Accueil InvestirIndices et actions 3 secteurs à fort potentiel à avoir sur votre short list en 2022

3 secteurs à fort potentiel à avoir sur votre short list en 2022

par Etienne Henri
Big pharma cybersécurité semi-conducteur 2

[Sur le segment tech, 2021 a tenu bien des promesses – pour le plus grand bonheur des investisseurs d’ailleurs… 2022 arrive à grands pas. C’est le moment idéal pour se projeter et, peut-être, adapter sa stratégie d’investissement à la nouvelle année qui s’annonce. Biotechs ? Cryptos ? Semi-conducteurs ? Transition énergétique ? Cybersécurité ? Les thématiques d’investissement ne manquent pas, c’est certain… Voici trois secteurs à très fort potentiel à mettre dans votre short list…]

L’année 2021 fut particulièrement faste pour les nouvelles technologies. Biotechs, semi-conducteurs et énergies nouvelles ont permis aux investisseurs de dégager de solides plus-values. (Je vous en ai parlé juste ici…)

En tant qu’investisseur tech averti, vous vous en doutez, certaines des grandes tendances tech de l’année qui s’achève vont bien évidemment se poursuivre en 2022. Cela dit, c’est le moment idéal pour se projeter et adapter – si le cœur vous en dit bien sûr – votre stratégie d’investissement.

Aujourd’hui, donc, je vous propose de passer en revue trois secteurs qui, selon moi, sont les plus à même de vous offrir de jolis gains boursiers sur les douze prochains mois. Vous êtes prêt ? Alors, c’est parti !

Santé : la revanche des big pharmas…

Sans surprise, nous commençons ce tour d’horizon par le secteur de la santé. Nous le voyons avec la nouvelle vague épidémique qui balaye l’Europe, le SARS-CoV-2 est loin d’être maîtrisé. La double vaccination n’est pas capable d’enrayer la diffusion du virus, et même la protection contre les cas graves diminue avec le temps.

C’est dans ce contexte que les gouvernements occidentaux suggèrent de façon de plus en plus pressante la vaccination infantile et une troisième dose chez les adultes. Le vaccin anti-COVID pourrait nécessiter des rappels annuels, voire bisannuels.

Est-ce une raison pour envisager d’investir dans BioNTech et Moderna ? Non. Clairement, le contexte sanitaire et boursier est différent.

D’abord, ces pionniers de l’ARN messager sont aujourd’hui bien valorisés en Bourse. Evoluant de manière parfaitement corrélée cette année, les actions de ces deux biotechs ont même largement corrigé cet été, abandonnant 52 % entre leurs plus-hauts du début du mois d’août et début novembre.

Les big pharmas pourront s’illustrer sur la phase endémique de l’épidémie

Que faut-il en conclure ? Eh bien que le marché n’est plus dans l’euphorie. Celle-là même qui l’avait gagné au moment de la découverte du potentiel de ces vaccins nouvelle génération pour lutter contre la pandémie. Aujourd’hui, l’humeur est tout autre. Le marché, plus froid, plus analytique, est à la recherche de la valeur intrinsèque de ces entreprises. Traduction : la phase de hausse continue est terminée. Dorénavant, les « montagnes russes » vont commencer pour ces actions… Et cela risque de secouer.

En parallèle, l’acceptation du vaccin semble s’effriter dans les pays riches qui sont les plus à même de payer, rubis sur l’ongle, les précieuses doses. Rien ne dit que 2022 sera aussi lucrative que l’a été 2021.

Pour autant, la pandémie n’est pas terminée et les populations et autres pouvoirs publics seront toujours demandeurs de solutions. Les traitements médicamenteux à destination des malades symptomatiques sont l’évolution logique de la réponse sanitaire. Etant destinés aux personnes malades, l’acceptabilité sera excellente. Du fait de la circulation active du virus et de la baisse de l’immunité vaccinale, la profondeur de marché sera colossale. Enfin, la comparaison avec le coût des mesures « dures » comme les confinements fera que les Etats ne rechigneront pas à la dépense.

Le grand gagnant de ce changement de paradigme sera… les big pharmas, que l’on croyait archaïques face aux startups de l’ARNm. Merck, possède dans ses cartons une molécule qui diminue de 50 % le risque d’hospitalisation des malades. GSK vient de vendre pour 1 Md$ de traitements par anticorps au gouvernement américain. Même Pfizer, surtout connue pour avoir produit et distribué le vaccin de BioNTech, a développé – en toute discrétion – un traitement qui aurait jusqu’à 89 % d’efficacité. (Le géant a demandé, mi-novembre, une autorisation d’urgence à la FDA…)

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Les big pharmas pourront s’illustrer sur la phase endémique de l’épidémie
Photo : © Merck Sharp & Dohme Corp

Avec des valorisations boursières encore acceptables, ces géants oubliés pourraient connaître un fort regain d’intérêt dans les prochains mois. Et ce, à mesure de l’évolution de nos réponses face à l’épidémie…

Cybersécurité : explosion des attaques 

C’est un domaine qui fait peu parler de lui car il met en jeu, d’un côté, des victimes qui n’ont aucun intérêt à rendre publics leurs déboires – surtout quand il s’agit de grosses entreprises très connues – et, d’un autre, des hackers qui restent au maximum dans l’anonymat.

La cybercriminalité connaît ces derniers temps une croissance sans précédent

Pourtant, la cybercriminalité connaît ces derniers temps une croissance sans précédent. L’agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSi) a signalé un quadruplement des attaques menées contre les fleurons du CAC 40 entre 2019 et 2020. Selon Comparitech, le seul secteur de la santé a essuyé l’année dernière des pertes de 20 Mds$ à cause des attaques… un chiffre qui semble presque modéré lorsque l’on sait que le groupe pharmaceutique Johnson & Johnson essuie, chaque jour, plus de 15 milliards d’attaques informatiques. Cette année, les attaques par rançongiciel ont coûté plus de 75 Mds$ aux victimes. (Sans compter les coûts indirects comme la baisse de productivité et la perte de réputation.)

Pas étonnant que les budgets de sécurisation des infrastructures mobilisés par les entreprises explosent à leur tour. Google a annoncé cet été un plan de 10 Mds$ pour la cybersécurité. Cet automne, c’est Microsoft qui lui emboîtait le pas avec une enveloppe de 20 Mds$. Selon Forbes, les dépenses mondiales de sécurisation informatique devraient bientôt atteindre les 170 Mds$.

Il est possible de profiter de cette tendance internationale avec des valeurs telles que Radware ou le poids lourd CyberArk. Si vous préférez rester dans l’Hexagone, Wallix et la plateforme Exclusive Networks sont aussi des valeurs qui vous permettront d’être exposé au secteur. (Attention, ce ne sont pas des recommandations d’achat mais des idées à creuser.)

Semi-conducteurs : la naissance d’une nouvelle génération 

Je vous parlais voici quelques semaines du formidable bond en avant fait par TSMC et Apple dans le domaine des processeurs informatiques (vous pouvez relire mon article ici). La gamme M1, basée sur l’architecture ARM et gravée avec une finesse de 5 nm, rend obsolètes, en termes de performance/watt, les gammes Core et Xeon d’Intel.

Du fait de la part de marché anecdotique des ordinateurs Mac, cette prouesse aurait pu rester une vitrine technologique pour les deux entreprises… mais le reste de l’industrie est dans la course et pourrait faire des processeurs ARM les remplaçants du x86 qui domine l’informatique personnelle depuis les années 1980.

Tout est prêt pour que le monopole d’Intel touche à sa fin

Il y a quelques jours, nous apprenions que Qualcomm souhaite faire des processeurs ARM pour ordinateurs sa nouvelle priorité. Lors de sa journée dédiée aux actionnaires, l’entreprise a annoncé son intention de devenir « la référence en termes de performance » avec une nouvelle puce Snapdragon qui devrait arriver courant 2022.

Si la firme de San Diego fait preuve d’autant d’optimisme, c’est parce qu’elle peut s’appuyer sur des talents bien particuliers. Au mois de mars, elle a racheté pour 1,4 Md$ la startup Nuvia, spécialisée dans la conception de puces ARM ultra-performantes. Or, Nuvia avait été créée par Gerard Williams, Manu Gulati et John Bruno, trois ingénieurs à l’origine de la conception des puces ARM d’Apple. Côté production, Qualcomm sous-traite déjà la fonderie des Snapdragon à TSMC. Elle pourra donc profiter des dernières innovations en matière de finesse de gravure.

Ceux d’entre vous qui connaissent l’histoire de la microélectronique grand public savent que le succès du PC est dû au couple Wintel (Windows + Intel). Il est évident que les puces ARM de Qualcomm ne pourront fonctionner que si Microsoft fournit une version de Windows 100 % compatible… et c’est exactement ce que la firme de Redmond a fait. Le dernier Windows 11 peut tourner à haute performance sur les processeurs ARM, tout en permettant aux anciens logiciels de fonctionner parfaitement.

système d'exploitation Windows de Microsoft

Système d’exploitation Windows de Microsoft, processeur ARM Qualcomm et ordinateur HP :
la chaîne de valeur sans Intel est complète
Photo : HP

Tout est prêt pour que le monopole d’Intel touche à sa fin. Qualcomm et Nvidia, sur le point de finaliser le rachat d’ARM, seront les premiers à en profiter.

Les trois axes que je viens de vous présenter que sont les big pharmas, la cybersécurité et les semi-conducteurs, ne sont pas vraiment médiatisés. Pas à la hauteur de leur potentiel boursier en tout cas. Cela dit, ils méritent d’être étudiés via le prisme de votre stratégie d’investissement version 2022. Rendez-vous très vite pour découvrir, a contrario, les modes médiatiques dont il faudra vous méfier dans les prochains mois…

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