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SPAC : Le marché pré-IPO s’offre à vous

par Etienne Henri
investir spac bourse

Quel est le point commun entre Virgin Galactic (NYSE : SPCE), Nikola (NYSE : NKLA) et Mediawan (FR : MDW)?

les investisseurs particuliers peuvent profiter d’une diversification pré-IPO qui était jusqu’ici réservée aux grosses mains

Outre le fait d’avoir de sulfureux fondateurs (Richard Branson, Trevor Milton et Xavier Niel), ces sociétés ont rejoint la Bourse par un mécanisme bien particulier. Plutôt que de faire une IPO classique, elles ont fusionné avec une coquille vide déjà cotée pour accélérer la procédure.

Après le succès du dossier Virgin Galactic, les SPAC (Special Purpose Acquisition Company) sont de plus en plus recherchés sur la place new-yorkaise. Ray Blanco vous expliquait il y a quelques jours le pourquoi de cet engouement, mais aussi les difficultés auxquelles fait face un investisseur particulier qui souhaiterait investir sur ces nouveaux véhicules d’investissement.

Outre le fait que l’écrasante majorité des SPAC est cotée à l’étranger – ce qui ne simplifie pas la constitution d’un portefeuille pour un acheteur français –, leur structure est souvent opaque. Investir au hasard sur un SPAC revient à acheter un ticket de loterie. Aujourd’hui, je vous propose un moyen facile pour vous positionner facilement sur les meilleurs SPAC du New York Stock Exchange.

Le SPAC, ou le nouveau bazooka de l’investisseur tech

Pour comprendre pourquoi les SPAC recueillent un tel engouement, il faut revenir à leur mode de fonctionnement. Lorsqu’un SPAC est créé et coté en Bourse, il possède un trésor de guerre, obtenu grâce aux fonds levés, mais pas encore de cible.

Son équipe dirigeante se met alors en chasse d’une entreprise à racheter. Le SPAC avant rachat est comme un fonds d’investissement qui serait encore 100 % liquide : toutes les entreprises non cotées sont des actifs potentiels et les possibilités sont infinies.

Lorsque la cible rachetée est de qualité, comme ce fut le cas pour Virgin Galactic, les investisseurs touchent le gros lot. Depuis son arrivée à la Bourse de New York il y a près d’un an, le titre SPCE est passé de 10,7 $ à plus de 20 $ – en passant par un sommet à 33,8 $.

Virgin Galactic graphe bourse

+100 % en douze mois :
les actionnaires du SPAC qui a racheté Virgin Galactic ont de quoi être aux anges

Si cette performance alléchante est évidemment liée au potentiel de Virgin Galactic, elle est, du point de vue des actionnaires de la première heure, totalement à mettre au crédit des gérants du SPAC qui ont réussi à mettre le grappin sur si belle cible.

Il faut garder à l’esprit une chose : la mission d’un SPAC est de transformer le cash de ses investisseurs en actions d’une société jusqu’ici non cotée. Ces titres sont la matière première du SPAC comme peut l’être une concession obtenue pour une entreprise minière ou encore un brevet pour un patent troll [NDA : entreprise dont le modèle d’affaires est de valoriser les brevets sans activité industrielle].

La raison d’être d’un SPAC est de faire des achats d’actions à bon compte, ni plus ni moins – le reste de l’aventure industrielle est un tout autre sujet.

Pour atteindre cet objectif, les actionnaires du SPAC s’appuient sur l’équipe dirigeante, son réseau, sa capacité à convaincre une entreprise non cotée de prendre le chemin de la Bourse et ses talents de négociations pour obtenir un bon prix d’achat.

Lors de la création du SPAC, un véritable chèque en blanc est en signé aux gérants – pour le meilleur et pour le pire.

Risques et opportunités main dans la main

La liberté quasi-totale offerte aux administrateurs des SPAC, nécessaire pour qu’ils mènent à bien leur chasse aux bonnes affaires, a un prix. Sans véritable contrôle des actionnaires quant au choix de la cible, sans visibilité lors des négociations et sans surveillance des conflits d’intérêts potentiels, le risque de se retrouver actionnaire d’une cible encombrante est loin d’être nul. Même si les fraudes restent pour l’instant rares, tous les rachats ne sont pas des success-stories.

Le dossier Nikola en est une parfaite illustration. Un temps plébiscitée par le marché, l’entreprise est désormais en disgrâce et son dirigeant a dû quitter son poste dans la précipitation cet été. S’il est, pour l’instant, trop tôt pour parler de fraude caractérisée du côté de Nikola comme du SPAC qui a racheté l’entreprise, les investisseurs initiaux se retrouvent aujourd’hui avec des titres dont le potentiel est loin d’être évident.

Nikola graphe bourse

De scandale en scandale, l’action Nikola (NYSE : NLKA)
a perdu près de 70 % depuis ses plus-hauts du mois de juin

Comme je vous le disais plus haut, les possibilités de contrôle en amont du rachat sont limitées. Un investisseur, si intelligent et prudent qu’il soit, est pieds et poings liés et dépend du bon vouloir de l’équipe dirigeante du SPAC. Après avoir vérifié que l’équipe à la tête du SPAC semble honnête et compétente, il ne reste qu’une solution pour minimiser le risque de se retrouver avec des canards boiteux : la diversification.

SPAK : le marché pré-IPO s’offre à vous 

Plutôt que de vous atteler à la tâche titanesque (et pour tout dire impossible pour un particulier) qui consisterait à étudier successivement tous les SPAC et leurs dirigeants, vous pouvez vous positionner sur un véhicule unique.

L’ETF SPAK, coté au NYSE depuis le 1er octobre, a pour mission de ratisser au plus large dans l’univers des SPAC. Il détient des participations dans pas moins de 35 entreprises. Ses cibles privilégiées sont les sociétés valorisées plus de 250 M$, dont les échanges quotidiens atteignent le million de dollars, et dont le flottant dépasse 10 % du capital.

Au premier octobre, l’ETF détenait des parts dans des entreprises aussi variées que Draftkings (paris sportifs en ligne), Clarivate (analyses de données et PI), Vertiv (Big Data), Immunovant (biotech) et, bien sûr, Virgin Galactic. Les gérants ont fait le choix, au vu des incertitudes qui pèsent sur l’entreprise, d’exclure Nikola de l’ETF et ont promis de faire de même pour toutes les entreprises soupçonnées de fraudes.

Si cette diversification sur des entreprises prometteuses est déjà une raison suffisante de mettre ce nouvel ETF en portefeuille, c’est pour moi un autre aspect de SPAK qui le rend particulièrement intéressant. En plus d’investir sur les SPAC ayant acquis leur cible, SPAK réserve 20 % de son capital aux SPAC n’ayant pas encore choisi leur future proie.

De cette manière, les investisseurs dans SPAK peuvent profiter du potentiel explosif des SPAC vierges de tout investissement. En confiant aux analystes de l’ETF la lourde tâche d’enquêter sur les SPAC et leurs équipes tout en diluant le risque, les investisseurs particuliers peuvent profiter d’une diversification pré-IPO qui était jusqu’ici réservée aux grosses mains.

N’oubliez pas que c’est l’investissement avant cotation qui a historiquement fait la fortune des hedge funds et autres family offices aux poches profondes. En le rendant accessible facilement aux investisseurs individuels, les SPAC semblent sur le point de réussir là où le crowdfunding n’a jamais vraiment tenu ses promesses.

Sur les neuf premiers mois de l’année, ce sont pas moins de 120 SPAC qui ont été créés à New York pour un montant levé de plus de 45 Mds$. Avec l’ETF NYSE : SPAK, vous pouvez profiter dès maintenant de cette méthode d’investissement révolutionnaire.

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3 commentaires

vanier 9 octobre 2020 - 20 h 26 min

Bonjour,
Les Européens n’ont PAS accès aux ETF américains comme spak.
Une réglementation européenne stupide de plus.

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Teo VIDAL i SOL 13 octobre 2020 - 15 h 55 min

“Bonjour,
Les Européens n’ont PAS accès aux ETF américains comme spak.
Une réglementation européenne stupide de plus.” !? So What ? Thrue ?

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Christian Proulx 30 décembre 2020 - 20 h 12 min

Bonjour,
J’aimerais comprendre un peu mieux les SPAC.
Quel est la différence entre un warrant acheté lors de l’achat d’un bon de souscription d’une société de chèques en blanc alors qu’il vaut 1/3 d’action et un warrant acheté après la fusion lorsque le nom du titre a changé.
Exemple concret.: Si j,ai acheté des warrants dune société LAZR après la fusion de Gores Metropoulos Inc. (GMHI) et de Luminar,
quand pourrai-je échanger mes warrants pour des actions et dans quelles proportions.
De plus avez vous quelques lectures à me suggérer à ce sujet.
Merci
Christian Proulx
transit1996@videotron.ca

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