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Pétrole : Pour 300 millions de barils, t'as plus rien !

par admin

C’était il y a pratiquement deux ans. Cayenne se prenait à rêver, serait-elle la future capitale du pétrole ?

La découverte d’un gisement de 300 millions de barils au large des côtes guyanaises par un consortium de pétroliers annonçait des heures heureuses pour le département français. Et il ne s’agissait pas de petites juniors, mais de Tullow Oil, Shell et de Total.

Depuis lors, l’équipe enchaîne les déceptions. En début de mois, Tullow a annoncé l’échec de son quatrième forage sur le site de Cebus, après deux précédents échecs. Shell a rappelé qu’elle n’avait pas l’intention de commencer une exploitation commerciale de 300 millions de barils, volumes jugés trop faibles, et que seule la découverte de nouveaux gisements pourrait lancer une vraie campagne d’exploitation. Les prochains forages se rapprocheront de la zone explorée initialement avec succès, ce qui pourrait laisser plus de chance au consortium de sabrer le champagne.

En attendant, la France reste un nain pétrolier. Pourtant cette zone reste un eldorado pour de nombreuses autres compagnies.

Chevron au Surinam
Total et Shell ne sont pas les seuls à croire au potentiel de cette région. Chevron a pris l’année dernière 50% dans le projet de forage du pétrolier texan Kosmos, qui avait entrepris de découvrir du pétrole au large de Paramaribo.

Kosmos n’est pas un nouveau venu sur le marché. La société de Dallas a à son actif la découverte du pétrole de Ghana, le champ de Jubilee, un des gisements les plus grands découverts en Afrique ces dernières années. Se basant sur la similitude des géologies de la côte sud-américaine avec celle du Ghana et du Liberia, nombre de compagnies estiment que le miracle du Ghana peut se reproduire.

Ainsi Chevron s’est également positionné au Liberia, en offshore, profitant de son expérience en Angola, au Nigeria et au Brésil. ExxonMobil est également sur les rangs.

On se rend compte que ces compagnies ne sont pas effrayées par le risque. Comme le rappelle l’analyste Raymond James, « le Surinam est le parfait exemple des pays frontières pour l’exploration », mêlant incertitude et pari géologique.

Pourtant la confiance des majors sur le potentiel de ces zones n’est peut-être pas le simple fait des données géologiques. La hausse ininterrompue des prix du pétrole explique aussi cette prise de risque.

Conférence Bourse

La Chine ralentit, mais sa soif de pétrole progresse
C’est le paradoxe de l’année 2013, la consommation de pétrole a continué de progresser alors que tout le monde décrit la lente décélération de l’économie chinoise.

Comme l’explique le Financial Times, « le supercycle des matières premières a peut-être atteint un plafond, mais la Chine est un consommateur si important que même une croissance plus lente exige une forte augmentation des approvisionnements ». C’est ce qui explique le maintien, quoiqu’en disent les analystes, du prix des matières premières à des niveaux relativement élevés historiquement.

A l’avenir, les prévisions sont d’ailleurs particulièrement optimistes. La banque Goldman Sachs s’attend à un maintien du prix du pétrole autour de 100-105 $ pour les 12 prochains mois. Cette prévision est d’autant plus optimiste que la banque a bien pris en compte l’afflux de pétrole de schiste en provenance des Etats-Unis.

A plus long terme, l’Agence américaine de l’énergie Energy Information Administration estime même que la consommation de pétrole va augmenter de 56% d’ici 2040. La Chine et l’Inde seront responsables pour moitié de cette hausse.

On le voit, la demande est assurée. Pourtant les majors ne sont pas sûres de renouer avec les heures fastes des périodes du « pétrole cher ».

Des majors de plus en plus contraintes par les coûts
Si les prix du pétrole sont partis à la hausse, les coûts d’exploitation des majors sont sur la même trajectoire. Désormais, les majors auraient besoin d’un baril à 120 $ pour équilibrer leur budget, selon Michele Della Vigna, directeur pour l’Europe de la recherche en énergie chez Goldman Sachs cité par Les Echos.

L’exemple du Surinam et de la Guyane illustre bien cette nouvelle donne. Si le budget d’exploration est resté secret, Shell a tout de même expliqué que le coût de location d’une plate-forme pétrolière lui équivalait à 1 million de dollars par jour. Et de plus en plus, les majors vont aller prospecter les fonds de l’océan pour remplacer leurs réserves de pétrole.

Les pétroliers n’ont plus le choix, avec une hausse de la demande et un épuisement des gisements onshore, ils doivent investir. Le PDG du spécialiste des équipements pétroliers et gaziers Technip, Thierry Pilenko, cité par Capital, explique que « la plupart de nos clients parlent d’une croissance (de leurs investissements) pour l’année prochaine. Bien qu’il soit trop tôt pour la quantifier, on parle de 5% à 15% selon les opérateurs ».

Mon conseil
Si les pétroliers vont être obligés de relever les prix pour conserver leur marge, la hausse des prix du pétrole profitera bien plus aux acteurs du parapétrolier. Les plus grands groupes, comme Technip (TEC:NYSE) ou Heurtey Petrochem (ALHPC:NYSE), jusqu’aux plus petits, comme Doris ou Bardot, profiteront du développement du marché des pétroliers.

Toutefois ces groupes doivent également jongler avec des investissements colossaux, et seuls ceux qui sauront adapter rapidement leur offre au cycle du pétrole sauront s’en sortir.

[NDLR : Matières à Profits a investi récemment sur un de ces techniciens des mers, partenaires indispensables des grandes majors. Alors que ce groupe vise un taux de marge de 30% à l’horizon 2015, la hausse des cours du pétrole devrait l’aider à atteindre plus vite que prévu cet objectif. Rassurez-vous, il est encore temps de rentrer dessus. Retrouvez plus de détails dans MAP.]

Bon investissement !

Synthèse de l’évolution du cours des matières premières
Tableau de variation des cours

Cours à
3 mois
Vendredi
12/07/2013
Vendredi
26/07/2013
Variation
hebdomadaire
 

En $

En $

En %

 Aluminium 1 831,50 1 805 -0,61%
 Cuivre* 6 940 6 924,50 0,01%
 Plomb* 2 062 2 065 0,58%
 Nickel* 13 625 13 900 -0,96%
 Etain 19 495 19 275 -1,63%
 Zinc* 1 894 1 866 0,00%
Acier 155 155 10,71%
Pétrole light
(New York 1 mois)
105,42 104,9 -3,08%
 Or (spot Comex) 1 282,20 1 336,40 1,01%
 Argent spot Comex) 19,78 20,1 -1,33%
 Platine (spot Comex) 1 409 1 435 -0,49%
 Palladium (spot Comex) 723 728 -2,67%
Blé
(le boisseau sur le Cbot)
6,7 6,51 -1,96%
Maïs
(le boisseau sur le Cbot)
5,01 4,754 -3,96%
Soja
(le boisseau sur le Cbot)
12,52 12,18 -4,69%

* cours en $ la tonne sur le LME à trois mois

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