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Pariez sur un Renault qui se projette dans le futur

par Etienne Henri
renault

L’incertitude boursière, que nous suivons avec attention ces derniers jours, n’empêche pas l’économie réelle de tourner ni les entreprises de travailler – et c’est tant mieux.
Bien loin des variations d’indice, des sursauts du VIX et de la disparition de produits structurés complexes dont nous vous avons parlé depuis le début du mois, l’industrie continue son petit bonhomme de chemin.
Innovation, planification du futur, production et création de richesse sont toujours au rendez-vous.
Aujourd’hui, nous nous intéressons au cas de Renault.
Son conseil d’administration a annoncé que le P-DG, le bien connu Carlos Ghosn, serait reconduit pour un nouveau mandat de quatre ans à la tête du groupe.
Quatre ans durant lesquels Carlos Ghosn aura la lourde tâche de préparer sa succession. Il faut bien préparer la relève après plus d’une décennie passée à la tête du groupe (et plus de 17 ans si l’on compte le temps passé chez Nissan).
Les annonces de la semaine dernière commencent à lever le voile quant à l’avenir du groupe. Thierry Bolloré (à ne pas confondre avec son lointain cousin Vincent Bolloré) a été nommé au poste de Directeur Général adjoint. Il devient de facto numéro 2 du groupe et va pouvoir prendre ses marques avant, peut-être, de monter l’ultime échelon hiérarchique et en assurer la présidence en 2022.

Que restera-t-il de l’héritage Carlos Ghosn ?

Vous savez sans doute que Renault revient de loin. L’alliance avec Nissan a fait entrer le constructeur français dans l’ère de la modernité, et la gestion implacable de Carlos Ghosn a permis au constructeur de traverser sans trop de casse la crise des subprimes.
Il ne faut pas oublier qu’à cette époque, les constructeurs automobiles occidentaux étaient tous donnés pour morts. Peugeot cotait en Bourse comme si sa liquidation allait avoir lieu dans les six mois. De l’autre côté de l’Atlantique, General Motors se mettait en faillite.
Sous l’impulsion de Carlos Ghosn, Renault a continué à augmenter la fiabilité de ses modèles tout en maintenant un effort continu sur la maîtrise des coûts. Un travail important a été fait pour multiplier les synergies Renault-Nissan, et le groupe a osé mettre en avant les modèles Dacia malgré le risque évident de fuite du marché vers le low-cost.
Si ces paris semblent rétrospectivement évidents, ils ne l’étaient pas à l’époque. Carlos Ghosn ayant eu comme unique boussole la survie et la rentabilité du groupe, sa politique a fait grincer des dents chez beaucoup et les oppositions ont été nombreuses.
Le Renault d’aujourd’hui n’a plus grand chose à voir avec la régie d’Etat du siècle dernier.
Or Thierry Bolloré n’est pas étranger à cette mue (pour ne pas dire mutation à marche forcée). Il était, avant sa nomination, en charge de la maîtrise des coûts sur toute la chaîne de production.
Le nouveau DG adjoint était de ceux qui mettaient en place la politique du P-DG. L’héritage idéologique de Carlos Ghosn est donc assuré et l’orientation générale de Renault devrait rester constante après la passation de pouvoir prévue pour 2022.

Qu’attendre de Renault entre 2022 et 2032 ?

Les entreprises comme Renault représentent, pour les investisseurs particuliers, une cible idéale d’investissement de bon père de famille. Elles sont idéalement achetées et oubliées pour être revendues lors d’événements de vie (études des enfants, déménagement, retraite). Ces investissements de long terme ont des performances époustouflantes tout en ne demandant aucun travail personnel… du moins tant que les entreprises restent bénéficiaires !
Dès lors, il est légitime de s’interroger sur les perspectives à horizon 10-15 ans. Thierry Bolloré sera-t-il un aussi bon capitaine d’industrie que l’a été Carlos Ghosn ?
Est-il possible de lui faire confiance pour faire fructifier le capital industriel de Renault, ou faut-il quitter le navire et se débarrasser des actions Renault avant le passage de flambeau ?
Pour moi, l’optimisme reste de mise.
Carlos Ghosn a été le bon P-DG au bon moment. Il a su redonner au groupe l’impulsion qui lui manquait au début des années 2000. Tandis que des fleurons comme Hewlett Packard et Yahoo étaient minés par es stratégies hésitantes, Renault passait du statut d’entreprise ringarde à celui de constructeur d’envergure mondiale.
Le virage est terminé, peut-être est-il temps de souffler. Les hommes providentiels ont leur intérêt à certains moments-clés dans la vie d’une entreprise, mais doivent un jour ou l’autre être remplacés.
Impossible de ne pas faire le parallèle avec la situation d’Apple. Suite au décès du visionnaire Steve Jobs, les rênes de l’entreprises ont été confiées à Tim Cook. Celui qui était alors vu comme un gestionnaire sans âme ni vision a tout de même permis à Apple de devenir la première capitalisation boursière. La firme génère depuis sa prise de fonction des profits record année après année.
Il y a fort à parier que l’après-Ghosn chez Renault ressemblera à l’après-Jobs chez Apple. La période 2022-2032 sera celle de la continuité stratégique. Même sans attendre de bouleversements majeurs, Thierry Bolloré devrait permettre au groupe de continuer à croître et engager de solides bénéfices.

Faut-il craindre l’Etat ?

A l’heure actuelle, l’Etat français reste encore propriétaire de 15 % des actions et possède un droit de vote majoré. Carlos Ghosn a, depuis son arrivée, toujours cherché à diminuer l’influence étatique dans Renault.
Lors des dernières annonces, le futur-ex P-DG a de nouveau annoncé qu’il ne croyait pas à la pérennité du groupe si l’Etat gardait autant de pouvoir.
Ces déclarations, faites à un moment où la stratégie au plus haut de l’Etat est à la cession d’actifs, ne doivent pas être prises à la légère.
Sauf tempête politique et retour des grandes vagues de nationalisations, il est raisonnable d’anticiper un rôle de moins en moins important de l’Etat sur le dossier. Les participations devraient être progressivement cédées – d’autant que l’Etat va bien finir par devoir équilibrer ses budgets si les taux d’intérêt augmentent !
La menace de l’influence étatique, bien pricée dans le cours de l’action Renault, me semble aujourd’hui surestimée et, en tout cas, vouée à diminuer.

Quelles conséquences pour vos investissements ?

Dans la Quotidienne du 10 juillet dernier, je vous indiquais que Renault était un constructeur solide dont les actions s’échangeaient à bas prix.
Depuis, les actions ont pris 10% tandis que le CAC 40 n’a grappillé que 2% sur la même période.
Est-il trop tard pour se placer sur le dossier ? Bien sûr que non !
La croissance du groupe est encore forte. Les chiffres 2017, annoncés la semaine dernière, font état d’une année historique.
Le chiffre d’affaires s’établit à près de 58,8 milliards d’euros (+14,7% par rapport à 2016), et le bénéfice net est également en hausse à 5,2 milliards d’euros (près de 50% en plus sur un an).
La hausse du prix de l’action depuis la dernière Quotidienne est donc plus que raisonnable par rapport à la hausse de l’activité. Le marché n’a pas encore pris la mesure de la nouvelle rentabilité de l’entreprise. Cela vous permet de rentrer sur le dossier à bon prix.
Renault, valeur de croissance, s’échange désormais à seulement 5 fois ses bénéfices 2017… Qui dit mieux ?
Bons investissements !

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