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Supply chain : une licorne pour réindustrialiser la France !

par Etienne Henri
exotec robotique entrepôts

[Réindustrialiser la France. Bon nombre de politiques en rêvent, Emmanuel Macron en tête. Et, une petite licorne française semble toute proche le concrétiser. Ainsi Exotec, concentre les faveurs des pouvoirs publics comme des investisseurs. Son domaine d’expertise ? La robotique, et plus particulièrement les systèmes d’automatisation pour les entrepôts. Ses solutions logistiques ont déjà séduit Carrefour, Cdiscount ou encore Uniqlo… Amazon n’a qu’à bien se tenir !]

La French Tech redécouvre l’industrie

C’est une petite musique d’un nouveau genre qui commence à être jouée dans le milieu feutré de l’entrepreneuriat français. La French Tech, dont l’amour pour l’innovation se concentre traditionnellement sur les fintechs, le e-commerce et le SaaS (logiciels en location), redécouvre l’industrie.

Toute l’activité humaine ne pouvant être virtuelle, le remplacement de l’homme par la machine et celui de l’artisanat manuel par la mécanisation restent des leviers de croissance infaillibles pour les entreprises comme pour le pays.

Petit à petit, les activités bruyantes, salissantes, mais productrices de biens tangibles, retrouvent les faveurs des investisseurs et des pouvoirs publics. Signe des temps, la vingt-cinquième licorne française n’est pas une entreprise du web ni du logiciel, mais une jeune pousse spécialisée dans la robotisation d’entrepôts. C’est Exotec, spécialiste de la robotique automatisée.

La supply chain vaut des milliards

Remplacer l’homme par la machine pour créer plus de richesses est une recette éprouvée depuis les débuts de la révolution industrielle. Reste que, pour certaines activités, la main-d’œuvre humaine s’est avérée difficilement remplaçable.

Si le dur labeur manuel a progressivement quitté, dans nos contrées, les champs et les usines, les entrepôts logistiques sont des lieux où le recours massif aux travailleurs non qualifiés reste inévitable. Avec l’essor du e-commerce (+15 % entre le T3 2021 et le T3 2020, pourtant déjà porté par la crise sanitaire), le besoin en bras ne faiblit pas… et il suffit de lire la presse généraliste, ou écouter les retours des représentants de salariés, pour réaliser que ces postes sont souvent particulièrement éreintants.

Un coup de canif dans l’avance technologique de la firme de Jeff Bezos

C’est dans ce contexte qu’Exotec a levé 335 M$ (293 M€) pour développer sa solution automatisée destinés aux entrepôts. Son objectif est de parvenir à construire des entrepôts entièrement robotisés avec plusieurs appareils reliés par ses logiciels maison. Ce que fait de plus en plus le géant Amazon grâce à sa R&D d’excellence, Exotec souhaite le proposer à tous les logisticiens de la planète. A la clé, une amélioration sans précédent de la productivité de la chaîne logistique mondiale – et un coup de canif dans l’avance technologique de la firme de Jeff Bezos.

Avec une valorisation qui atteint désormais les 2 Mds$, les investisseurs reconnaissent le potentiel de la solution d’Exotec.

Une solution logistique qui a déjà fait ses preuves

Exotec a imaginé, pour répondre aux besoins de tous les entrepôts, une solution modulable à base de bacs et de racks empilables sur une grande hauteur. Des robots, dénommés Skypod, fonctionnent en flotte et s’occupent d’aller chercher les produits à la place des opérateurs. Et ce, 24h/24.

Empilement de produits et robots-cueilleurs façon Exotec

Empilement de produits et robots-cueilleurs sont la base du système Exotec (photos : Exotec)

En bout de chaîne, le bras mécanique Skypicker est capable de déplacer des objets jusqu’à 2kg et peut atteindre un rythme de colisage allant jusqu’à 600 articles par heure. Augmentation des cadences de production, limitation des risques d’accident au travail et réduction des erreurs, l’automatisation d’Exotec soulage les opérateurs humains tout en améliorant la productivité globale.

Bien loin des startups vapoware qui n’ont, au mieux, que des logiciels non rentables et, au pire, de simples promesses à offrir à leurs investisseurs, Exotec a ainsi un vrai système d’augmentation de rentabilité à proposer à ses clients. Pas étonnant, donc, que la jeune entreprise ait déjà réussi à convaincre Carrefour, CDiscount ou encore Uniqlo pour leurs entrepôts – alors qu’elle n’a été créée qu’en 2015. Juste avant la crise sanitaire, elle a conclu un partenariat avec l’intégrateur de solutions logistiques nord-américain AHS (qui équipe Walmart, Ebay ou encore Sephora).

Skypicker

Avec le Skypicker (visible en action ici), Exotec automatise la préparation de colis pour tous les logisticiens

En ce début d’année, Exotec compte à son capital Bpifrance, Dell Technologies Capital et Goldman Sachs Asset Management. Désormais dotée de plusieurs centaines de millions de dollars de liquidités, elle a une envergure suffisante pour concurrencer de front les grands acteurs de la robotique. Ce mouton noir de la French Tech, qui fait partie des rares licornes à ne pas avoir bâti son modèle d’affaires sur les activités dématérialisées, pourrait même devenir un modèle du genre.

Certes, l’entreprise a l’outrecuidance de ne pas proposer uniquement des services numériques qui ont l’avantage d’avoir un coût de déploiement marginal quasi-nul… mais elle répond à la nouvelle orientation des pouvoirs publics français qui souhaitent faire renaître notre tissu industriel. Et pour y parvenir, la robotisation sera un passage obligé.

Le grand retour de « l’industrie qui tache »

Le logiciel a de nombreux avantages… mais toutes les activités humaines ne peuvent être assurées par une application smartphone. La crise du COVID-19 a cruellement rappelé que nos vies (et nos économies) ne sont pas que virtuelles. Nous avons encore besoin d’un solide tissu productif manipulant des biens tangibles.

Toutes les activités humaines ne peuvent être assurées par une application smartphone

Pour augmenter la résilience de l’économie française, le gouvernement a annoncé un grand plan visant à inciter les jeunes pousses à rapatrier leur production. L’objectif est d’éviter l’adossement avec des grands groupes étrangers faute de financements et de capacités de production suffisantes dans l’Hexagone.

Pour y parvenir, le gouvernement sortant compte apporter 1 Md€ au fonds d’investissement SPI (sociétés de projets industriels) géré par Bpifrance. La structure, qui existe déjà depuis 2016, a pour objet de favoriser l’industrialisation des technologies innovantes ainsi que la modernisation du tissu productif français. Ayant vocation à ne rester que ponctuellement au capital des entreprises et à « amorcer la pompe » des tours de table menés auprès d’acteurs privés, SPI avait épuisé, à la fin de l’année dernière, son enveloppe initiale de 600 M€ allouée en 2015.

Avec 1 Md€ supplémentaire, voilà le fonds paré pour un nouveau cycle d’aide à l’industrie. La dotation ne sera d’ailleurs pas seule puisqu’elle sera complétée d’une enveloppe de 550 M€ afin de financer des subventions et avances remboursables pour les premières installations industrielles, ainsi que d’un « fonds de fonds » pour accompagner les prises de participation des fonds privés.

Au total, c’est un plan de 2,3 Mds€ sur cinq ans qui voit le jour pour favoriser le développement des startups industrielles. Puisse-t-il parvenir à faire naître d’autres Exotec dont notre pays a tant besoin !

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