Accueil Internet & Communications Qui profitera de l’imminente grande bascule 4G 5G ?

Qui profitera de l’imminente grande bascule 4G 5G ?

par Etienne Henri
4G 5G

[Pour la première fois, les ventes de smartphones 5G ont dépassé celles des appareils 4G. Cela concerne le haut de gamme comme l’entrée de gamme. Clairement, l’érosion des parts de marché de la 4G est enclenchée. Il y a deux ans de cela, de nombreux sceptiques voyaient encore la 5G comme une lubie commerciale abstraite. C’est terminé. Les investisseurs prudents, qui attendaient la confirmation de l’appétence du marché, peuvent désormais investir dans le secteur en toute confiance…]

La tendance était perceptible depuis le printemps 2020, elle prend désormais une ampleur inégalée. Pour la première fois, les ventes de smartphones 5G ont dépassé celles des terminaux 4G.

Alors que tous les acquéreurs de téléphones mobiles n’ont pas encore souscrit, loin de là, à des forfaits adaptés, ils plébiscitent néanmoins le matériel capable de se connecter au nouveau réseau très haut débit. Avec une couverture qui ne fait que croître, et un surcoût à peine perceptible à l’achat, opter pour un téléphone 5G lors d’un renouvellement d’appareil est plus que jamais un investissement sur l’avenir.

taux de pénétration 5G

Taux de pénétration, sur le marché des smartphones neufs,
des terminaux 5G comparé à ceux équipés de 4G
(infographie : Counterpoint Research)

Dans une synchronisation quasi-parfaite, les chiffres montrent que la 5G n’est plus simplement réservée aux métropoles asiatiques ou aux riches technophiles occidentaux. La hausse des ventes de terminaux de dernière génération a touché simultanément, ces derniers mois, le haut de gamme et le bas de gamme. Si la tendance se poursuit – et les raisons d’y croire ne manquent pas – les appareils 4G devraient avoir une part de marché négligeable dès la fin de l’année prochaine.

Une rare convergence des segments 

Le phénomène est suffisamment rare dans le monde de la tech pour être souligné : la diffusion de la 5G ne se fait pas uniquement par ruissèlement des segments les plus chers vers les plus abordables. Non. Elle se fait au fil des renouvellements de téléphones. Et sur toutes les gammes de prix.

Le fait est que la 5G est bel et bien plébiscitée

Pour les appareils les plus coûteux, c’est naturellement Apple qui est le premier contributeur de cet essor. Depuis l’iPhone 12, le constructeur californien dispose d’un appareil 5G à son catalogue. Outre les quelques acheteurs attentistes qui retardaient le renouvellement de leur iPhone pour des raisons de connectivité, la grande masse des clients non-technophiles qui achète simplement le dernier modèle participe, sans parfois le savoir, à la diffusion des terminaux 5G. Ces appareils représenteraient, selon Bloomberg, plus d’un tiers des smartphones 5G vendus. Avec la sortie du nouvel iPhone SE compatible 5G, le produit d’appel d’iOS vendu à moins de 550 €, la diffusion va encore s’accélérer.

De leur côté, les appareils Android sont de plus en plus nombreux à être compatibles avec le nouveau réseau. Outre les modèles haut de gamme de Samsung, les constructeurs chinois positionnés sur les segments plus abordables comme Xiaomi, Oppo et Vivo participent grandement à la démocratisation de la technologie. Disposant chacun d’une part de marché supérieure à 10 %, leurs ventes s’additionnent jusqu’à faire de la 5G la technologie désormais dominante.

Il y a deux ans de cela, de nombreux sceptiques voyaient dans la 5G une lubie commerciale des industriels qui ne connaîtrait jamais les faveurs des acheteurs – voire, pour certains activistes décroissants, un progrès technologique à combattre. Le fait est que la 5G est bel et bien plébiscitée. Les investisseurs prudents, qui attendaient la confirmation de l’appétence du marché, peuvent désormais investir dans le secteur en toute confiance.

Bien investir sur les gagnants de la 5G

Parmi les entreprises du monde des télécommunications, les gagnants ne sont pas nécessairement ceux que l’on croit.

Les opérateurs cherchent encore des moyens de monétiser le nouveau réseau. Du fait de l’absence de contenus et services exclusifs à la 5G, la 4G étant encore largement suffisante pour la plupart des usages, difficile de justifier une surfacturation de la nouvelle connectivité.

La stratégie de SFR en est la parfaite illustration. Plutôt que de chercher à vendre à ses clients de nouveaux forfaits, l’opérateur a choisi de faire une vaste opération « opt-out », qui consiste à basculer silencieusement la plupart des abonnements 4G vers la 5G contre un surcoût de 3 € par mois, y compris pour les utilisateurs ne possédant pas de terminaux adaptés… A moins que ces derniers expriment explicitement leur désaccord.

Le fait que SFR table sur la méconnaissance des clients ou la distraction en dit long. Cette méthode rappelle celle de France Télécom lors de la démocratisation de l’Internet à domicile, qui continuait à vendre des forfaits 56k aux abonnés peu au fait des nouveautés. Et ce, à des prix parfois aussi élevés que celui des forfaits ADLS 512k de la concurrence !

Ces manières commerciales peu glorieuses, qui jouent sur la méconnaissance des clients, sont le signe que les opérateurs savent que peu d’abonnés feraient spontanément, à ce stade, la bascule de la 4G vers la 5G. N’en doutons pas, elles seront couronnées de succès, et ce sont probablement des millions d’utilisateurs qui payeront sans broncher la « surtaxe 5G ». Pour autant, au fil des renouvellements de forfaits, ils ne conserveront certainement pas cette option. En l’attente d’usages exclusifs, la manne pourrait donc se tarir rapidement.

En l’état, ce sont les constructeurs d’appareils et leurs fournisseurs de solutions de connectivité qui vont profiter de la bascule du marché. Peu leur importe finalement que les terminaux 5G soient utilisés ou non au summum de leurs capacités : un appareil 5G vendu, même s’il fonctionne en pratique en 4G, a généré du chiffre d’affaires.

Côté constructeurs, la quasi-totalité des grandes marques profite du rebond des ventes. Apple et Samsung sur le haut de gamme, Xiaomi, Oppo et Vivo sur les appareils plus abordables. Tous devraient connaître cette année des volumes de vente confortables.

Plus en amont dans la chaîne de valeur, les fournisseurs de modems peuvent eux aussi représenter un bon véhicule d’investissement dans la diffusion de la 5G. Actuellement, c’est l’Américain Qualcomm qui domine le segment des appareils dont le prix de vente est supérieur à 300 $. Le Taïwanais Mediatek règne quant à lui sans partage sur les appareils les moins chers. Avec des modems 5G vendues un peu plus de 20 $, il est presque le seul à être capable d’équiper les téléphones les moins chers.

Parts de marché des fournisseurs de modems

Parts de marché des fournisseurs de modems selon les gammes de prix des smartphones.
En bleu, Qualcomm ; en orange, MediaTek
(Infographie : Counterpoint Research)

Selon les analystes, des modems 5G à moins de 20 $ ouvriraient enfin la voie à la démocratisation de la technologie sur les appareils de moins de 150 $, dernier bastion de la 4G. La planète pourrait enfin rejoindre la Chine, où le taux de pénétration des smartphones 5G est désormais supérieur à 80 %, reléguant définitivement la 4G au rôle de technologie du passé.

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