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Protégez-vous contre les guerres de Donald Trump

par Cécile Chevré
Guerre nucléaire Corée du Nord Que se passerait-il en cas d'aggravation du conflit, voire en cas de déclenchement d'une guerre ?

Il faut bien reconnaître un trait à Donald Trump : il n’a pas peur du conflit. Il ne craint ni de tempêter, ni d’insulter, ni de menacer. Et qu’importe les conséquences sur l’économie américaine ou encore sur les marchés boursiers, qui évoluent de plus en plus en fonction des crises épidermiques et twittesques présidentielles.

La présidence de Trump nous oblige donc à prendre en compte le fait politique. Plus que la Fed, plus que les statistiques officielles, et même plus que les résultats des entreprises, ce sont les déclarations de Trump qui font et défont Wall Street.

Intéressons-nous donc aux guerres de Trump.

Et à la première d’entre elles, contre la Chine.

En guerre commerciale contre la Chine

Dès la campagne présidentielle, Trump avait mis en garde la Chine contre ses pratiques commerciales, monétaires et son protectionnisme. Entre mise en scène des relations avec Xi Jinping et menaces douanières, la politique trumpienne envers la Chine a de quoi donner le tournis.

Ces dernières semaines, Trump a relancé les hostilités en annonçant la mise en place de taxes sur l’acier et l’aluminium puis de taxes visant spécifiquement les produits chinois. Pékin a répliqué en instaurant à son tour des taxes sur les produits américains. En quelques tweets et quelques annonces, la “guerre commerciale” est revenue sur le devant de la scène, faisant craindre une escalade aux conséquences économiques ramifiées.

D’après une étude de Natixis, une taxation des importations de 20% aux Etats-Unis entraînerait (compte tenu du poids des importations) une hausse de trois points des prix intérieurs des Etats-Unis, propulsant l’inflation au-dessus de 4%“, rappelle Simone Wapler dans La Chronique Agora.

Si cette étude dit vrai, l’anxiété de M. le Marché est fondée. Les taux longs vont suivre, le crédit quasi-gratuit qui fait bouillir la marmite économique depuis plus de 30 ans va devenir plus cher et nous aurons une magistrale récession“.

Toute mesure de rétorsion de la part de la Chine ou de l’Europe ne fera qu’empirer les choses. Donc, oui, la ‘guerre commerciale’ est une vraie menace pour notre pouvoir d’achat comme pour nos placements financiers“.

Depuis le week-end dernier, les menaces de guerre commerciales semblent cependant se dissiper, ou du moins s’amoindrir.

La Chine a en effet annoncé un effort d’ouverture aux entreprises et investisseurs étrangers ainsi qu’une baisse des taxes sur les importations de certains produits, dont les voitures. Des annonces faites par Xi Jinping lors du Forum de Boao pour l’Asie et qui pourraient calmer la fièvre protectionniste de Donald Trump.

Le président américain aurait donc menacé pour négocier – une stratégie qui lui est habituelle et dont nous avons pu avoir une démonstration avec la Corée du Nord.

Je resterais malgré tout prudente face aux annonces de la Chine et quant aux possibles réactions de Trump. Le président américain a fondé une grande partie de sa politique sur le “America First”, et une telle ligne directrice conduit inévitablement à un protectionnisme exacerbé.

Les guerres diplomatiques de Trump

Si, pendant la campagne présidentielle, le candidat républicain avait construit son image en opposition à une Hillary Clinton présentée comme une va-t-en-guerre, Trump-président est bien plus offensif sur le terrain extérieur.

J’imagine qu’aucun d’entre vous n’a oublié les menaces de guerre nucléaire qui ont pesé sur nos têtes effarées pendant que Donald Trump et Kim Jong-un se traitaient respectivement de cinglé.

Difficile aussi d’oublier l’hostilité ouvertement affichée par le président américain envers l’accord sur le nucléaire iranien et plus largement envers le régime de Téhéran. L’opposition de Trump menace d’ailleurs la survie de cet accord et éloigne la possibilité d’un certain apaisement dans la région.

Il y a aussi le dossier syrien. Là encore, Trump est fidèle à lui-même, dénonçant sur Twitter l’inaction de son prédécesseur, menaçant et tempêtant contre Bachar el-Assad. Celui-ci a hérité du qualificatif d'”animal” après ce qui ressemblerait à une attaque chimique menée, la semaine dernière, par le Damas contre la ville de Douma, tenue par les rebelles/opposants au régime.

L’affaire syrienne a fait encore se roidir les relations entre les Etats-Unis et sa vieille meilleure ennemie, la Russie, dont le soutien au régime Assad est jusqu’à présent sans faille.

Ah, la Russie à l’heure Trump. Il a les accusations d’interférences russes dans la campagne électorale présidentielle. Il y a les soupçons de collusion entre l’entourage de Trump et des diplomates russes. Il y a l’enquête russe sur ces accusations. Cette affaire empoisonne la présidence américaine mais a aussi des relations économiques.

Sur le terrain diplomatique et économique, les relations conflictuelles entre Washington et Moscou ont encouragé la Russie à se rapprocher d’un autre meilleur ennemi de Trump, la Chine. Projets pétroliers, alliances commerciales anti-dollar, accords stratégiques, l’axe Moscou-Pékin ne cesse de se renforcer.

Une nouvelle version de la guerre froide ?

Secret d’alcôves, enquête russe… et impeachment : la guerre politique de Donald Trump

Enfin, c’est sur le front intérieur que Trump doit mener un de ses principaux combats. Comme vous l’expliquait Jim Rickards hier, les récentes attaques du président américain contre Amazon ne sont pas exemptes de visées politiques. Trump a décidé d’abattre Jeff Bezos, patron d’Amazon mais aussi propriétaire du Washington Post, journal qui s’est fait connaître dans l’affaire du Watergate et ne cache pas son opposition au 45e président.

La toute récente perquisition du FBI dans les bureaux de l’avocat personnel du président a en outre rallumé les braises d’une crise politique majeure. C’est ce que je vous expliquais, hier, dans Les Marchés en 5 Minutes :

[Hier], on apprenait que le FBI avait perquisitionné le bureau de l’avocat de Trump afin de démontrer que celui-ci a bien payé de supposées ex-maîtresses de celui qui allait devenir le président américain pour leur imposer le silence sur leurs relations passées.

Est-ce grave ? Hum… Certes, ces relations auraient eu lieu au début du mariage de Trump avec son actuelle épouse, ce qui ne donnerait pas du président américain une image de gentleman. Mais… qui a cru un instant que Trump l’était ?

Ce que la justice américaine reproche à Trump, ce ne sont donc pas ses infidélités, mais la possibilité que ces versements – reconnus par son avocat, mais qui n’a cependant pas admis de lien avec le passé sexuel de Trump – puissent être considérés comme des dépenses de campagnes cachées. Effectivement, ils auraient été faits à quelques jours de l’élection alors que l’équipe du candidat républicain cherchait logiquement à aplanir les difficultés et éviter au maximum les scandales.

Problématique donc, mais pas de quoi perturber les marchés. Ni la démocratie américaine.

Cela ne s’arrête cependant pas là. La perquisition chez l’avocat de Trump a été menée par le FBI et aurait été faite avec l’accord de Robert Mueller, le procureur spécial chargé de l’enquête sur de possibles ingérences russes dans la campagne présidentielle américaine.

Quels sont les liens entre cette enquête et les ébats du futur président avec une actrice X ? Pour l’instant, on n’en sait rien mais cette perquisition n’a fait qu’alimenter la colère de Trump contre Mueller et son enquête.

Cible des attaques du président depuis sa nomination, Mueller pourrait être une véritable bombe pour la présidence Trump. Depuis le début de l’enquête russe, le clan Trump est accusé de tout faire pour l’empêcher ou la ralentir. Adversaires et membres de son parti se sont inquiétés des limogeages en série, dont celui du patron du FBI ou encore du numéro 2 du département de la Justice.

Pour beaucoup, un renvoi de Mueller – qui peut être limogé à tout moment par Trump – reviendrait à franchir une ligne rouge. Une ligne rouge qui serait, pour une fois, respectée.

De nombreuses voix se sont en effet élevées – et ce jusque dans l’entourage de Trump – pour le mettre en garde contre une telle décision qui aurait dû mal à ne pas passer pour une volonté délibérée d’entraver l’enquête russe.

Et là, la faute serait toute autre que celle de batifoler avec une femme qui n’est pas la sienne.

En cas de limogeage de Mueller, Trump risque, ni plus ni moins, que le lancement d’une procédure d’impeachment. Et la presse américaine de prédire le début de la fin de Trump.

Nous n’en sommes pas encore là, mais voilà comment de vilains petits secrets risquent d’éclabousser la vie politique américaine… et donner quelques aigreurs d’estomac à Wall Street.

Mardi, la Maison Blanche a rappelé que Trump avait tout pouvoir pour limoger Mueller… Une guerre qu’il lui sera malgré tout difficile de remporter.

Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Attention, terrain miné ! Voici comment je résumerais la situation pour les marchés. Les derniers mois nous ont démontré que Wall Street était très loin d’être insensible aux combats de Trump. En bien ou en mal, l’influence du président américain sur les marchés n’est plus à démontrer.

J’ai donc deux conclusions à vous proposer.

Tout d’abord, ces guerres vont nourrir la volatilité retrouvée des marchés. Ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle, comme l’expliquait Etienne Henri, car cela pourrait signer le retour du rendement. Si la correction se poursuit, il va être plus que temps de préparer votre liste de valeurs qui mériteraient de rejoindre votre portefeuille.

Ensuite, il me semble qu’un secteur en particulier va profiter de la multiplication de ces guerres : celui de la cybersécurité.

Car aujourd’hui, les guerres ne sont pas uniquement sur le terrain diplomatique ou militaire, elles se mènent de plus en plus en ligne. Les Etats-Unis et l’Europe se sont à de nombreuses reprises inquiétés d’attaques venues de Russie, de Chine ou de Corée du Nord. Les Etats-Unis ont à leur actif une série d’attaques sur des intérêts stratégiques et diplomatiques non seulement de pays “ennemis” mais aussi jusque dans les rangs de leurs “alliés”.

La multiplication des tensions entre grandes puissances qui s’avèrent aussi être des acteurs majeurs des cyber-attaques ne peut conduire qu’à une explosion de celles-ci et donc à des besoins croissants en cybersécurité. Un secteur à mettre en portefeuille.
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