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Sucre : déjà 130% de hausse en neuf mois et une configuration bullish de surcroît

par Isabelle Mouilleseaux

Aujourd’hui, je vous propose un petit point sur le sucre. Vous allez voir, la configuration est intéressante. Tant fondamentalement que techniquement.

Depuis janvier, le cours est passé de 11 cents ($) la livre (sur l’ICE à Londres), à 25,43 cents le 30 septembre. Soit un record historique de 28 ans et une hausse de 130% en neuf mois.

Qu’est-ce qui pousse autant le prix du sucre à la hausse ?

Il pleut, il pleut, il pleut…
Après la mousson qui n’en finissait pas de ne pas arriver sur l’Inde, abîmant fortement les cultures du fait de l’extrême sécheresse, c’est aujourd’hui la pluie qui menace la récolte. Impossible de récolter le sucre dans de bonnes conditions ; une nouvelle baisse des rendements se profile à l’horizon

La production de sucre indienne est attendue en fort repli. Or l’an dernier déjà, elle avait chuté de 20% pour cause de sécheresse.

Même combat au Brésil
Actuellement, il pleut et la récolte prend du retard. Toute la saison a été marquée par une humidité hors du commun.

L’Organisation internationale du sucre vient donc de revoir encore à la baisse de 3,3% la production brésilienne de sucre par rapport aux estimations de fin septembre ; production qui n’est plus attendue qu’à 28/29 millions de tonnes contre 32 millions en juillet.

A toutes fins utiles, je vous rappelle que ces pays sont les deux plus gros producteurs de sucre de la planète. Et que le Brésil est aussi le plus gros exportateur de sucre.

L’Europe en rajoute une couche…
Elle abandonne son système de soutien à ses producteurs de sucre. Le programme de gel progressif des subventions a commencé et se poursuivra jusqu’en 2015, date à laquelle le marché sera théoriquement dérégulé.

Du coup, d’exportateur net, l’Europe est devenue elle aussi importatrice nette.

Les Indiens jouent les prix à la hausse
Les agriculteurs indiens ont le sens du business ! Ils "retiennent" leur sucre, espérant ainsi vendre leur récolte plus chère puisqu’ils s’attendent à une hausse des prix.

Le problème c’est que l’Inde, habituellement exportatrice de sucre, est depuis plusieurs mois importatrice nette de quelque deux millions de tonnes. Ce qui déséquilibre fondamentalement le marché du sucre.

Ce "phénomène de rétention" accroît le déficit de sucre disponible sur les marchés internationaux, la ponction de l’Inde sur ces marchés allant croissant. Ce qui pose des problèmes aux autres importateurs de sucre, comme le Pakistan, l’Egypte et l’Indonésie.

Bref. Entre une production sans cesse revue à la baisse, une météo "El Niñesque" franchement défavorable et la rétention indienne, l’offre est à la peine.

La demande de sucre ne faiblit pas
Face à une offre de sucre mise à mal — elle devrait chuter de 7%, à 155 Mt –, la consommation de sucre ne cesse de croître. Pour la saison qui vient de s’ouvrir (2009/2010), la demande est attendue en hausse de 2,6% sur l’année, à 165 millions de tonnes.

Conséquence : nous serons une nouvelle fois en déficit !
Un déficit qui a atteint sur 2008/2009 10,7 millions de tonnes, et qui devrait encore afficher six millions de tonnes sur 2009/2010.

Pour satisfaire la demande, on "tape" allègrement dans les stocks. Seulement voilà. A force d’y puiser…

Le stock fond comme neige au soleil
Il ne représente plus que 35% de consommation annuelle, un point bas de 10 ans. Voilà pourquoi les investisseurs s’attendent à des tensions fortes sur les cours dans les mois à venir.

Offre au plus mal, demande attendue en hausse, stock dégarni : attention à la hausse des cours !

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Pétrole et dollar en toile de fond
Autres facteurs de hausse : la faiblesse du dollar qui dope les importations et bien sûr le cours élevé du pétrole auquel le cours du sucre est corrélé par éthanol interposé.

Fondamentalement, le marché du sucre est porteur.

Que nous dit le graphique ? L’analyse technique est-elle également souriante pour le sucre ?

Que dit le graphique ?
Tout d’abord, la tendance est clairement haussière depuis fin 2008. Il n’y a qu’à regarder le graphique ci-dessous et l’oblique support (en vert) pour s’en convaincre.

Graphique sur le sucre

Ensuite, après la très forte hausse des cours entre avril et août, le cours du sucre a consolidé. Il semble clairement dessiner un triangle.

Etant donné les fondamentaux du marché, je m’attends à ce que le cours s’extirpe de cette configuration par le haut. Ce qui serait un signal d’achat qui nous permettrait de franchir la résistance des 24 cents, le record et 25,43 cents et ouvrirait la voie vers les 30 cents.

Enfin, côté RSI, il y a de la marge !

En trading, placez un ordre stop de protection juste en dessous des 21,80 cents, où se croisent support et moyenne mobile à 50 jours.

En résumé : suivez le dollar, le pétrole, El Niño et la sortie du triangle pour profiter des variations des cours du sucre.

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