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Qui veut se faire implanter une puce RFID sous-cutanée ?

par Edern Rio
Puces RFID

L’implant sous-cutanée de puces RFID gagne en popularité… en Suède du moins. Même si c’est encore un phénomène marginal, les entreprises qui proposent ce genre de services en BtoB, comme Bioteq au Royaume-Uni ou Biohax en Suède, se multiplient, ainsi que les questions sur leur usage dans un cadre professionnel.

Des milliers d’employés sur le point de se faire implanter une puce sous-cutanée en Angleterre

Dans un récent article du Telegraph, Jowan Österlund, ancien pierceur et fondateur de Biohax, entreprise suédoise leader dans le domaine des implants de puces sous-cutanées, indiquait être en discussion « avec plusieurs entreprises proposant des services financiers ou juridiques pour implanter ces dispositifs chez leurs employés. » Il ajoutait « l’un de mes prospects, que je ne peux nommer, est un acteur majeur de la finance et emploie des centaines de milliers de personnes. »

Rien que ça… Même si ces propos apparaissent comme une vantardise éhontée, il n’en fallait pas plus pour faire réagir les syndicats anglais qui tiraient la sonnette d’alarme le lendemain dans les colonnes du Guardian et pointaient du doigt la firme anglaise BioTeq.

L’implantation, qui ne prend pas plus de 5 minutes et est en général pratiqué entre le pouce et l’index, permet de stocker des données d’identification ou de droits, voire des données médicales.

Cette dernière propose le même genre de services et aurait déjà pratiqué 150 implants au Royaume-Uni, principalement sur des particuliers qui souhaitent pouvoir ouvrir leur porte, débloquer leur ordinateur ou encore démarrer leur voiture d’un geste de la main.

Que quelques originaux souhaitent pouvoir expérimenter ce genre de dispositifs ne choque pas outre-mesure. Chacun est libre de son corps. En revanche qu’une entreprise puisse imposer ou même juste suggérer cet implant est évidemment polémique.

Un implant simple et rapide, mais pour quoi faire ?

L’implantation, qui ne prend pas plus de 5 minutes et est en général pratiqué entre le pouce et l’index, permet de stocker des données d’identification ou de droits, voire des données médicales. C’est donc une opération très simple qui coûte entre 80 et 300 €.

Ses défenseurs indiquent que cette petite puce remplacera (dans les 5 ans…) le pass pour les transports, ou encore la carte bancaire. L’idée pour ces aspirants cyborgs est de ne plus avoir à se promener avec les trop nombreuses cartes qui encombrent notre portefeuille…

En Suède, où le phénomène semble avoir le plus d’ampleur, on compterait environ 4 000 personnes équipées.

La société de chemins de fer nationale propose même de s’identifier auprès de ses contrôleurs grâce à son implant et ce depuis plus d’un an et demi ! 130 personnes utiliseraient actuellement cette possibilité.

Un Suédois muni d’une puce sous-cutanée se fait contrôler. Source : Associated Press Archive (https://youtu.be/5N-mqiMuS-I).

Un phénomène de mode juvénile

En Suède et ailleurs, les « implants party » se multiplient. La plupart des participants dit trouver cela « cool et nouveau », malgré les alertes des médecins sur les risques d’infection et les usages franchement limités aujourd’hui.

En outre, contrairement aux idées reçues, ce n’est en aucun cas une amélioration de la sécurité des éventuelles données stockées. Les informations contenues dans la puce sont facilement duplicables, même à distance. Heureusement, la plupart des logiciels qui tirent parti de ces puces requièrent également un mot de passe.

A vrai dire, nombre de ces implantés reconnaissent ne pas se servir de la puce… Ce qui laisse penser que ces implants s’inscriraient plutôt dans le cadre d’un effet de mode juvénile qui le rapprocherait d’une pratique comme le tatouage, devenu mainstream chez les jeunes générations.

L’affaire des centaines de milliers d’employés qui pourraient (ou pas) se faire implanter une puce cutanée est surtout révélatrice d’un débat qui va se faire de plus en plus prégnant dans la société entre ceux qui veulent embrasser la digitalisation au mépris des avertissements de ceux qui mettent en garde contre les dérives de la cybersurveillance.

Cette nouvelle anglaise fait d’ailleurs écho à la rumeur qui circulait ces derniers mois sur les réseaux sociaux : la carte de sécurité sociale allait être remplacé par une puce sous-cutanée dès 2019… Une rumeur, fausse évidemment, mais si importante que plusieurs médias, dont France Info, se sont sentis obligés de la commenter.

Nous n’avons pas fini de parler des cyborgs !

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