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Un "Tesla français" existe-t-il ?

par admin
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Je vous ai expliqué les nouvelles ambitions de Tesla, le producteur de voitures haut de gamme pour écologistes fortunés.
En quelques mois, le cours s’est envolé de plus de 650%. Malgré mon scepticisme sur cette performance qui relève plus de la prise de LSD que de l’analyse boursière — à capitalisation équivalente, Tesla vend quelques milliers de véhicules par an contre plus d’un million pour Renault –, je dois reconnaître que Tesla a réussi à donner des perspectives alléchantes.

 Graphique de TESLA

Aujourd’hui, j’aimerais donc revenir sur une autre raison du succès du constructeur.
Si Tesla a fait décoller les courtiers de leur chaise, c’est qu’en plus du marché des voitures électriques, Tesla cible, à travers sa giga factory, le marché du stockage résidentiel.
Le stockage résidentiel : indispensable pour consommer
Le stockage résidentiel, c’est d’abord le stockage de l’énergie installé près d’une maison ou d’un local commercial. Lorsque chaque foyer voudra vivre selon ses propres ressources sans déverser l’électricité de son panneau solaire ou de son éolienne sur le réseau, il aura besoin de pouvoir stocker l’énergie qu’il a produite — pour pouvoir en différer l’utilisation par exemple.
Ce stockage est indispensable pour mieux intégrer le renouvelable au réseau. Avec la mise en fonction de champs d’éoliennes et de panneaux solaires de plus en plus grands, le risque de faire “sauter” le réseau va devenir réel. Contraint d’équilibrer en permanence le réseau, les gestionnaires vont devoir s’appuyer sur des capacités importantes de stockage pour mieux lisser la production verte.
Or aujourd’hui, ce défaut de stockage est l’un des principaux freins au développement des énergies renouvelables. C’est le cas en Chine, par exemple. Le pays connaît depuis quelques années la fièvre de l’éolien. En 2012, un tiers des capacités installées dans le monde l’ont été en Chine. Pourtant ce boom ne s’est pas traduit par une production équivalente en Giga Watts. Un cinquième du parc n’était pas raccordé au réseau début 2013. La raison ? Le réseau était tout simplement incapable d’accueillir ces nouvelles capacités, au risque de le faire “sauter”.
Le stockage est aussi un enjeu de sécurité
A l’avenir, les capacités d’énergies renouvelables ne vont cesser de progresser. Le cabinet américain IHS estime que, cette année, ce n’est pas moins de 40 GW supplémentaires en énergies photovoltaïques qui vont être installés dans le monde. En 2012, seulement 101 GW étaient installés. Dans l’éolien, c’est près de 45 GW qui devraient s’ajouter au marché cette année, sur un total de 318 selon le GWEC.
Or “développer de façon massive les énergies renouvelables sans régler le problème du stockage est dangereux”, note Jean-Jacques Nieuviaert, chargé de l’économie et des marchés à l’Union française de l’électricité (UFE). Avant que les black-out plongent la planète dans le noir, il va falloir régler ce problème du stockage !
Un marché de 100 milliards de dollars
C’est la France qui, la première, s’est distinguée dans le domaine. Dès les années 1970, l’énergie nucléaire étant produite la nuit, l’Hexagone a très vite installé sur son territoire des stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) chargées de faire remonter l’eau dans les retenues d’un barrage. L’eau était ensuite relâchée au moment voulu. Problème : tout le monde ne dispose pas d’un barrage à proximité.
C’est pourquoi l’essor des énergies renouvelables a fait naître des technologies adaptées à tous… au premier rang desquelles la batterie. Nous l’avons vu, la technologie reine reste plus que jamais la batterie au lithium : ce sont les technologies au lithium qui seront massivement utilisées au début.
C’est pour cela que l’usine de Tesla pourrait devenir rapidement la clef de voûte d’un marché prêt à décoller. Pour le cabinet d’analyse Lux Research, le marché du stockage pèsera 10,4 milliards de dollars d’ici 2017. Pour rappel, le marché ne pesait encore que 200 millions de dollars en 2012.
Pour le cabinet Pike Research, en collaboration avec l’Agence Internationale de l’Energie, le marché pourrait même atteindre les 100 milliards de dollars d’ici 2022. De quoi nous faire avaler la valorisation délirante de Tesla.
McPhy, le Tesla français ?
Mais miser sur une start-up dès aujourd’hui peut s’avérer être un pari encore plus excitant. A plus long terme d’autres technologies émergeront, comme les batteries zinc-air, les batteries zinc-fer ou encore les batteries métal liquide (les électrodes sont en métal liquide). En attendant le développement des piles à hydrogène, dont les premières applications commerciales ont vu le jour l’année dernière.
Si vous nous lisez régulièrement, je pense que vous voyez où je veux en venir.
McPhy Energy (FR0011742329) est une start-up française qui a développé une technologie inédite de stockage d’hydrogène sous forme solide. Eric Lewin avait d’ailleurs rencontré son P-DG au début de sa levée de fonds.
Mais McPhy n’est pas le seul à miser sur l’hydrogène : Areva (qui est d’ailleurs actionnaire de la nouvelle venue) et Schneider se sont associés le mois dernier pour développer le stockage hydrogène.
On le voit, aucune technologie ne s’est véritablement imposée. Une seule chose est sûre : ce marché encore embryonnaire possède de toute façon un potentiel gigantesque.
D’ailleurs tout semble sourire à McPhy Energy. Sa levée de fonds lui a permis de récolter 32 millions d’euros (mais la sursouscription atteint les 170 M euros). Sa première journée de cotation, le mardi 25 mars dernier, s’est clôturée sur un succès, avec une progression de +29% et Air Liquide a annoncé son entrée dans son capital. Le groupe français affiche d’ailleurs clairement ses ambitions en matière d’hydrogène, cherchant à s’imposer sur ce marché prometteur. Une piste peu risquée pour ceux d’entre vous qui souhaiteraient investir sur le potentiel de l’hydrogène.
[Dans Défis & Profits, Cécile Chevré a fait quant à elle le choix d’un pure-player de l’hydrogène. Ce groupe canadien présent depuis plus de 20 ans sur le marché de l’hydrogène connaît une progression fulgurante aussi bien de ses ventes que de son cours boursier. Il est encore temps de prendre le train de l’hydrogène en marche ! A découvrir dans Défis & Profits.]

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1 commentaire

Les voitures à hydrogène : la prochaine révolution automobile ? | La Quotidienne de la Croissance 27 mars 2014 - 12 h 56 min

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