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Tesla : attention au risque management (et plus encore)

par Arthur Toce
investir Tesla

Tesla est une valeur très populaire auprès des investisseurs. Pourtant, Arthur Toce n’est pas actionnaire. Pourquoi ? Parce que le risque management est bien trop élevé, entre autres. Tesla, c’est Elon Musk. Les deux se confondent et c’est un problème de taille particulièrement dangereux pour l’investisseur. Explications…

Tesla, c’est Elon Musk et c’est un problème de taille pour l’investisseur particulier

Question rhétorique : est-ce que je trouve qu’Elon Musk est un mec génial ? Réponse évidente : oui. C’est un entrepreneur plus que brillant. En fait quasiment tout le monde pense qu’Elon Musk est un mec génial. (Ou complètement frappadingue mais c’est une question de point de vue…)

Question rhétorique 2 : est-ce que je pense que Tesla réussit quelque chose d’exceptionnel. Réponse évidente 2 : bien sûr, on ne peut pas dire le contraire. Tesla est une entreprise innovante, ultra disruptive, une marque mondialement reconnue et une valeur très populaire auprès des investisseurs.

Les éloges sont nombreux mais, au risque de vous décevoir, je vais vous faire un aveu : je ne suis pas actionnaire de Tesla. Etonnant, non ? Pas vraiment… Il y a une explication et elle est toute simple : cela a tout à voir avec le risque management. Il est extrêmement élevé chez Tesla. Tesla, c’est Elon Musk. Les deux se confondent. C’est à mon sens un problème de taille et c’est particulièrement dangereux pour l’investisseur particulier… Je vous explique pourquoi dans les lignes qui suivent.

Tesla, c’est Elon Musk (et c’est un problème)

Ce n’est un secret pour personne, Elon Musk fait l’objet d’une sorte de culte. Cela a trait à sa personnalité, ses nombreuses réussites et, certainement, sa forte présence – et audience – sur Twitter. Ainsi, cela induit un risque management élevé.

Pour bien comprendre de quoi il retourne, prenons l’exemple d’Apple. Apple, c’était Steve Jobs. Savez-vous à quel moment le cours de l’action c’est le moins bien comporté ? Grosso modo à la mort de Steve Jobs. Voilà pourquoi je vous recommande d’être particulièrement vigilant sur Tesla… C’est plus ou moins le même cas de figure. Mais, s’il existe entre Apple et Tesla un parallèle relativement évident, gardons quand même en tête que ces deux entreprises, et leurs patrons, n’ont pas pour autant 100 % le même profil.

Elon Musk n’est pas à l’abris de tomber en disgrâce du jour au lendemain

Steve Jobs est mort. Pas Elon Musk. Et, finalement, malgré quelques secousses boursières, la marque à la pomme a bien su résister à la disparition de son charismatique patron. Pourquoi ? D’abord, parce que Steve Jobs avait bien préparé sa succession. Tout avait été organisé en amont. Ensuite, parce que Tim Cook a réussi le tour de force de s’affranchir de la figure de Steve Jobs pour impulser son propre style et imposer sa vision – notamment sur la taille des écrans des iPhone. Et, maintenant, Apple est liée à la figure de Tim Cook. Apple, c’est Tim Cook.

A l’inverse, chez Microsoft, la succession de Bill Gates ne s’est pas du tout passée de la même manière… Dans les années 2000, Bill Gates a laissé les rênes de Microsoft à Steve Ballmer. Et, si la transition a été plus simple chez Microsoft que chez Apple – Bill Gates n’étant pas mort –, cette dernière a mieux marché chez Apple que chez Microsoft. Pourquoi ? Tout simplement parce que, si les marchés ont très vite compris ce que voulait faire Tim Cook, cela n’a pas du tout été le cas pour Steve Ballmer. (Et, pourtant, qu’on le veuille ou non, si Satya Nadella en est là où il est aujourd’hui, c’est en partie grâce aux actions menées par son prédécesseur Steve Ballmer avant lui.)

Voilà donc à quoi tient le risque management : la stratégie du successeur. Et celle-ci doit être claire comme de l’eau de roche pour les marchés. Point. Bien sûr, il existe quelques exceptions à la règle mais vous avez l’idée.

Revenons-en donc à Tesla. Je me répète, Tesla, c’est Elon Musk. Et, aujourd’hui, être bull sur Tesla, c’est avoir en tête cela. Une partie de notre thèse d’investissement repose sur cet élément. Le problème, c’est qu’Elon Musk n’est pas immortel. Bon OK, je vous l’accorde, il ne devrait pas mourir tout de suite. Mais il n’est pas non plus à l’abri de tomber en disgrâce du jour au lendemain. Ce qui peut tout à fait revenir au même.

Il faut dire que sa personnalité est – rayez la mention inutile – complexe, sulfureuse, clivante, tyrannique… Et Elon Musk est réputé pour avoir du mal à fédérer autour de lui. C’est un super découvreur de talents mais il ne sait ni les fidéliser, ni les garder… (Bonjour le turn over !)

Tesla : je n’achète pas (et mon collègue vend !)

Bon, maintenant que vous avez saisi l’idée du risque management, venons-en particulièrement à Tesla. On le sait, Tesla est une entreprise très innovante. C’est le pionnier de la voiture électrique, avec le succès qu’on lui connaît aujourd’hui. Mais, pour moi, c’est maintenant que les choses vont se corser – pour l’entreprise comme pour la valeur.

D’abord, côté croissance. Je m’attends à certains ralentissements à plus ou moins moyen long termes. Pour rappel, Tesla est certes un pionnier de la voiture électrique mais, l’entreprise n’est plus seule sur ce créneau. Soutenu par la transition énergétique, le marché se développe à une vitesse folle et la concurrence s’intensifie. D’ailleurs, l’entreprise pourrait bien se faire dépasser par la Chine…

Où en est-on en matière d’innovations ? L’Autopilot se traîne quelques casseroles aux fesses. Certes, l’entreprise a opéré un beau virage sur le segment des batteries, mégatendance par excellence. Pour autant, à l’heure actuelle, et c’est un point de vue tout personnel, j’ai du mal à identifier les acteurs qui peuvent vraiment réussir dedans…

Tesla est très disruptive, certes, mais peut-être un peu trop

Ensuite il y a le solaire, mégatendance précédente sur laquelle Tesla s’est également positionnée. Sans rentrer dans les détails, il y a sur ce front-là, aussi, un certain nombre d’égarements et de ratés. Tesla est très disruptive, certes, mais peut-être un peu trop, justement. Il y a beaucoup trop de dispersion à mon goût. (On en parle des robots humanoïdes, dernière lubie en date ?)

D’un point de vue boursier, le titre est connu pour sa valorisation hors-sol, fortement spéculative. Attention là aussi ! Avec ce genre de valorisation, la marge de manœuvre est mince en termes de droit à l’erreur… Un petit pas de côté peut vous faire dérailler, ce qui peut être dangereux pour un petit porteur. Voilà pourquoi je ne suis pas actionnaire.

D’ailleurs, mon collègue Slimane Himora, lui, est carrément vendeur ! Il vous explique pourquoi juste ici… (Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas !)

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