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Sucre, apprenez à profiter d'un marché baissier

par admin

Selon la Commodity Futures Trading Commission, la tour de contrôle de la Bourse américaine sur les matières premières, les hedge funds et autres spéculateurs sont vendeurs sur le sucre. C’est une première depuis 2007 !

Jusqu’à l’année dernière, l’espoir était permis. Le Brésil relançait à peine sa production de sucre, après deux années catastrophiques. Les récoltes abondantes dans les autres pays producteurs avaient pris le relais, et fait plonger les cours. Rendez vous compte, les cours ont dévissé de plus de 50% depuis leur pic historique en février 2011.

Titre : prix mensuel du cours du sucre – US cents par pound

Graphique du cours du sucre

A 16 cents la livre, les producteurs “sont sous leurs coûts de production ou tout juste au même niveau”, note Emmanuel Jayet du négociant en matières premières Sucres & Denrées, cité par Le Figaro.

Le problème, c’est que rien n’assure que le marché se redressera dans les années à venir.

Dilma Roussef noie le marché
D’après les dernières données du rapport Cyclope, la production excédera largement la demande cette année encore. La production mondiale devrait s’établir à 177,5 millions de tonnes, soit une hausse de 2,5 millions de tonnes par rapport à la dernière récolte.

L’explication est simple, le Brésil a repris le leadership cette année, sur un marché ou la Thaïlande, l’Ukraine et l’Europe faisaient auparavant la pluie et le beau temps. Cette année, la production du Brésil devrait augmenter de 4,7%, à 37,6 millions de tonnes. Comme le souligne le rapport Cyclope, ce n’est pas tant la hausse de la production que “la rapidité avec laquelle [le redressement] se produit”. Personne ne s’attendait à ce que les mesures prises par la présidente brésilienne soient si efficaces.

Pour remplacer les vieilles cannes à sucre qui expliquaient les faibles rendements brésiliens, le gouvernement a accordé des prêts à faible taux aux planteurs. Le taux de renouvellement de la canne a été en 2012 largement au-dessus de la moyenne dans tous les Etats producteurs (au-dessus de 10% dans certaines régions du centre-sud). Les rendements ont ainsi bondi à 74 tonnes l’hectare, contre 67 tonnes/hectare auparavant. L’utilisation de variétés à maturation rapide a fait le reste, en augmentant la production seulement un an après le lancement du programme.

Cette politique a fait le bonheur des consommateurs bien évidemment.

La Chine rit, l’Europe pleure
La Chine en a profité cette année pour regarnir ses stocks, tout comme l’Indonésie ou les pays du Moyen-Orient en prévision du Ramadan. A l’inverse, les producteurs de betterave à sucre notamment européens ont été pris à la gorge. La production de sucre à partir de betterave coûte plus de 30% que celle de cannes à sucre, rendant difficilement supportable un effondrement des prix.

Aux Etats-Unis, pour soutenir le revenu de ses agriculteurs, l’USDA, le département américain de l’Agriculture est intervenu énergétiquement. Celui-ci a acheté 100 000 tonnes de sucre aux agriculteurs, pour les vendre aux producteurs d’éthanol. Les aides aux importations pour les raffineurs ont également été retirées.

Malheureusement pour les agriculteurs, les prix du sucre ne sont pas prêts de se redresser. A l’inverse du blé ou du soja ou les producteurs peuvent adapter leur résultat en fonction de la demande, l’offre de sucre est peu élastique.

Les fermiers sont condamnés à produire
A l’inverse du maïs, du blé ou de la betterave sucrière, les cannes ne se remplacent qu’une fois tous les 4 ou 5 ans. Ce qui implique, comme le souligne Bloomberg, “que les agriculteurs continuent de produire même lorsque les prix chutent”. Et ne comptez pas trop sur les producteurs de betteraves pour équilibrer le marché, la betterave ne représente que 25% de la production de sucre.

C’est ce qui explique que le courtier spécialisé sur le sucre Czarnikow prévoit que la production de sucre à partir de la canne va atteindre un nouveau record l’année prochaine. Le consensus parmi les analystes est que le marché restera en surproduction l’année prochaine, entre 3 et 5 millions de tonnes (autour de 7 pour la saison actuelle).

Comment en profiter ?
L’idée a été esquissée avec le cas des Etats-Unis, les premiers à profiter de cette tendance sont les producteurs d’éthanol. Plus l’alcool de sucre est bas, plus leur carburant est rentable.

Le gouvernement brésilien l’a bien compris. En parallèle de ses aides au renouvellement des cannes à sucre, l’Etat a baissé ses taxes afin d’inciter les producteurs à produire du bioéthanol avec le sucre. Les producteurs d’éthanol sont ainsi satisfaits. La production a augmenté de 19% cette année dans le pays.
[NDLR : Matières à Profits a investi en début d’année sur une petite valeur qui a bien l’intention de profiter des opportunités du marché brésilien de l’éthanol. Pépite technologique, la société américaine s’est associée l’année dernière avec un géant du sucre brésilien pour développer de nouveaux carburants verts. Déjà en hausse de 40%, le mouvement de consolidation actuel vous donne l’opportunité de rentrer sur cette valeur. Retrouvez plus de détails dans Matières à Profits.]

Nous avons un accès direct au marché brésilien de la canne à sucre à travers deux sociétés, Cosan (CZZ:NYSE), spécialisée dans la production de bioéthanol, et Adecoagro (AGRO:NYSE), qui compte Georges Soros à son capital, et qui a récemment orienté la production de ses raffineries de sucre vers la production d’éthanol.

Bon investissement.

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