Accueil Innovation et vie quotidienne Et si la croissance française se cachait dans un laboratoire ?

Et si la croissance française se cachait dans un laboratoire ?

par Cécile Chevré

Cher lecteur,

C’est une énorme partie de poker qui est en train de se dérouler sous nos yeux. Comme à chaque campagne présidentielle, chacun des aspirants locataires de l’Elysée tente de faire impression sur nos malléables cerveaux d’électeurs en nous assommant de promesses, projets et prévisions… quand ils n’essaient pas tout simplement de s’éliminer entre eux à coups de petites phrases et de remarques ajustées.

Si vous observez de près le jeu politique, vous remarquerez que chaque candidat abat une carte et observe à la fois la réaction de ses adversaires et la nôtre. Dans leur manche, ils ont de nombreux atouts qui vont du mariage homosexuel à notre politique d’immigration, en passant par le temps de travail des profs, la suppression de telle ou telle fête nationale, ou l’opportunité de nommer Jean Dujardin ministre de la Culture.

Et, parfois, ils jouent l’atout économie. C’est d’ailleurs dans l’air du temps. Il y a 5 ans, personne n’avait entendu parler de LTRO, FESF, AAA, etc. Maintenant même votre nièce de 8 ans vous fait remarquer que vous avez perdu votre Triple A si vous lui offrez un livre plutôt qu’un iPad à Noël. Vous voilà dégradée de votre statut de tante préférée.

Parmi les serpents de mer des programmes économiques des différents candidats à la présidentielle, le fameux produire français. Comment en est-on arrivé là ? A partir d’un constat simple : nous sommes endettés. Jusqu’à présent, ce n’était pas vraiment un problème mais depuis que cela chauffe sérieusement à nos portes, c’est devenu un peu plus gênant.

Evidemment, nous pourrions réduire notre endettement. Mais ce n’est pas particulièrement vendeur électoralement. Rares sont les bienfaiteurs de l’humanité qui tressaillent de joie à l’idée de payer plus d’impôts, leurs soins dentaires, leur litre d’essence ou leur paquet de cigarettes.

Puisque la politique de rigueur n’a pas vraiment le vent en poupe, la seule solution est donc de faire entrer plus d’argent dans les caisses de l’Etat. Et pour cela rien de mieux qu’un bon retour de la croissance.

Jusque-là, tout va bien : mais comment stimuler la croissance ? Pas évident quand le “made in France” se fait rare. Il faut donc produire français. Je laisse chacun d’entre vous juger de la faisabilité du projet pour me concentrer aujourd’hui sur un secteur qui fait peu parler de lui, mais dont le dynamisme, la croissance et le potentiel ont de quoi séduire. Secteur dans lequel, en plus, les entreprises françaises ont la part belle.

Ce secteur, c’est celui des biotechs. Si vous êtes un habitué de la Quotidienne, vous savez certainement que nous avons placé cette année 2012 sous le signe de l’innovation. L’idée est simple : aller chercher la croissance là où elle se trouve – et en particulier dans ces entreprises qui préparent la nouvelle révolution technologique, dont font partie les biotechs.

Les biotechnologies sont en train de s’imposer dans de nombreux secteurs, et pas seulement médical.

Rouge, verte, blanche, faites votre choix…
Le domaine d’intervention des biotechnologies est large, c’est pour cela que, par commodité, trois catégories de biotechs ont été définies :

1. Les biotechnologies vertes
Elles concernent l’agriculture, l’élevage et l’industrie agroalimentaire. Leur objectif principal : augmenter la productivité agricole. Mais elles peuvent aussi avoir pour visée d’améliorer la résistance d’une plante à un insecte, à la sécheresse, etc. ou encore d’en améliorer les qualités nutritives ou gustatives.

Alors que la barre de 7 milliards de Terriens a été franchie, la question de l’alimentation (en qualité et en quantité) devient de plus en plus cruciale. Et c’est pourquoi les biotechnologies vertes suscitent autant d’intérêt.

L’amélioration des espèces végétales n’est certes pas une nouveauté (après tout, toutes les plantes comestibles – riz, blé, maïs, etc. – sont issues d’une longue sélection et domestication pratiquée depuis les balbutiements de l’agriculture) mais elle prend aujourd’hui un tour nouveau grâce aux biotechs.

Elias Roth, auteur d’un rapport spécial consacré aux biotechs, livre l’exemple suivant : “Par la connaissance du génome, il est désormais possible de transférer un gène de résistance dans le patrimoine génétique d’une plante. Ainsi, en 1985, fut planté le premier champ de tabac résistant aux insectes grâce au gène de la toxine de la bactérie Bacillus thurigiensis. Il s’agit donc d’un OGM, un Organisme Génétiquement Modifié. Il existe tellement d’applications à cette technologie qu’il serait possible de multiplier à l’infini les exemples”.

2. Les biotechnologies blanches
Ces biotechs sont liées à l’industrie. Elles permettent ainsi de transformer des produits agricoles (betterave, sucre, maïs) en biocarburants non pas par pressage pour obtenir une huile mais en utilisant des micro-organismes capables de synthétiser, par “digestion”, ces biocarburants.

Ces micro-organismes peuvent aussi être utilisés pour recycler ou dépolluer certains environnements. Voici ce qu’en dit Elias : “Les biotechnologies blanches sont aussi représentées par la biorestauration et la biostimulation. La biorestauration est l’utilisation de micro-organismes comme dépollueurs industriels : ainsi des bactéries du type Micrococcus éliminent les dérivés du pétrole générés par l’industrie pétrochimique”.

“La biostimulation consiste, quant à elle, à stimuler la prolifération d’une espèce dans un milieu afin qu’elle dégrade les produits polluants ou toxiques présents dans celui-ci : des champignons microscopiques sont ainsi utilisés pour dégrader le lisier de porc”.

3. Les biotechs rouges
Ces biotechs sont liées au domaine de la santé. Je vous avais déjà parlé de Genentech, la première société biotech au monde, qui a commercialisé un processus permettant de produire de l’insuline humaine à partir d’une bactérie (et non plus à partir d’insuline de porc). Cette société fait figure de précurseur et de modèle pour de nombreux autres biotechs.

Les domaines de recherches sont nombreux : par la maîtrise de l’ADN de nouveaux médicaments sont mis au point pour lutter contre diverses maladies, du cancer à la polyarthrite rhumatoïde.

Comme le rappelle Elias, aujourd’hui, 80% des nouveaux médicaments qui sortent sur le marché sont issus des biotechnologies. Un petit tour sur la rubrique santé des vos quotidiens vous donnera un bon tour d’horizon des possibilités offertes par les biotechnologies dans le domaine dans la santé. Je vous renvoie par exemple à un article du Figaro sur le diagnostic et le traitement du cancer du sein.

Misez sur les biotechs !
Convaincu par le potentiel des biotechs ? Alors, n’hésitez pas à suivre ces quelques conseils :

1. Comprendre les risques particuliers liés à l’investissement dans les biotechs

2. Identifier les biotechs et les avancées technologiques qui vont marquer la recherche… et les cours boursiers

3. Se renseigner sur la santé financière de la biotech, son financement, son endettement, ses perspectives

4. Investir au bon moment. Je vous en parlais dans une précédente Quotidienne, investir dans une biotech nécessite de savoir quand le faire. Les recherches qui aboutissent à la commercialisation d’un médicament sont longues et coûteuses. En tant qu’investisseur, vous devez investir suffisamment tôt dans le processus de sortie d’un médicament pour profiter du potentiel de hausse du cours d’une action mais à un moment suffisamment avancé de ce processus pour ne pas prendre des risques financiers inconsidérés.

Pour vous aider, et parce que nous n’avons pas tous le temps et les compétences de s’intéresser au domaine très particulier des biotechs, nous avons demandé à Elias Roth de vous donner les clés de ce secteur.

Elias possède un atout de taille : il est médecin et formé à l’investissement. Il connaît donc les biotechs de l’intérieur. Il a sélectionné 5 biotechs françaises – éligibles au PEA ! – qui lui paraissent prometteuses. A découvrir ici…

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