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Quand les biofiltres à air remplaceront les colonnes Morris

par Edern Rio
colonnes Pluvo captation co2

Mise en situation des colonnes Pluvo. Crédits : Pluvo.

Face au double problème de la pollution et du réchauffement climatique, des startups cherchent à implanter dans nos villes une nouvelle sorte de mobilier urbain, des biofiltres destinés à purifier l’air de nos rues. Ils pourraient remplir la double-fonction de capter les particules et le carbone.

Pluvo, le JCDecaux écolo

La startup anglaise vient de déposer un brevet pour des colonnes transparentes d’environ 4 mètres destinées à capter et purifier l’air. Ces cheminées de verre capteraient l’air et le dépollueraient grâce à une brume d’eau permettant de fixer les particules fines. Une colonne pourrait ainsi agir sur un rayon de 20 mètres.

La startup, lancée en 2018 par trois étudiants du Imperial College London et du Royal College of Art, imagine pouvoir autofinancer ses colonnes en y adjoignant un support publicitaire. Il s’agirait d’hologrammes projetés dans la brume de la cheminée.

Les villes n’auraient ainsi que peu de frais à installer ces équipements. Cela reste à démontrer, mais ne doutons pas que quelques villes pourraient être tentées par le coup de com’. D’ailleurs, aux dernières nouvelles, plusieurs villes du Royaume-Uni se seraient montrées intéressées et des contrats seraient sur le point d’être signés.

Nous en sommes pour l’instant au stade du prototype et les seules images disponibles sont des dessins, fort jolis convenons-en.

Fermentalg et Suez, un duo qui dure

Mais la perfide Albion n’est pas la seule à œuvrer dans ce sens. Nos inventeurs y travaillent également. Suez défend son concept de puits de carbone depuis plusieurs années maintenant. Il s’agit d’un tube contenant des micro-algues. Elles captent l’air et transforment le CO2 en oxygène par photosynthèse et permettent dans le même temps de réduire la pollution (PM10, PM 2.5 et dioxyde d’azote). Notre géant de la gestion de l’eau et des déchets avance qu’un puit d’un mètre cube remplace 100 arbres, soit une tonne de CO2 par an.

Au sein du puits, les micro-algues sont éclairées par des LED. Elles se multiplient et forment ainsi une biomasse qui sera évacuée par le réseau d’assainissement jusqu’à la station d’épuration. Magie du cycle de traitement des déchets, ils pourraient alors être transformés en méthane et donc utilisés comme source de chauffage dans le réseau de gaz urbain.

Quatre prototypes sont déjà installés en région parisienne. Le dernier en date a été révélé le 20 mars sur le site de traitement des déchets Valo’Marne de Créteil. Un autre de ces puits de carbone est également installé au carrefour Alésia à Paris.

Pour l’industriel, soumis au protocole de Kyoto sur les émissions de carbone, l’enjeu est également de réduire sa facture. Si Suez communique sur la possibilité d’installer ces biofiltres dans les villes, c’est pour l’instant sur les sites industriels qu’elle se concentre.

Fermentalg, un potentiel leader dans le domaine des algues

Cette technologie ne serait pas possible sans les micro-algues fournies par Fermentalg (FR0011271600 – FALG). Cette biotech industrielle semble être sur le point de passer à la vitesse supérieure. Non pas grâce aux puits de carbone, où une éventuelle industrialisation n’est prévu que pour les années 2020, mais grâce au marché mondial des omega-3.

Créée en 2009 et soutenue par des institutionnels et des industriels, la biotech s’est introduite en Bourse en 2014. Elle a connu le destin boursier classique avec un cours d’introduction élevé qui s’est vite érodé. Aujourd’hui, l’action évolue entre 2,5 € et 3,5 €.graphe bourse Fermentalg

 

Elle n’avait jusqu’ici pas vraiment de source de revenus et enregistrait des pertes annuelles d’environ 8 M€ sur les deux dernières années. Mais les choses pourraient bien changer.

Elle a signé en septembre 2018 un contrat de 5 ans pour fournir DSM, un important groupe néerlandais actif dans le domaine de la nutrition et de la santé. Elle le fournira ainsi en DHA. L’acide docosahexaénoïque (DHA) est un acide gras qui joue un rôle fondamental dans le développement du cerveau (pendant la grossesse et la petite enfance) et de la vision. Toutes les études prouvent que dans l’ensemble la population est carencée et gagnerait à ingérer plus d’omega-3.

carrence omega3

Les carences en omega-3 dans le monde. Slide issu de la présentation aux investisseurs du 12 mars 2019. Source : Fermentalg.

Du fait de ce partenariat avec DSM, Fermentalg prévoit ainsi de réaliser un chiffre d’affaires de quelque 4 millions sur l’année 2019.

Elle travaille également à des colorants naturels qui pourraient remplacer les colorants chimiques utilisés actuellement ainsi que des compléments alimentaires.

Positionnée sur les deux tendances fortes de l’évolution de l’alimentation et de la lutte contre le réchauffement climatique, cette biotech pourrait bien nous surprendre.

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