Accueil Innovation et vie quotidienne Et si tout n'allait pas si mal que cela ?

Et si tout n'allait pas si mal que cela ?

par Cécile Chevré

Cher lecteur,

Cela sent l’auto-congratulation à plein nez. Aujourd’hui, 13 septembre, les marchés boursiers ne semblent pas vouloir se mettre en situation de krach et notre thermomètre à crise qu’est l’or démontre la relative tranquillité des marchés. Le CAC 40 gagne 1,2% sur une semaine et plus de 12% depuis le début de l’année, le S&P plus de 18%, et le Dow Jones près de 17%.

Septembre est historiquement un mois plus que risqué pour les marchés actions, comme vous pouvez le constater sur le graphe ci-dessous qui reprend la performance boursière cumulée du S&P 500 depuis 1928, mois par mois.

Evolution moyenne du S&P 500 entre janvier 1928 et avril 2013

L’année 2013 semble pourtant bien décidée à faire mentir les prévisions les plus pessimistes.

L’actualité a chaussé ses lunettes roses
Et ce d’autant plus que les choses ne vont pas si mal dans l’actualité :
– nous craignions les conséquences de l’élection législative allemande. Les derniers sondages donnent une confortable avance à Angela Merkel et, sans exclure une erreur de campagne ou un scandale de dernière minute, la chancelière allemande devrait remporter un nouveau mandat (son troisième). De quoi rassurer les marchés qui craignaient une débandade généralisée et le retour des pressions dans la Zone euro ;

– le reste de la Zone euro est quant à lui plongé dans une douce léthargie à peine troublée par un nécessaire troisième plan d’aide à la Grèce.

– dommage pour les opposants à Bashar el-Assad, mais la menace d’une intervention militaire des occidentaux contre la Syrie s’éloigne à grands pas alors que le vote du Congrès a été retardé le temps que la voie d’une solution diplomatique soit explorée. Les Bourses mondiales, qui avaient peu goûté la perspective de ces frappes militaires, en sont d’autant plus rassurées.

Seul le pétrole pourrait pâtir de cette non-décision, et voir son cours reculer. Une baisse qui devrait être modérée.

– Les créations d’emploi se sont avérées moins bonnes qu’attendues aux Etats-Unis. Même si le taux de chômage a reculé à 7,3% en août contre 7,4% en juillet, le nombre de créations d’emploi déçoit à 169 000 nouveaux postes. Mais surtout, le nombre de créations en juin et juillet a été fortement revu à la baisse, de 74 000 postes. De plus en plus d’Américains, pourtant sans emploi, échappent donc aux statistiques officielles du chômage. Et le pourcentage d’Américains en âge de travailler et ayant effectivement un emploi a reculé à son plus niveau depuis 1978.

Comme d’habitude, les marchés se sont sentis plutôt rassurés par une nouvelle qui ne devrait pas encourager la Fed à poursuivre trop loin son expérience de « taper » (arrêt progressif du quantitative easing).

– En parlant du « taper », même si la Fed annonce effectivement la semaine prochaine, à l’issue de la réunion de son comité monétaire (FOMC) les 17 et 18 septembre une réduction de son quantitative easing, celle-ci ne devrait représenter que 10 à 15 milliards de dollars, sur des rachats mensuels se montant actuellement à 85 milliards. La réduction du QE ne devrait donc pas être catastrophique pour l’économie américaine et les marchés actions et ce d’autant plus que la nouvelle est, à mon avis, déjà largement dans les cours. Bernanke prépare les marchés depuis mai dernier, et depuis les marchés émergents ont déjà pris une sacrée déculottée, les rendements obligataires ont augmenté un peu partout et les actions ont montré quelques signes de correction.

Reste à savoir si cette période d’euphorie sera durable…
Et là je vous renvoie à ce que j’écrivais la semaine dernière aux abonnés de Défis & Profits :
« Parmi les derniers éléments que nous devons surveiller :
– le bref passage du rendement des bons du Trésor américain au-dessus de la barre des 3% le 5 septembre dernier, niveau qui n’avait pas été atteint depuis juillet 2011. La remontée des rendements américains a entraîné celle des rendements européens. Le Bund allemand, panacée européenne en termes d’obligation souveraine, a dépassé les 2%. La dernière émission obligataire française, datant de jeudi dernier, est la parfaite illustration de cette tendance de fond : les OAT à 10 ans sont parties à 2,627%, contre 1,8028% en avril dernier ;

– entre avril et juin, les détenteurs étrangers de bons du Trésor ont massivement vendu. Ces ventes atteignent un niveau record.

Il y a deux manières d’interpréter ces faits
– Soit ils sont le signe d’un retour progressif à une situation un peu plus normale. Le quantitative easing de la Fed ainsi que sa politique de taux bas ont créé un réel déséquilibre non seulement sur les marchés actions et commodities mais aussi obligataires. Le rendement des obligations, historiquement bas, ne reflétaient plus le juste rapport risque/rendement. L’actuelle remontée des taux serait donc un sain rééquilibrage. La fuite de capitaux hors des pays émergents en serait une autre conséquence.

– Soit nous assistons au début d’un nouveau krach mondial, qui ne trouverait pas son origine dans les prêts immobiliers à risque (subprimes) comme en 2008 ou encore dans une presque faillite d’un Etat européen (crise de l’euro, depuis 2010) mais dans le marché obligataire.

Peut-être suis-je d’un optimisme forcené, mais je pencherai plutôt pour la première solution. Ce qui ne signifie par que ce rééquilibrage se fera sans risques ni — et j’insiste bien sur ce point — qu’il résoudra en profondeur les déséquilibres créés par les remèdes appliqués par la crise.

Si j’ai raison, la seule classe d’actifs qui a pour l’instant en grande partie échappé à ce rééquilibrage est les actions.

Vous savez que les indices américains cotent, à quelques points près, sur leurs plus hauts historiques. Or, vous savez aussi que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel.

Donc… nous devrions assister bientôt à une saine correction. Reste à savoir quand.

Sur ce point, je n’ai pas réponse… ce qui est bien dommage, je vous l’accorde.

Quelle stratégie adopter face à une telle incertitude ?
C’est à Mathieu Lebrun que je vais faire appel pour répondre à cette question : « Si les niveaux actuels [des obligations] restent toutefois encore raisonnables (nous venons de plus bas historiques), je vous parle de cela aujourd’hui car certains segments risquent d’être en première ligne dans les mois à venir.

J’en ai parlé dans Mon Portefeuille Zen avant l’été mais une piqûre de rappel ne me semble pas inutile. Dans un contexte où les risques s’accumulent (vote du Congrès américain sur la Syrie, attitude de la Fed…), mieux vaut donc ne pas être en première ligne sur le marché pour le moment (comprenez être prudent sur les big caps). D’où le segment que je recommande cette semaine : celui de la santé animale. Cela fait plusieurs mois que je me demande « quand » je vais vous recommander ces acteurs de niche.

Dans le contexte économique que l’on connaît tous, ce secteur de niche avec de fortes barrières à l’entrée présente un atout indéniable, celui d’un certain type de pricing power. Vous avez probablement déjà dû entendre parler de cette notion-clé de l’investissement, à savoir la faculté à imposer ses prix. Eh bien nous sommes en plein dedans avec le secteur de la santé animalière. Si vous avez des animaux domestiques, vous devez savoir de quoi je parle. Globalement, on ne regarde que très peu à la dépense quand on parle de la santé de nos animaux. Quand je prends le cas de mes proches, famille ou amis, un point commun ressort : ils sont tous prêts à « se mettre en quatre » pour la santé de leurs chiens ou chats. Et ce, quelle que soit leur situation sociale. S’ils ont de l’argent, ils ne comptent pas. Mais, cas plus symptomatique, même si leurs fins de mois sont plus tendues, ils sont prêts à se serrer la ceinture au profit de leur animal de compagnie.

Toutes proportions gardées malgré tout, je pense que ce ressenti que j’ai autour de moi est loin d’être un cas isolé. Ceci expliquant cela, on comprend mieux d’où vient la bonne santé boursière de ce segment, pour qui la cri
se est déjà bien loin. La pérennité du secteur est donc bonne
« .

Aussi étonnant que cela puisse paraître, la santé animale résiste bien à la crise, et c’est un leader du secteur que Mathieu a recommandé à ses abonnés de Mon Portefeuille Zen. Au-delà de cet exemple, retenez ceci : les sociétés qui détiennent un pricing power sauront résister à une baisse des marchés. Et c’est sur elles qu’il faut investir en ce moment.

Conférence Bourse

Pour aller plus loin aujourd’hui : que penser de la récente envolée des rendements obligataires ? Et quelles conséquences sur votre assurance-vie ? L’avis de Simone Wapler…

Voici ce qu’en disait hier Simone dans sa Stratégie : « L’Europe est loin d’être repartie et plus la dette grossit plus les chances de pouvoir s’en sortir un jour diminuent. Les détenteurs étrangers de dette française vont donc probablement commencer à s’effaroucher. C’est à ce moment que le gouvernement agite le chiffon rouge devant les gros détenteurs de dette nationale, les malheureux possesseurs d’un contrat d’assurance-vie en euro qui ne seraient pas assez taxés.

On voudrait provoquer une bousculade vers la sortie, on ne se s’y prendrait pas autrement. Sauf, que la sortie peut très rapidement être verrouillée pour les investisseurs français. Il suffirait que les assureurs tirent la sonnette d’alarme auprès de l’Autorité des Marchés Financiers pour que cette dernière suspende temporairement les remboursements.

Depuis longtemps, j’attire votre attention sur les risques d’immobilisation des contrats en euro des assurances-vie lorsque la situation va se détériorer. La remontée des taux qui s’est produite depuis juin n’est pas encore un krach obligataire, mais elle fut rapide. En moyenne, en septembre, les OAT françaises à 10 ans ont été placées avec un taux de 2,60%. Combien vous rapporte votre contrat en euro après prélèvements sociaux ?

Qui voudra encore détenir un contrat d’assurance-vie qui rapportera moins que n’importe quelle obligation nouvellement émise, surtout si l’avantage fiscal s’évanouit ?

Je vous rappelle les solutions alternatives qui ont été régulièrement développées au fil des Stratégies : contrats en unités de comptes, SCPI éligibles à l’assurance-vie, forêt« .

Des solutions à retrouver dans La Stratégie de Simone Wapler.

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1 commentaire

Andre X 13 septembre 2013 - 15 h 54 min

Bonjour,
cela contraste beaucoup avec les alertes de krach que M. Bonner ou de vos confrères…
Les actions pas chère ? Philippe Béchade dit le contraire…
Qu’en penser donc ?
Merci pour votre réponse
Cordialement

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