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Tesla ou le short squeeze en image !

par Arthur Toce
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Dans la théorie financière, le marché est le lieu qui sert à fixer la valeur d’une chose – que ce soit un poisson ou une action. En échangeant, vendeurs et acheteurs vont naturellement fixer un prix qui reflètera la valeur de la chose échangée. Ainsi, le cours d’une action reflète la valeur d’une entreprise. Sauf que, vous vous en doutez bien, ça ne marche pas toujours comme ça. Le cas de Tesla vient nous le rappeler encore une fois.

Depuis la présentation de ses résultats, Tesla pulvérise sa valorisation plafond par plafond. Il n’y a évidemment rien de fondamental là-dedans et l’analyste qui a projeté Tesla à 7 000 $ en 2024 voire à 25 000 $ un peu plus tard n’y est pour rien. C’est avant tout une question de construction de marché et de psychologie.

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Un peu de psychologie des marchés

S’il existe un P-DG visionnaire et charismatique, c’est bien Elon Musk. De la réinvention de la voiture à la conquête de Mars en passant par la fin des embouteillages, ses projets sont systématiquement grandioses. Avec des objectifs aussi démesurés, ses entreprises se récupèrent forcément des investisseurs qui visent haut. D’un côté, les très grandes fortunes qui n’ont aucun souci de financement et se disent : “Si ce fou réussit son pari, ma plus-value à long terme sera disproportionnée.” De l’autre, des petits porteurs séduits et rêveurs.

Tesla est très populaire. On le voit sur l’appli Robinhood par exemple (l’app de trading la plus populaire chez les jeunes Américains). Tesla est détenue par 163 482 clients et ce ne sont pas vraiment des traders intraday qui vont faire du scalping.

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Tesla est la 3e action la plus populaire chez les millennials.

Tesla est la 3e action la plus populaire chez les millennials. Les jeunes veulent donc du Tesla plus que du Berkshire ou du Netflix. C’est un vecteur de marque très fort et ça veut dire que les gens vous connaissent et qu’ils vous “aiment”. On peut le critiquer et trouver que ça n’a pas de sens, mais c’est un fait !

Du coup, il n’est pas vraiment question d’analyse fondamentale ou de résultats financiers, il faut surtout montrer qu’on avance vite et qu’on innove toujours. Ça tombe bien, Elon Musk est un excellent maître de cérémonie et il sait parfaitement communiquer autour de ses avancées que ce soit pour creuser des tunnels, envoyer des satellites en orbite ou même casser des vitres blindées !

Bulls vs Bears

Cette popularité auprès des grands fonds et des petits porteurs assure donc une stabilité dans l’actionnariat. Les gros fonds payent pour aller jusqu’au bout de l’histoire et vivre avec une nouvelle cash cow en portefeuille et les jeunes Américains veulent votre action. Cela crée un flux acheteur.

En plus, comme Tesla est une grosse entreprise, elle est dans de nombreux fonds passifs, ce qui ajoute encore au flux acheteur.

Revers de la médaille, cela crée aussi un flux vendeur et c’est là que ça devient intéressant pour nous ! Sur le marché, on peut vendre à découvert un titre et c’est une pratique très courante aux Etats-Unis. On peut vendre à découvert en shortant un indice et donc toutes les actions de l’indice ou en shortant une action en particulier.

Le principe de la vente à découvert est simple : vous empruntez une action à un tiers à qui vous payez une commission. Vous avez donc des actions à 300 que vous allez vendre en espérant que le cours baisse… pour les racheter à 200. Pour chaque action, vous aurez fait une plus-value immédiate de 100. Ce sont souvent les grands fonds stables qui “prêtent” ces actions car ils ne prévoient pas de revendre prochainement.

Tesla est fortement shortée, entre 15 % et 30 % des détenteurs de l’action sont là pour la revendre rapidement.

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Cet effet est complexe, mais les shorteurs sont contraints de se racheter eux-mêmes si le cours augmente trop. D’une part, parce que celui qui leur a prêté veut peut-être récupérer son action. D’autre part, parce que les pertes deviennent astronomiques. Paradoxalement, cela crée donc un nouveau flux acheteur alors que peu de personnes veulent vendre.

On obtient donc un papier rare, vendu par ceux qui pensent que Tesla est surcotée, mais le flux d’acheteurs long terme rend le papier de plus en plus cher. Quand Tesla chute, tout le monde se dit c’est la bonne, plus de shorts et le papier devient encore plus rare. Le moindre rachat pousse le titre, les banques de hedge et les brokers sentent la chose arriver et vont pousser les gens au rachat ce qui crée un nouveau flux acheteur.

C’est ça un short squeeze. Souvent c’est rapide comme sur Volkswagen en 2008.

Volkswagen short squeeze

Volkswagen à 210 € le 24 octobre, à 950 € le 28 octobre 2008.

Le short squeeze de Volkswagen avait été assez rapide en partie car la gestion indicielle n’était pas aussi développée qu’aujourd’hui, que le taux de shorteurs était différent et qu’il n’y avait pas de tendance acheteuse de long terme croyant profondément à VWAG.

Quand prendra fin le short squeeze sur Tesla ? Nul ne peut vous le dire. Il peut y avoir une descente avant une remontée, comme c’est souvent le cas. Cela peut aussi venir d’un afflux de papier venant d’une augmentation de capital. Une chose est sûre : Elon Musk marque un point et les hedge funds et Wall Street sont KO pour le moment !

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