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La reprise économique au service des énergies nouvelles

par Etienne Henri
cours brent mix énergétique

[Sur le brent comme sur le WTI, le pétrole vient de franchir des résistances majeures et confirme ainsi un rebond d’anthologie. La raison de cet engouement ? La reprise économique mondiale. La demande est littéralement sous pression. Les pays exportateurs de pétrole auront beaucoup de mal à la contenter. Heureusement, les énergies propres prennent le relais…]

Le pétrole vient de matérialiser un rebond d’anthologie

La résistance des 70 $ n’aura finalement pas tenu… Début juin, le prix du baril de Brent pour livraison en juillet a franchi ce seuil psychologique sous lequel il avait buté mi-mars pour dépasser les 71 $.

Le même scénario s’est déroulé de l’autre côté de l’Atlantique où le West Texas Intermediate (WTI) a pulvérisé sa résistance des 65 $ pour s’établir à 68 $ dès le 2 juin.

Le pétrole, qui avait été boudé comme de nombreuses matières premières en 2020, termine par le franchissement de ces résistances majeures un rebond d’anthologie qui a vu son prix presque doubler sur six mois.

 

Evolution prix spot du BrentEvolution du prix spot du Brent sur un an

 

La raison de cet engouement ? La reprise économique mondiale. Avec des consommateurs qui retrouvent le chemin des magasins, des employés qui reprennent le présentiel et des usines qui tournent à plein régime, la demande en énergie connaît un rebond historique – à l’image de sa chute provoquée par l’épidémie de COVID-19.

Selon l’EIA, (U.S. Energy Information Administration), la pandémie a causé une contraction sans précédent de la consommation mondiale, passée brutalement de 101 millions de barils par jour (mb/j) fin 2019 à moins de 90 mb/j au printemps 2020. Depuis, la moitié du terrain perdu a été regagné et l’humanité a consommé au mois d’avril environ 96 mb/j.

Il y a quelques jours, les responsables de l’OPEP et de l’OPEP+ se sont réunis et ont convenu d’un calendrier prudent de relance de la production pour répondre à cette nouvelle demande. D’ici la fin juillet, les vannes devraient de nouveau être ouvertes et 2,2 millions de barils ajoutés quotidiennement pour étancher notre soif d’or noir.

Quand l’OPEP offre trop peu, trop tard

L’annonce de cette « largesse » des producteurs, qui se sont pourtant engagés à augmenter l’offre mondiale de +2,3 % en six semaines, n’a pas soulagé les marchés. Le prix du baril continuait son ascension dans les heures suivant cette réunion.

Pourquoi cette annonce, qui promet de rééquilibrer la balance entre l’offre et la demande mondiale, n’a pas envoyé le prix du brut au tapis ? Pourquoi l’évocation du retour en fin d’année de l’Iran sur le marché international ne fait pas plonger les futures alors que le pays pourrait produire jusqu’à 4 mb/j ? Tout simplement parce que les opérateurs prévoient que, en matière d’approvisionnement, les prochains mois seront tendus.

Il y a bien longtemps que la métaphore des « vannes à ouvrir » de l’OPEP n’a plus cours. Les puits de pétrole ne sont plus des geysers qui ne demandent qu’à être mis en barils mais des forages complexes, longs à mettre en œuvre et coûteux. Les 4 mb/j de l’Iran restent hypothétiques et les 2,2 mb/j de l’OPEP ne permettent toujours pas de revenir au niveau pré-COVID.

L’IEA (Agence Internationale de l’Energie) prévoit pour sa part que la demande internationale atteindra les 99,6 mb/j dès la fin d’année… sans garantie aucune que les pays producteurs, qui ont été eux aussi touchés par la pandémie, puissent y répondre.

Le besoin d’énergie bascule vers l’électricité

En parallèle, la tendance à l’électrification de l’économie mondiale se poursuit. En 2020, tandis que la demande mondiale de pétrole chutait de 10 %, la consommation d’électricité ne se contractait que de 7 % en Europe et aux Etats-Unis. Elle s’offrait même le luxe d’être en hausse en Chine.

 

Evolution & prévisions consommation d’électricité 2019/2030Evolution et prévisions de la consommation d’électricité entre 2019 et 2030
Source : IEA

 

Le nucléaire n’est plus en odeur de sainteté

Or, les moyens pour répondre à cette demande croissante ne sont pas illimités. Le charbon pose d’énormes problèmes environnementaux, de sécurité et de logistique. Le nucléaire n’est plus, à l’exception de quelques pays comme la Chine, en odeur de sainteté. Même le pétrole, à l’origine de 20 % de l’électricité produite jusqu’aux années 1970, ne joue plus qu’un rôle négligeable dans le mix électrique.

Parmi les sources non renouvelables, seul le gaz naturel – relativement peu émetteur de pollution locale et encore abondant – devrait maintenir son importance relative dans les vingt prochaines années.

 

Evolution mix électrique sources primaires

Evolution du mix énergétique de sources primaires utilisées pour l’électricité :
l’essor des renouvelables est inéluctable
Source : Bloomberg/IEA

 

Le reste de la demande ne pourra être assurée que par les énergies renouvelables, solaire et éolien en tête.

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1 commentaire

Diallo 15 juin 2021 - 16 h 57 min

Félicitations

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