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Donald Trump aura-t-il la peau d’Amazon ?

par Jim Rickards
Amazon

Aux Etats-Unis, l’application de la loi Antitrust est un peu comme le climat : imprévisible à long terme et très variable. Le Département de la Justice peut tarder des années, voire des décennies, avant d’entamer une procédure pour abus de position dominante (“antitrust”), puis décider soudain que le moment est venu d’envoyer un message aux grandes entreprises, en insistant bien sur le mot “grandes”. A ce moment-là, une société se détache toujours des autres et devient la cible idéale d’ambitieux procureurs. Or à l’heure actuelle, il s’agit d’Amazon.

Les investisseurs qui auront vu venir ces actions antitrust pourraient récolter d’énormes gains lorsque le Département de la Justice frappera. Nous allons vous indiquer comment procéder.

Alors qu’une nouvelle ère de politiques progressistes et populistes s’est ouverte, une nouvelle vague de mesures Antitrust va arriver. Les grandes entreprises seront attaquées par la gauche (Bernie Sanders et Elizabeth Warren) et par la droite (Donald Trump).

La cible la plus énorme, face à cette nouvelle vague d’actions Antitrust progressistes et populistes, n’est nulle autre qu’Amazon.

Amazon, future cible des lois Antitrust ?

Indépendamment des mérites que l’on peut attribuer au business model d’Amazon, et de ce que l’on peut lui reprocher, les procureurs intenteront une action contre le fait d’être “grand”, pour que cela serve d’exemple aux autres grandes entreprises américaines, et pour montrer que les lois Antitrust sont un outil gouvernemental efficace.

Toutefois, “être grand” ne représente pas une violation des lois Antitrust. Pour pouvoir entamer des poursuites, il faut que cette grande taille soit associée à des actes, probablement des relations contractuelles, et à des activités de fusion/acquisition.

Or les actes d’Amazon, en matière de destruction de la concurrence, offrent bien plus qu’il n’en faut au gouvernement. L’acquisition par Amazon de Whole Foods en 2017, et tout récemment de Ring Home Security, ainsi que ses accords de co-marketing avec Sears, sont une source d’inquiétude encore plus grande pour les autres concurrents.

En effectuant un rapide examen des lois antitrust et en connaissant un peu les principaux cas, on voit bien que l’autorité légale dont dispose le gouvernement est extrêmement vaste et qu’elle peut s’appliquer à presque toutes les grandes entreprises, et en particulier à Amazon.

Voilà pourquoi, malgré les théories du droit, l’événement le plus important, dans cette affaire, a plus à voir avec la politique qu’avec une analyse juridique.

Donald Trump contre Jeff Bezos

Voici un tweet de Donald Trump, du 7 décembre 2015 :

donald trump tweet amazon washington post twitter

 

En voici un autre, datant du 28 juin 2017 :

Et encore un autre, datant du 22 juillet 2017 :

Donald trump

Et au bout d’un an de mandat, Trump continue de s’en prendre à Amazon dans ce dernier tweet du 29 mars 2018 :

donald trump

Nous allons mettre de côté les allusions politiques figurant dans ces tweets concernant les taxes sur internet, les fuites venant des services du renseignement, et le système postal. Nous devons nous concentrer sur le segment suivant : “Amazon-Washington Post“, dont Trump a même fait un hashtag : #AmazonWashingtonPost.

Le Washington Post dans la ligne de mire de Trump

Le président considère que le Washington Post dirige officieusement la résistance contre son gouvernement. C’est le Washington Post qui a provoqué la chute de Richard Nixon, en 1974, par l’entremise de ses journalistes : Carl Bernstein et Bob Woodward. (Cette histoire est retracée dans ce film : All the President’s Men.) Le journal tente à présent de faire tomber Donald Trump, et Donald Trump le sait.

Alors, quel est le lien entre Amazon et le Washington Post ? Réponse : Jeff Bezos.

Soyons clair, Jeff Bezos possède moins de 20% d’Amazon (bien que ce soit suffisant pour chiffrer sa fortune à plus de 80 Mds$). Et Amazon ne possède pas du tout le Washington Post. Le journal est la propriété personnelle de Bezos – via une autre holding – et non d’Amazon.

Mais peu importe, pour Trump.

Le président des Etats-Unis a une dent contre Amazon, ce n’est un secret pour personne. La logique de Trump est simple. Selon lui, Bezos possède le Washington Post et influence son orientation politique ainsi que ses attaques contre Trump. L’essentiel de la fortune de Bezos est rattaché aux actions de la société Amazon. Dans l’univers des milliardaires et puissants politiciens, pour frapper fort, on touche au portefeuille.

Trump va attaquer Amazon et clouer les ailes de Bezos d’environ 10 ou 20 Mds$ pour lui faire payer ce qu’il considère comme des attaques contre lui par Washington Post interposé.

Vous pouvez appeler cela “l’art de la négociation”.

Ses attaques contre Amazon ne passent pas inaperçues. Après son dernier tweet du 29 mars… le New York a écrit : “Trump attaque Amazon, en disant que la société ne paye pas assez d’impôts”.

Sur Fox News : “Trump s’en prend de nouveau à Amazon, il dit qu’elle “provoque des pertes effroyables aux Etats-Unis”.

Amazon, le domino fatal des techs ?

Lorsque le président des Etats-Unis s’en prend à vous, les dominos commencent à dégringoler. Lorsque la procédure contre Amazon commencera, l’action chutera. Le cours d’Amazon est vulnérable, même dans les meilleures circonstances, car il a grimpé trop loin et trop vite. La nouvelle d’une procédure antitrust agira comme un catalyseur poussant les investisseurs à se débarrasser de l’action pour pouvoir à tout prix encaisser leurs gains. Les ventes s’autoalimenteront.

Le secteur des technologies est déjà en état de siège à la suite de la débâcle liée aux violations de données chez Facebook. Par contagion, les ventes se sont propagées au reste des actions FAANG (Facebook, Apple, Amazone Netflix et Google), et à l’ensemble du NASDAQ. Il en ira de même quand une procédure sera entamée contre Amazon : la propagation sera rapide. Ce sera le catalyseur qui déclenchera cette correction tant attendue, voire pire, sur les places boursières américaines.
[NDLR : Pour profiter de cette situation, Jim Rickards a identifié deux façons de profiter de ce qui pourrait être la plus grande action Antitrust du siècle. A retrouver dans Projet Prophesy]

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