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[Tourisme spatial] Plus qu’une simple “virée” pour grosses fortunes

par Ray Blanco
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[Après Richard Branson (Virgin Galactic), c’est au tour de Jeff Bezos (Blue Origin) de s’offrir une petite virée dans l’espace. Mais, pour bon nombre d’entre eux, ceux qui ont suivi ces événements n’y ont vu qu’un divertissement médiatique pour ultra-riches en mal distractions. Pourtant, à y regarder de plus près, il s’agit bien plus qu’un simple étalage de grosses fortunes… La conquête de l’espace s’accélère. Et cela va bien au-delà d’une simple escapade touristique, c’est même beaucoup plus stratégique…]

Cela s’est passé le 21 juillet 1969. Pour la première fois de l’Histoire, un homme a marché sur la Lune. Apollo 11, c’était il y a 52 ans. Et, aujourd’hui, plus d’un demi-siècle plus tard, le 20 juillet 2021, Jeff Bezos, le patron d’Amazon, s’est envolé pour l’espace. Une semaine après Richard Branson qui a lui aussi accompli avec succès son propre vol suborbital à bord d’une fusée de Virgin Galactic, sa société.

La conquête spatiale, et les technologies qui en ont découlé, ont changé la vie de beaucoup de gens sur Terre

Dans les deux cas, tout cela s’est produit en grande pompe : on a ouvert le champagne, il y a eu des embrassades… et, bien sûr, les médias étaient au rendez-vous, le monde entier ainsi aux premières loges.

Pourtant, bon nombre d’observateurs se sont montrés déçus, globalement. Beaucoup on eut l’impression d’avoir plus affaire à des milliardaires qui étalaient leur fortune qu’autre chose… C’est devenu d’autant plus flagrant quand le prix de la place a été communiqué au public, du moins dans le cas de Virgin Galactic : 250 000 $. Oui, 250000 $…

Depuis, les rangs des détracteurs ont grossi, certains affirmant qu’on ferait mieux de régler d’abord nos problèmes, ici sur Terre, au lieu de consacrer des milliards à envoyer des milliardaires dans l’espace.

Et Bezos l’a même concédé, en déclarant…

 “Bon, je dirais qu’ils ont totalement raison. Il faut faire les deux. Vous savez, on a beaucoup de problèmes, en ce moment, sur Terre, et il faut travailler dessus, et on doit toujours regarder vers l’avenir. On l’a toujours fait, en tant qu’espèce, en tant que civilisation. Il faut faire les deux. [La mission a pour vocation de bâtir] une voie vers l’espace pour que les futures générations y accomplissent des choses incroyables, et ces choses incroyables règleront les problèmes que l’on a sur Terre.”

Il n’a pas tort d’ailleurs. La conquête spatiale, et les technologies qui en ont découlé, ont changé la vie de beaucoup de gens, ici sur Terre. On lui doit notamment le développement de certaines prothèses et du GPS, de meilleurs équipements agricoles, de la sécurité en cas d’alerte météo et de tout ce qui est lié à Internet.

On règle des problèmes et on crée de meilleures technologies en repoussant les limites à l’extrême et en tirant des leçons de ces moments. Et c’est ce que nous offre la conquête spatiale. Celle d’il y a cinquante ans comme celle d’aujourd’hui.

Plus qu’une petite virée bling-bling

En effet, malgré ce que l’on peut croire, les derniers événements, vont bien plus loin qu’une simple petite excursion spatiale pour milliardaires en mal de distractions. Ce n’est que la partie bling-bling. Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg.

Dans l’ombre, et lors de ces deux derniers vols suborbitaux, des astronautes – des vrais – étaient aux côtés de ces milliardaires. Ils ont collecté des données et travaillé pendant ces deux vols. Vols qui étaient d’ailleurs pour eux plutôt bon marché par rapport aux vols spatiaux traditionnels qui coûtent des millions de dollars.

Pour nous, particuliers, 250 000 $ est une grosse somme. C’est un fait. Mais qu’en sera-t-il dans dix ans ? Le tourisme spatial n’en est qu’à ses toutes premières heures. D’autres sociétés sont impatientes de s’engager également dans cette aventure. Et plus il y aura de concurrence dans ce secteur, mieux ce sera.

Les derniers événements vont bien plus loin qu’une simple petite excursion spatiale pour milliardaires

Ainsi ces 250 000 $ se transformeront en 150 000 $, puis en 50 000 $ et ainsi de suite. Au bout du compte, ces vols deviendront de moins en moins chers, et on estime qu’ils pourront aussi être accessibles à ceux qui n’appartiennent pas au petit cercle fermé des plus grosses fortunes mondiales.

Songez aux avions, il y a cent ans. Ils étaient très dangereux, inefficients et très coûteux. C’est le stade auquel on se situe aujourd’hui, avec les vols spatiaux.

Cela commence peut-être comme du tourisme spatial pour ultra-riches qui ont envie de jouer les “astronautes” mais, un jour, cette technologie sera mieux comprise, améliorée, commercialisée et ouverte au grand-public.

Cela veut dire que les vols qui nécessitent parfois des jours, pour se déplacer à travers le monde, pourront s’accomplir en deux heures.

D’abord les vols suborbitaux, ensuite Mars et après ?

Et cela ne se limite pas aux déplacements humains, d’ailleurs. L’acheminement de marchandises sensibles à la durée du transport, et qui doivent traverser le monde, pourra s’effectuer en une fraction du délai actuel.

Ensuite, une fois que l’on maîtrisera les vols suborbitaux, beaucoup d’autres projets spatiaux naîtront. Nous repousserons plus encore les frontières de la conquête spatiale L’exploitation minière des astéroïdes, la construction de stations spatiales plus lointaines… Et un jour, on colonisera même différentes zones de l’espace, comme Elon Musk veut le faire sur Mars.

Alors certes, les vols de cette semaine et de la semaine dernière n’étaient qu’une virée de milliardaires dans l’espace, en quelque sorte. Mais c’est un tremplin vers quelque chose de mieux. Et plus on accomplira de ce genre de choses, mieux on vivra, en définitive. J’en suis convaincu et nous aurons l’occasion d’en reparler.

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