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Pixium Vision : la rétine artificielle made in France arrive aux USA

par Etienne Henri
pixium-schematics

Cocorico ! Loin du pessimisme ambiant sur le retard technologique de notre pays et la futilité de nos startups, la medtech Pixium Vision (FR0011950641-PIX) a annoncé mi-janvier le succès de la première implantation de son système Prima chez un patient aux Etats-Unis.

L’appareil vise à traiter la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), première cause de handicap visuel chez les plus de 50 ans.

Quand grand-papa devient Terminator 

Le fonctionnement du système Prima est digne de plus grands films de science-fiction. Des lunettes dotées de caméras numériques filment l’environnement. L’image est traitée par un processeur embarqué dans un boîtier porté par le patient, puis envoyée sous forme de stimulus dans le proche infrarouge, à l’intérieur de l’œil.

Collée contre la rétine, une puce décode ce signal et le transforme en impulsions électriques. Miracle de plasticité du cerveau humain : les micro-courants ainsi créés sont correctement interprétés par le système nerveux et le patient “voit”.

fonctionnement Prima Pixium Vision

L’incroyable mode de fonctionnement de Prima : Crédit : Pixium Vision

Chez les personnes atteintes de DMLA ou de rétinopathie pigmentaire (30 000 cas en France), les photorécepteurs qui tapissent la rétine sont détruits.

Faute de cellules fonctionnelles pour transformer la lumière en impulsions électriques, le cerveau est de plus en plus “plongé dans le noir” et voit de moins en moins bien. La rétine artificielle de Prima, composée de 378 électrodes, vient remplacer ces cellules défectueuses pour recréer les stimulations manquantes.

Si ses 378 pixels ne permettent pas encore aux patients d’évoluer dans la vie de tous les jours de façon transparente (les chercheurs estiment à 600 pixels le seuil minimal pour reconnaître un visage), ils représentent une amélioration bienvenue par rapport aux générations précédentes de rétines artificielles comme l’Argus II de l’Américain Second Sight, Retina Implant de l’Allemand AG, ou même l’IRIS II que développait Pixium et qui ne disposait que de 150 électrodes.

Par ailleurs, le choix de déporter l’acquisition d’images et le traitement de données dans le dispositif extra-oculaire permet de limiter au maximum l’encombrement de la puce qui doit être installée au fond de l’œil. Avec seulement 4 mm² et 0,03 mm d’épaisseur, la rétine artificielle de Pixium Vision peut être implantée de manière relativement simple. A terme, le geste chirurgical pourrait être effectué en chirurgie ambulatoire.

Un procédé à l’efficacité démontrée 

Comme toujours dans les essais cliniques, cette implantation aux USA va être utilisée pour recueillir le maximum d’informations sur l’efficacité du dispositif et ses éventuels effets secondaires sur le patient.

Le risque est toutefois limité et Pixium ne navigue pas à l’aveugle : un essai clinique a lieu en France et le dispositif a déjà été implanté chez cinq patients.

A ce jour, trois d’entre eux ont recouvré une acuité supérieure à celle qu’auraient pu conférer les autres dispositifs de vue artificielle du marché, et sont désormais capables de lire même dans des conditions difficiles (petites lettres, minuscules, etc.).

Mieux encore : l’échec chez les deux autres patients est tout relatif. Si le succès n’est pas au rendez-vous, ce n’est pas à cause d’un dysfonctionnement de Prima mais parce que la rétine artificielle n’a pu être implantée à la suite d’incidents survenus lors de l’acte chirurgical.

Des enjeux financiers colossaux 

La DMLA affecte 25 % à 30 % des personnes de 75 ans et plus, et touche les deux yeux dans plus de 40 % des cas.

Outre son impact sur la qualité de vie des patients qui voient leur vue se dégrader irrémédiablement, elle a un coût social élevé estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars par an, en Europe et aux Etats-Unis.

Son traitement n’a par conséquent rien du produit de niche, et les rebondissements de l’actualité de Pixium ne manquent pas d’affoler les investisseurs. Les bonnes nouvelles de ces dernières semaines ont fait doubler la valeur du titre depuis la mi-décembre.

Pixium Vision Bourse

La volatilité de l’action Pixium Vision (FR0011950641-PIX)
est à la hauteur des enjeux économiques et de l’incertitude du dossier.

L’évolution de l’action est tout à fait logique : vu le coût de la DMLA dans les pays développés, les actionnaires de l’entreprise qui proposera un traitement efficace sont assurés de faire fortune.

Comme Carmat, Pixium est à un moment clé de son histoire et suit le cheminement habituel des medtechs. Les enthousiastes de la première heure qui ont participé à l’IPO ont joué le rôle de mécènes et sont toujours en moins-value, les spéculateurs s’en sont donné à cœur joie sur un titre volatil.

Les investisseurs prudents mais optimistes peuvent maintenant envisager le dossier, désormais que les performances de la solution commencent à être confirmées et dépassent nos frontières.

Cette exemple démontre encore une fois que ce sont bien les Etats-Unis et la FDA (Food and Drug Administration) qui donnent le la en matière de recherche médicale et pharmaceutique.

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