-up américaine DeepMind, justement spécialisée… dans l’intelligence artificielle et plus particulièrement dans le “deep learning“. Derrière ce terme un brin obscur se cache en fait la capacité la capacité d’apprentissage sans intervention extérieure. Dans le cas des robots et des ordinateurs, cela signifierait que ces machines seraient capables d’apprendre de nouvelles tâches sans qu’un humain ne les programme pour cela.
Comme vous pouvez le constater, le potentiel des ordinateurs quantiques est énorme, voire révolutionnaire. Sauf que… Sauf que bien sûr, il y a quelques “hic”. Et c’est ce que nous verrons dans une prochaine Quotidienne.
[Vous pensiez que l’ordinateur quantique avait échappé à l’oeil affûté de Ray Blanco, notre spécialiste des nouvelles technologies ? Allons donc ! Bien sûr qu’il a investi sur cette révolution de l’informatique. A découvrir dans NewTech Insider !]

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